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Au milieu de la grisaille

Au milieu de la grisaille



C’est un travail à plein temps, une passion chronophage que de chercher de la bonté dans les faits qui alimentent et occupent l’actualité. Les réseaux sociaux, infatigables, nous servent, nuit et jour, les images et les mots de l’horreur. Les raisons de s’accrocher à l’espoir d’un pays viable s’amenuisent inexorablement. Et, fatalement.

Le pari de transmettre aux générations actuelles et futures l’envie d’habiter leur pays et de connaître la douceur de la stabilité et le bonheur de la prospérité semble être compromis dans l’absolu. Ce n’est point réconfortant d’avoir tout cédé, tout sacrifié à une crise permanente et insoluble. Nous avons clôturé la dernière décennie dans la culpabilisation d’avoir galvaudé tous les élans de reconstruction après le terrible tremblement de terre qui a inauguré cette même décennie.

Voilà pourquoi, le Salon de l’emploi au profit exclusif des personnes souffrant d’un handicap, relayé et commenté timidement dans les médias, tenu à la fin du mois de mai dernier, vient de conforter tous ceux qui continuent d’espérer un éclairci dans la grisaille.

Après le séisme dévastateur de janvier 2010, les Haïtiens ont enterré leurs morts, appris à vivre sous des tentes et assisté au ballet funeste des charognards convertis, pour l’occasion, en porteurs de projets de reconstruction. Ce faisant, ils ont laissé le pays avec le Palais national rasé, les maisons éventrées et des dizaines de milliers de nouvelles personnes handicapées sans moyens et sans perspectives d’insertion réelle dans la société, voire dans le monde étriqué du travail en Haïti.

Dans la corbeille des rares initiatives éclairées et utiles prises après le séisme, il faut se réjouir de la Loi du 13 mars 2012 sur l’intégration des personnes handicapées, adoptée par le Parlement. Cet outil législatif affirme et défend le principe de la jouissance pleine et entière des droits à l’éducation, au travail et à la citoyenneté des personnes souffrant d’un handicap. C’est une loi avant-gardiste qui a même précédé, avec son article 60, qui dispose que les produits culturels de toutes sortes doivent être disponibles dans des formats accessibles aux personnes handicapées, le traité de Marrackech sur le droit d’auteur, traité le plus ratifié de l’histoire de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, et qui crée un ensemble de limitations et d’exceptions obligatoires en faveur des non-voyants, déficients visuels et personnes ayant d’autres difficultés de lecture de textes imprimés.

La décision du Bureau du secrétaire d’État à l’intégration des personnes handicapées (BSEIPH) permet heureusement de nuancer le manque d’ambitions actuelles dans la formulation et l’application des politiques publiques. Chapeau ! Nous espérons que cette démarche se donne toutes les chances d’aboutir en se référant à l’objectif du Salon de l’emploi au profit des personnes handicapées qui est de : « contribuer à l’intégration des personnes handicapées sur le marché du travail, par la mise en relation de celles-ci avec des institutions des secteurs public, privé et d’ONG, dans une approche multi-secteur mettant l’accent sur le respect du quota fixé par l’article 44 de la loi portant sur l’intégration des personnes handicapées. Le Salon représente également une opportunité pour les entreprises/institutions en vue de faire valoir leur engagement en matière de responsabilité sociale d’entreprise (RSE) ».

Le travail, on l’aura compris, est le meilleur dispositif d’accompagnement des personnes vivant avec un handicap dans une société qui se plait à utiliser sa pauvreté comme prétexte pour banaliser les formes aiguës de discrimination à l’endroit des personnes fragiles, diminuées et vulnérables.

Viendra peut-être le jour des garanties sécuritaires pour tous, personnes vivant avec un handicap en tête de liste. Espérons ! Croisons les doigts !

Jean-Euphèle Milcé




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