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Mission de l’OEA : des acteurs nationaux cherchent à cerner la démarche du pouvoir

Mission de l’OEA : des acteurs nationaux cherchent à cerner la démarche du pouvoir



Concernant la médiation de l’OEA pour une sortie de crise en Haïti, des acteurs nationaux affirment n’avoir pas encore compris la démarche du pouvoir. Après l’échec avec Religions pour la paix, l’équipe au pouvoir vient de solliciter une mission de l’OEA pour jouer un rôle de médiateur d’un dialogue devant déboucher sur un accord politique avant le 27 juin, date prévue pour l’organisation du referendum constitutionnel.

Les acteurs de l’opposition refusent de parler de cette mission pour l’instant en raison d’un flou décelé dans la démarche. La présidente de la Fusion, Edmonde Supplice Beauzile, également actrice incontournable au sein de la Direction politique de l’opposition (DIRPOD), voit en ce projet une bataille interne au sein de l’OEA qui se fait au détriment d’Haïti. La demande effectuée par l’équipe au pouvoir n’a pas réellement eu lieu en fonction des préoccupations soulevées dans la Résolution 1168, adoptée en mars dernier à l’OEA, sur la situation en Haïti. Ce qui prouve qu’il pourrait y avoir un arrangement dans la formulation de la demande entre le gouvernement haïtien et le secrétaire général de l’organisation hémisphérique. En ce sens, la présidente de la Fusion promet de collecter plus d’informations possibles sur cette démarche avant d’adopter une position publique.

Depuis la demande effectuée par le Premier ministre a.i, Claude Joseph, au début du mois, la classe politique de l’opposition a pris ses distances. D’après les leaders de l’opposition, la résolution adoptée sur le cas d’Haïti à l’OEA en mars dernier n’a pas été une note favorable pour le gouvernement en place. C’est une résolution qui fait le constat de la situation qui prévaut en Haïti depuis plusieurs années, notamment la violation de la Constitution, la non-tenue des élections régulières dans le temps imparti par la loi, le problème de la gouvernance par décret, les violations systématiques des droits humains, la dégradation de l’environnement sécuritaire et l’incapacité des autorités à endiguer la criminalité. Donc, pour les dirigeants de l’opposition, formuler une demande à l’OEA en fonction de cette résolution devait être un acte d’aveu de la part de Jovenel Moise.

À ce jour, les véritables partis de l’opposition ne veulent pas dialoguer avec le président Jovenel Moise. Ces partis, notamment Fanmi Lavalas, Pitit Dessalines, Secteur démocratique et populaire (SDP) et DIRPOD exigent le départ du chef de l’État avant tout processus de dialogue. Cependant, le Premier ministre a,i, Claude Joseph, même face à l’intransigeance de l’opposition qui refuse de conclure un accord politique avec le Président Jovenel Moïse, a fait appel à l’OEA comme arbitre d’un dialogue pour un accord politique devant conduire à l’organisation du référendum et des élections, prévus pour cette année. Dans sa correspondance datée du 28 avril 2021, adressée à Luis Almagro, secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), le chancelier haïtien a fait savoir que le gouvernement de la République d'Haïti est disposé à accueillir une mission de l'OEA en appui au dialogue en cours avec tous les acteurs de la vie nationale.

Pourtant, ce processus de dialogue que le pouvoir a du mal à prouver est démenti par les partis de l’opposition. L’entente est loin d’être trouvée entre les protagonistes. Mais cela n’empêche que la communauté internationale envisage d’accélérer le processus de formation de cette commission. Lors des assises tenues à l’OEA, le mercredi 12 mai, sur la situation d’Haïti, l’ambassadeur d’Haïti aux États-Unis et auprès de l’OEA, Edmond Bocchit, a fait part de son souhait de voir cette commission en œuvre dans les prochains jours. Les diplomates, qui ont participé à cette rencontre virtuelle, ont accueilli favorablement la demande du gouvernement haïtien pour la mission, mais restent perplexes quant à la meilleure façon de procéder. Entre-temps, plus d’une quarantaine d’organisations haïtiennes réunies autour du forum de la société civile ont déjà pris position pour une solution haïtienne de la crise, au lieu d’une solution toute faite de la communauté internationale.

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