RTPacific Contact Avis
 
26.05° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

Des leçons de sagesse !

Des leçons de sagesse !



Depuis l’assassinat du président de la République d’Haïti, Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, c’est pratiquement une cacophonie dans le sens que tous les secteurs de la vie nationale et des acteurs influents de l’international prennent des positions. On dirait une vague qui déferle avec des opinions qui se croisent, même si très peu se soucient des leçons qui découleront de ce drame national.

Depuis le 7 février 1986, en passant par les coups d’État et les élections du 16 décembre 1990, et sans oublier les débarquements de soldats étrangers dans le pays, nous sommes devenus familiers des mêmes recettes politiques de nos élites pour gouverner la cité. Les formules pour recréer l’espoir et pour créer de la richesse au bénéfice du plus grand nombre sont pratiquement absentes dans l’agenda des décideurs.

Dans l’Énigme de la chambre 622, Joël Dicker nous explique que : « Le plus important n’est donc pas comment notre histoire s'achève, mais comment nous en remplissons les pages. Car la vie, comme un roman, doit être une aventure ».

L’aventure politique du paysan-entrepreneur « Nèg Bannann », devenu président de la République d'Haïti « Apredje », se divise entre deux grands chapitres, dont le premier s’inscrit entre la campagne électorale de 2015 à 2016, et le second durant le mandat présidentiel s'étalant du 7 février 2017 au 7 juillet 2021. Nous sommes tous invités à revisiter avec attention les pages remplies par l’homme politique et chef d’État Jovenel Moïse.

Dans dix ans, cent ans et plus encore, on se souviendra pendant longtemps de cette sombre page d’histoire contemporaine qui s'arrêtera à la fin de la première semaine de juillet 2021. Comment extraire les leçons et les sagesses qui seront sûrement enseignées un jour ? Quelles sont les connaissances politiques, les compétences en matière de sécurité, les comportements d’homme d’État, et la culture diplomatique qui manquaient au feu président Jovenel Moïse, pour pouvoir se protéger ou mieux négocier avec ses adversaires, ses ennemis et/ou ses assassins dans les derniers moments de sa vie ?

De l’improvisation d’une résidence présidentielle à l’effondrement de quasiment toutes les institutions du pays, en passant par l'indifférence des dirigeants face au sort des familles victimes régulièrement dans les quartiers pris en otage, il y a cetteinvitation à la sagesse à l’empathie, à la solidarité et à la sécurité, que le silence et l’indignation nous enseigne au quotidien.

Il est de la responsabilité de tous les secteurs de la vie nationale d’analyser ces faits en dépit des jeux d'intérêts visibles ou voilés qui se croiseront de façon contradictoire et paradoxale. Logiquement, toutes les facultés et les universités devraient pouvoir, dans des publications scientifiques ou lors des débats, analyser, suivant leurs grilles respectives et méthodes quantitatives ou qualitatives, ce qui s’est produit dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021.

Des leçons de sagesse qui doivent compléter les discours politiques et les actions publiques des futurs dirigeants haïtiens.
Des leçons de sagesse qui devraient pouvoir limiter l'appétit populaire et l'arrogance populiste des potentiels candidats qui se préparent aux prochaines élections.

Des leçons de sagesse pour rappeler au plus grand nombre comme aux plus têtus, naïfs et incrédules des dirigeants en fonction, que la communauté internationale, dans sa composante géopolitique aux jeux d'intérêts croisés, contradictoires et conflictuels, ne viendra pas résoudre les problèmes des Haïtiens. Encore répondre aux éventuels appels de détresse lors des manifestations dans les rues, ou les interventions des forces obscures pendant la nuit pour porter secours.

Du recours à un compromis national entre les Haïtiens, c'est au final ce qui reste comme principale et unique alternative pour sauver ce qui reste dans l’après-Jovenel Moïse. L’histoire contemporaine et notre passé lointain, d'avant 1804, nous invitent une fois de plus à la sagesse politique et réaliste, incontournable et indispensable pour élaborer le premier agenda national pour ce millénaire.

Dominique Domerant




Articles connexes


Afficher plus [1286]