HAÏTI/SANTÉ

Recrudescence du choléra en Haïti, des cas de décès à déplorer

Le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) a annoncé certaines dispositions dans le but de limiter la propagation du choléra dans le pays qui refait surface, plus de trois ans après la fin de l’épidémie en 2019.

Au moins sept personnes sont décédées ces dernières heures, selon les autorités sanitaires, ravivant la peur d’une résurgence de la maladie dans ce pays déjà fauché par la misère et l’incertitude. «La plupart des victimes sont mortes dans les collectivités, et n’ont pas pu se rendre à l'hôpital», a regretté  Laure Adrien, directeur du MSPP. 

 

Il en a profité pour lancer un appel pour que les barrages routiers installés soient levés en vue de faciliter l’accès aux Hôpitaux et aux ambulances de circuler. Le ministre Alex Larsen a annoncé la détection d’un cas confirmé de choléra à Savane Pistache Decayette à Port-au-Prince et plusieurs cas suspects à Brooklyn dans la commune de Cité Soleil.  

 Lors de cette conférence de presse, le MSPP promet de prendre toutes les dispositions afin de limiter la propagation, mais compte aussi sur une bonne hygiène de la population.

Rappelons toutefois que cette maladie avait été introduite dans le pays par les Casques bleus en 2010 qui avait coûté la vie à près de 10 000 personnes. 

Les eaux du fleuve de l’Artibonite avaient été infestées de matières fécales contaminant ainsi de pauvres gens qui vivaient déjà dans des situations précaires.

Lauré Adrien est revenu, lors de la conférence de presse du dimanche 2 octobre, sur la cérémonie qui avait marqué officiellement l’élimination du choléra dans le pays.

Pour lui, il est important de savoir que: « élimination n’est pas éradication».  La cérémonie organisée en février dernier était pour annoncer qu’il n'y avait plus de transmission sur le territoire national, mais, que le virus continuait d’exister.

Le choléra est une infection diarrhéique aiguë provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par le bacille Vibrio Cholerae.  Il est donc recommandé de prendre des précautions pour la nourriture et l’eau, pratiquer une hygiène des mains efficace,  traiter une diarrhée légère et savoir quand consulter un médecin.

En attendant, il n’est qu’à souhaiter que le taux d’incidence n’augmente pas, car en plus d’être un pays meurtri par une crise sociopolitique sans précédent, la population n’a pas véritablement la culture médicale lui permettant de visiter les centres de santé.  L’épidémie de choléra commence généralement pendant les saisons sèches, ce qui explique a priori un problème de manque d’eau.

 

En attendant que les autorités sanitaires fassent le point autour de la souche du bacille Vibrio Cholerae  dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, ne pouvons-nous pas nous demander, si le fameux phénomène du pays « lock » ces dernières semaines, n’a rien à voir avec cette recrudescence, si on se souvient des difficultés que la population avait pour s’approvisionner en eau potable. Enfin, il n’est plus qu’urgent de vérifier nos conditions sanitaires, particulièrement la gestion des matières fécales qui restent toujours un défi dans certaines zones du pays.    

 

Gerard H. Resil      

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