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L’État et le marché informel des télécommunications en Haïti ?

L’État et le marché informel des télécommunications en Haïti ?



Des téléphones portables endommagés peuvent souvent espérer une nouvelle vie dans l’un de ses coins de rue qui accueillent un ou quelques jeunes techniciens du secteur informel des télécommunications en Haïti. Que représente pratiquement le marché de la réparation des téléphones portables et des ordinateurs usagés dans l'économie haïtienne ? Quelles sont les attentes de ces nombreux jeunes entrepreneurs et souvent brillants techniciens en termes d’accompagnement de l’État haïtien et pourquoi pas du secteur privé dans le pays ? Combien de familles sont nourries au quotidien grâce au génie de ces réparateurs de téléphones portables ?

Elles sont reconnaissables de loin, ces petites tables encombrées avec des pièces usagées, des appareils endommagés, des accessoires, des outils et parfois un mini-ordinateur portable pour la programmation, le décodage, et d’autres recherches approfondies sur les derniers modèles d’appareils. Quelle autorité étatique ou technique contrôle ces opérations à défaut des transactions ?

Dans le voisinage de la cathédrale, particulièrement à la rue Courte, à la rue des Miracles, à l’avenue Martin Luther King et d’autres points stratégiques du quartier de Turgeau, dans la commune de Delmas, à Pétion-Ville, et pratiquement dans presque toutes les grandes villes du pays, ces jeunes entrepreneurs des technologies de la téléphonie exposent leurs produits et leurs talents, et s’expose parallèlement à des activités douteuses entre l’acquisition et la vente des appareils parfois volés.

Des clients vont et viennent dans ces environnements qui célèbrent le génie pratique et l’intelligence technologique de ces jeunes, pratiquement des hommes, dont certains, à la suite de leur participation à un des rares séminaires réalisés sur les techniques de réparation des téléphones portables, ou comme autodidactes, décident de se lancer corps et âme sur le marché informel des télécommunications.

Des modèles d’entrepreneurs souvent oubliés dans la liste des honneurs et des hommages, pourtant qui constituent de véritables acteurs influents et importants dans l’art d'adapter aux défis de l’ère pour mieux servir la population, tout en rentabilisant leurs passions de manipuler des appareils électroniques, des écrans de téléphones portables, des touches et des prises ou des caméras à changer ou à réajuster.

Des employés de magasins, spécialisés dans la vente des appareils de téléphones portables, vont parfois même référer certains clients vers ces techniciens des rues, pour trouver des solutions autant durables, mais surtout à des prix abordables. Comment inventorier l'ensemble des services de ce secteur informel ? Comment assurer une certaine traçabilité des appareils et la gestion responsable des données ? Comment un tel secteur formel participe-t-il dans la gouvernance de la sécurité publique et le développement des technologies en Haïti ?

Derrière les grands changements imposés par l'évolution et la démocratisation des technologies de l’information et de la communication dans le monde, mais surtout en Haïti, au cours de ces trois à quatre dernières décennies en particulier, si l’on a pu assister à l'émergence rapide suivie de l’effondrement des petites entreprises de technologie, qui servaient de centres d’appels et de navigation via l’internet dans ses débuts, plus connues sous le nom de « cyber-café » dans le temps, il y a lieu de considérer que l’avenir des entrepreneurs spécialisés dans la réparation des téléphones portables se confirme comme un marché plus ou moins stable et lucratif, en attendant que des enquêtes ou des statistiques actualisées le confirment.

Dans l’attente de la distribution d’un certificat ou carte d’enregistrement de ces acteurs importants, influents et invisibles qui participent activement dans la manipulation des appareils et du coup, dans la gestion des données de toutes sortes, à défaut d’une régulation sur un secteur aussi sensible, que sont les technologies et la société de l’information, l’État central, à travers ses multiples bras techniques comme le Conseil national des télécommunications (CONATEL), ou des centres de formation techniques et professionnelles spécialisées dans les technologies, pourrait offrir un premier encadrement dans une perspective de fournir un minimum d’accompagnement responsable et intelligent à ces brillants et jeunes entrepreneurs livrés à la providence.

Dominique Domerçant




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