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Kesler Bien-Aimé, jazzy et poétique

Kesler Bien-Aimé, jazzy et poétique



Kesler Bien-Aimé sort un très beau livre de photographies en noir et blanc de l’univers lumineux et poétique des scènes de jazz en Haïti. Dans ce livre soigneusement présenté, le photographe partage sa passion pour la musique, particulièrement le jazz, en proposant des portraits de musiciens et des images d’ambiance du grand rassemblement annuel du jazz qui se tient chaque année à Port-au-Prince et dans certaines villes de province depuis plus d’une décennie.

Un travail inspirant destiné aux passionnés de la musique et de la photographie. Sur les cimaises de l'Institut français en Haïti (IFH), en avril 2016 et à Villa Kalewes de la même année, le photographe et sociologue Kesler Bien-Aimé a réalisé deux expositions de photographies mettant notamment en valeur des instrumentistes aux talents exceptionnels qui ont participé à des éditions diverses au Festival international de Jazz de Port-au-Prince, le Papjazz. Ces deux expositions étaient pour le photographe une véritable consécration. Les photographies exposées, l’on se le rappelle,sont suffisamment estimées et appréciées.



Dans son livre : « Jazz Imaj », Kesler Bien-Aimé dévoile encore son grand savoir-faire. Une quarantaine de photos sont rassemblées, en effet dans l’ouvrage. Comme dans une mise en scène, maintes fois répétée, les musiciens servent au photographe des visages dans tout ce qu’ils peuvent exprimer d’empathie. Ces visages ne sont plus des carapaces, le lecteur du livre pourra pleinement imaginer la profondeur des sentiments (surtout de félicité) d’un musicien photographié en plein travail. Chaque trait du visage est aussi représenté. Dans cette série de photos, le visage humain a été saisi avec autant d’acuité que de fermeté.



Attentif à la vie, Kesler Bien-Aimé a capté les traits avec exactitude et sensibilité. Il faut être artiste pour saisir ce que l’on voit et être curieux pour capturer des instants insolites, inattendus et intrigants. Kesler Bien-Aimé a montré tour cela dans sa technique, pardon dans son art. Jeter un coup d’œil furtif ou un regard approfondi sur l’ensemble de ses photos sera pour n’importe quel amateur d’art une véritable fête pour les yeux. Beaucoup de portraits sont chargés d’insolite. Certaines images immortalisent la passion des instrumentistes et montrent à travers des photographies en noir et blanc la fusion totale de l’interprète avec sa musique. Un heureux prétexte pour Kesler Bien-Aimé, lui-même musicien, d’accorder une place prépondérante à la musique jazz.



« M’inspirant de la définition de Lucy Lippard, cette publication présente et analyse un corpus de photos conceptuelles dont les techniques de captation et de mise en public ont recouru à l’image, à la musique pour révéler des modalités possibles dans le processus de création et de réception de cette œuvre. Inventant la notion Jazz Imaj, je m'écarte du photo-témoin ou document ( Rouillé 2005) pour attirer les regards vers des hors-lieux de chaque image fixe et dynamique. Posant la problématique de cohabitations visuelles et sonores, cette recherche vise à énoncer le pari esthétique qui est engagé dans la conceptualisation de la notion Jazz-Imaj », écrit Kesler Bien-Aimé dans la mise en contexte.



« Cependant, Bien-Aimé en inventant la notion Jazz Imaj, veut encore aller plus loin. Il ne s’agit pas seulement de mettre en valeur des musiciens et objets.(…) Des procédés techniques et esthétiques mis en œuvre en quête d’une synesthésie. L’interrogation qui sous-tend la notion Jazz Imaj est comment mettre la photographie en dialogue avec les autres arts sans la voir comme un simple témoin, un moment du temps. La tentative n’est peut-être pas nouvelle à bien des égards dans le monde de la photographie internationale, mais l’esthétique de Bien-Aimé trouve un souffle, une énergie toute neuve dans sa manière originale de combiner plusieurs expériences. »a écrit l'esthéticien Sterlin Ulysse.

« Bien-Aimé réussit donc le pari de nous donner aussi bien à voir qu’à entendre dans ses photos. Il offre en même temps aux praticiens, de plus en plus nombreux de la photographie d’art en Haïti un modèle d’exigence théorique et réflexive à méditer, à interroger »,a noté Carlo A. Célius dans la quatrième de couverture.



Schultz Laurent Junior




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