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D’où viennent nos échecs répétés ?

D’où viennent nos échecs répétés ?



« Haïti est le pays le plus pauvre de l’Hémisphère occidental ». Cette phrase lapidaire s’invitetoujours dans quasiment tous les articles de la presse occidentale. Et elle n’est malheureusement pas que mauvaise presse faite à notre pays,mais traduit les conséquences de nos inconséquences accumulées au cours des deux derniers siècles.

C’est une vérité de La Palice que de dire nous n’avons pas vraiment pu construire les fondamentaux d’une nation forte et durable. Le poison de la méfiance et des intérêts claniques ont rongé le projet commun de pays rêvépar nos pères fondateurs. Un idéal qui a connu d’ailleurs ses premières fissures au lendemain de notre Indépendance avec l’assassinat de l’empereur Jean-Jacques Dessalines. Un évènement majeur qui devait ouvrir à flot les vannes de sang induites par un climat de guerre civile permanente. Depuis cette époque, nous sommes devenus ce qu’un historien haïtien a appelé une « République des baïonnettes ». De luttes intestines aux multiples interventions étrangères, nous ne sommes jamais donnés le temps d’évaluer nos difficultés, ou quand nous le faisions, c’était pour en oublier les conclusions et repartir de plus belle dans ce sport national qu’est la course à l’hégémonie politique. Aujourd’hui, les choses n’ont guère changé.

Les égos sont trop surdimensionnés et la méfiance trop grande pour permettre dans notre pays un débat franc, sans compromis mou, sur des questions vitales concernant notre avenir. Dès son accession au pouvoir, en butte à de réelles difficultés de gouvernance, l’actuelle équipe au pouvoir n’a jamais cessé de parler de dialogue. Les paroles sont chez nous comme des feuilles mortes, souvent emportées par nos tempêtes politiques ou la malice des uns et des autres. L’administration Jovenel-Céant semblait sur la bonne voie, lorsque certaines sirènes intéressées ont soufflé aux oreilles des deux hommes, le chant mélodieux et tragique de la « discorde aux cent voix ».

On répétait dans le Landernau politique que le notaire avait laissé son étude, en mission spéciale, pour infiltrer un pouvoir que « Dieu et le peuple avaient confié au président ». Des rumeurs qui ne pardonnent pas et qui affectèrent profondément l’ancien Premierministre devenu maladroit dans ses prises de parole tant il voulait donner des gages de sa bonne foi.

Jean Henri Céant, la personnalité conviviale aux relations multiples, était perçu comme un danger par des hommes proches du pouvoir central. Il avait pu réunir à l’auditorium de la Banque centrale, au prix de moult efforts, un parterre intéressant d’hommes politiques et de représentants de la société civile. Et comme certains chefs clés de l’Opposition radicale n’étaient pas présents -, peut-être restaient-ils encore en observation ?-, le président constata que le projet de dialogue avait avorté et la cohabitation tournait déjà court. Et, comme le ferait un maître d’école, le chef de l’État renvoya le Premier ministre à son « brouillon » qu’il devait mettre au propredans un avenir désormais incertain. Ne dit-on pas que le pouvoir est ombrageux, même dans ses largesses ?

Ce sabordage de l’embryon de dialogue national devait faire du « dialogue », mot désormais vidé de toute substance, une coquille vide utilisée par des politiciens du pouvoir comme de l’opposition au gré des intérêts du moment où des rapports de force.

Dans la conjoncture actuelle, le jeu force à couper. Et pour ne pas changer, on fait appel à l’OEA, coutumière de nos crises à répétition. Mais il y a vraiment péril en la demeure. La balkanisation du territoire est déjà un fait. Le chantage du recours aux armes lourdes par des groupes manipulés par de puissants manitous, est une réalité incontournable.

Ce que nous vivonsdépasse les seules forces politiques en présence et interpelle tous les secteurs. Il est temps de bâtir cette coalition démocratique et patriotique pour une vraie refondation, au-delà des slogans.

Roody Edmé




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