Haïti/Education

Le cri des lycéens de Port-au-Prince

Des lycéens dénoncent la passivité des autorités gouvernementales face au dysfonctionnement de certaines institutions scolaires dans la capitale haïtienne. Plus loin, ils fustigent la décision prise par le titulaire du MENFP, Nesmy Manigat d'annoncer les dates prévues pour le déroulement des examens officiels sans prendre en compte le temps de travail des élèves pour l'année académique 2023-2024.

L'Union des Lycéens (UDL) et la Fusion des Écoliers haïtiens (FEH) dénoncent en effet, la passivité des acteurs du système éducatif, dont le titulaire du MENFP, Nesmy Manigat qui ne fait que constater le dysfonctionnement de plus d'une dizaine institutions scolaires dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, depuis plusieurs mois alors que la constitution haïtienne accorde le droit à l'éducation à tous ses fils.

«Nous, les élèves du Lycée Anténor Firmin, nous fréquentons l'école depuis le 29 février dernier et les conditions d'apprentissage n'avaient pas été du tout de qualité. Les élèves du lycée Alexandre Pétion de leurs côtés ont vu leurs derniers cours depuis décembre 2023. Cette situation crée la panique chez les écoliers, nous ne savons que faire alors que le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle a déjà fixé des dates pour le déroulement des examens officiels. On dit souvent que nous sommes l'avenir du pays, cependant il y a un silence assez complice de la part des autorités étatiques qui démontrent leur insouciance vis -à -vis des écoliers», a déclaré Marc Kingly Mérat, l'un des élèves protestataires.

Plus loin, les lycéens expliquent que l'insécurité et le manque de volonté des acteurs pour rétablir les choses à la normale constituent un handicap majeur pour l’apprentissage des écoliers et le temps de travail exigé par le Ministère dans le calendrier scolaire de l'année académique 2023-2024. Selon eux, la mise en place des cours sur une plateforme numérique et les séances de rattrapage qui seront organisées à la fin de l'année ne leur permettront pas de compenser une année scolaire où les études ont été réalisées à la hâte.

En ce sens, ces étudiants exigent des mesures urgentes pour le rétablissement de l'ordre dans la capitale, la révision entière du calendrier scolaire ainsi que les dates prévues pour les examens officiels et la reprise des cours dans les différents établissements affectés par l'insécurité dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

De son côté, le MENFP dans un communiqué en date du 6 mai 2023 annonce la reprise des dispositifs de compensation ciblée des apprentissages. «Cette action touchera principalement les élèves ayant manqué le plus grand nombre de journées de classe, surtout dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et certains districts scolaires de l'Artibonite. En plus des activités en salle de classe, le MENFP utilisera des capsules vidéo, des émissions de radio, de web radio et de télévision, sa plateforme numérique et d’autres plateformes d'institutions partenaires pour la réussite de ces cours», ont fait savoir les responsables. Ils invitent les écoles concernées à embrasser ce projet et annoncent parallèlement le recrutement du personnel enseignant pour les examens d'État qui débuteront le lundi 13 mai jusqu'au 19 mai prochain et le processus se fera en ligne.

Cependant, les écoliers et des observateurs continuent à s'interroger sur les mécanismes de modernisation de l'éducation en Haïti. Pour eux, il s'agit d'un gaspillage puisqu'à la base les problèmes liés à la connexion de l'internet, l'accès limité aux matériels numériques et le rationnement d'électricité sont entre autres de grands obstacles dans l'apprentissage des enfants.

 

Oberde Charles

 

 

 

 

 

 

 

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