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Maxime Roumer : un géant au cœur d’or !

Maxime Roumer : un géant au cœur d’or !



« Aujourd’hui tremble en mon cœur
Un vague frisson d’étoiles
Et toutes les roses sont
Aussi blanches que ma peine »

Federico Garcia Lorca

Il dominait ses amis par sa tailleimpressionnante,cependant son humilité était aussi grande que l’océan. Voilà un militant de gauche qui a vécu ce en quoi il croyait. Sa sincérité chassait toute forme d’imposture ou de posture. Maxime n’était pas fait du bois dont sontfaits les satrapes.

Je garde le souvenir d’un homme au caractère bien trempé, une personne engagée pour la cause du peuple d’Haïti, et dévouée à sa Grande-Anse natale.Ses convictions ne lui ont jamais empêché d’être à l’écoute de ses adversaires politiques. Fin dialecticien, il n’avait nullement peur de la contradiction, mais se refusait à imiter la morgue de certains mandarins. Artiste et économiste, le mot qui lui allait comme un gant est celui de patriote.

C’était donc un être vrai, un croisé du bonheur de l’humanité. Nous nous sommes rencontrés au début de la grande aventure de la Confédération nationale des éducateurs haïtiens (CNEH). Ce fut une période historique où nous rêvions d’un pays. Nous étions une bande de copains déterminés à « accrocher notre char à une étoile »,- celle de la refondation de notre pays : Carl Henri Guiteau, André L. Joseph, Mireille Jérôme, Lyne Bertony, Jean Marie Pierre, Guy Alexandre, Maxime Roumer et tant d’autres ont pensé dès 1986, qu’il fallait vite constituer une société civileorganisée pour servir de ferment à une jeune démocratie en plein balbutiement, avant que ses propres cris de revendication ne lui fassent s’étouffer et que des ogres aux mains velues versées dans l’art des crimes de lèse patrie ne la conduisent purement et simplement à sa perte.

Des nuages sombres ont, à partir de septembre 90, obscurci le soleil du jour nouveau que l’on voyait se lever sur notre bonne vieille terre montagneuse !Le coup d’État militaire contre Jean Bertrand Aristide, appelé une « correction démocratique » par ses thuriféraires, ne fut pas le simple renversement d’un gouvernement qui empruntait la pente glissante d’une « théocratie autoritaire », mais une véritable meule effrénée qui devait broyer tout ce qui existait comme structures démocratiques, comités de quartier, groupes de vigilance patriotique,organisations syndicales. Les militaires mirent fin pour de bon à la « récréation ». Les maîtres de toujours du pouvoir le réclamaient balayant les illusions de tout un peuple.

Le retour à l’ordreconstitutionnel et le chaos électoral qui s’est ensuivi, les ambitions des uns et les peurs des autres, sans oublier les confusions et divisions ont épuisé les énergies et prolongé le dramed’une transition ponctuée de violences urbaines et d’assassinats crapuleux.

Maxime se replia dans sa Grande-Anse natale dont il devintl’un des sénateurs. Son passage au Parlement fut discret et conforme à ses idéaux, loin des ors et ostentations du pouvoir. Déçu par une certaine manière de faire de la politique dans notre pays, où trop souvent les intérêts individuels priment sur le bien commun, il se lança dans un grand chantier, qui devait devenir l’œuvre de sa vie, l’Université nouvelle Grande-Anse. Le militant internationaliste qu’il resta jusqu’à sa mort demeura fidèle, en dépit des bégaiements de l’histoire, aux pays de Jose Marti et de Simon Bolivar. Une loyauté sans bornes qu’assuma ce « fou socialiste ». Cuba et particulièrement le Venezuela l’aidèrent dans la concrétisation de ce puissant outil académique au service de la jeunesse.

Une belle institution qui produit du savoir théorique, mais aussi dispose de vastes laboratoires et de fermes agricoles, qui fait la fierté de tout un département.

Maxime aujourd’hui nous a quittés et nous ne pouvons qu’espérer que son œuvre lui survivra.

Roody Edmé




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