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Les risques permanents

Les risques permanents



En Haïti, et peut-être dans certains pays qu’on considère comme stables, il est difficile de courir deux ou plusieurs lièvres à la fois. Pourtant, en début de saison cyclonique, il reste une évidence que des personnes, convaincues de la grande vulnérabilité d’Haïti, redoutent le scénario d’une catastrophe naturelle en période de forte propagation du Coronavirus.

Les faiblesses d’Haïti, admettons-le, dans la gestion des risques, sont liées à des périodes trop longues d’inaction et aussi au manque de ressources qui devaient être investies dans la réduction de la vulnérabilité du pays. Et, conséquence de ces faiblesses, des solutions durables n’ont jamais été trouvées et mises en œuvre. D’habitude, nous nous donnons les moyens ponctuels pour organiser des secours, compter les morts, produire des documents d’évaluation des pertes et des dégâts. Et, le plus naturellement du monde, attendre le prochain impact destructeur. Ou prier.

La Covid-19 n’était pas attendue et encore moins ses effets dans un pays qui peine à financer un budget insuffisant. Même les pays les plus riches, les mieux préparés ont dû consentir des efforts exceptionnels pour y faire face. Ce, pour des résultats contrastés loin de satisfaire totalement leurs populations. Cette pandémie est arrivée jusqu’à influencer les dernières élections aux États-Unis d’Amérique, notre puissant voisin qui se présente d’ordinaire à nous comme le champion de la vertu.

Le début de la saison cyclonique 2021 coïncide malheureusement avec la nouvelle vague de la pandémie en Haïti et la découverte de nouveaux variants supposés plus virulents et plus contagieux. Le Système national de gestion des risques et désastres, déjà sous-financé, pourra faire face à une situation des plus critiques en cas de manifestation d’un évènement cyclonique majeur.

Cette année, les autorités ont peu communiqué sur le début de la saison cyclonique et sur la préparation des plans de contingence. La Covid-19 et sa deuxième vague dans le pays ont relégué au second plan toutes les préoccupations « habituelles». C’est peut-être sur cet aspect qu’il ne faut pas pêcher. La pandémie augmente la vulnérabilité de la population et une catastrophe naturelle, combinée à sa propagation, risquerait de faire un mal indescriptible, à l’avance, à notre pays déjà à la ramasse sur les plans sécuritaire et économique.

Actuellement, les énergies et les ressources gouvernementales sont utilisées pour gérer l’ordre public, la propagation de l’inattendue pandémie et les votations à venir. Dans ces conditions budgétivores et harassantes, personne ne sait comment éviter un effondrement total si le pays est frappé à la fois par une catastrophe naturelle et la Covid-19.

Il nous faut, en réalité, redoubler d’efforts pour arriver à des solutions durables dans la gestion des risques en Haïti. Avec la pandémie, l’insécurité, la violence politique, l’instabilité, la famine qui menace un tiers de la population, les Haïtiens doivent naviguer à travers trop d’incertitudes.

Il est encore temps d’élaborer ces plans sérieux et dynamiques, qui nous manquent tant, pour permettre au pays d’affronter sereinement les crises et les menaces, d’où qu’elles viennent.

Jean-Euphèle Milcé




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