Selon les médias dominicains, Haïti est un État défaillant en déclin irréversible

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Des médias dominicains ne cessent de parler de la crise assez complexe qui ravage Haïti. De Diario libre, en passant par Listin diario jusqu’à « Dominican today », les commentaires sur la situation en Haïti ne sont guère intéressants. Ils voient tous Haïti comme un État failli, voyou, et qui est en déclin irréversible.

Plusieurs articles pour parler de la situation terrible en Haïti ont déjà été publiés dans beaucoup de médias de la République dominicaine. Au cours du mois de décembre, comme réponse à la visite du chancelier haïtien en terre dominicaine, le journal « Dominican today » a pris le soin de décrire Haïti comme étant un État failli et qui est en déclin irréversible.

Selon le média, la crise profonde qui frappe Haïti a conduit à l'insécurité au point que les responsables diplomatiques et consulaires ont même été contraints de prendre des mesures de précaution pour éviter d'être victimes d'enlèvements, une modalité criminelle qui, d’après « Dominican today », est en vogue.

Dominican today croit que l'insécurité que connaît Haïti s'est compliquée depuis le départ de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah). Le journal souligne que la situation est devenue intenable au cours des deux derniers mois. Ce qui a conduit la plupart des missions diplomatiques à réduire le personnel dans les ambassades et les consulats.

Les autorités élues d’Haïti ont perdu leur monopole. Un vide de pouvoir a été créé. Et le crime organisé tente de le combler. Une situation qui affecte même les institutions bancaires. L’impuissance des autorités haïtiennes à faire face au kidnapping a été soulignée.

Des familles laissent Haïti pour la République dominicaine

Le journal a également rappelé que des Haïtiens de la classe moyenne ayant le pouvoir économique nécessaire ont décidé de déménager en République dominicaine et d’inscrire leurs enfants dans des écoles dominicaines.

En outre, le journal s’en prend aussi aux dirigeants haïtiens qui, au lieu d’adopter des mesures pour contenir l’insécurité, préfèrent blâmer et exhorter la population à être prudente et vigilante.

Le pouvoir en place est, lit-on, concentré sur l'organisation des prochaines élections qui devraient se tenir à une date que le président lui-même n'a pas encore définie.

En ce qui concerne la colère populaire. « Dominican today » souligne que de grandes mobilisations ont précédé l'aggravation du climat d'insécurité qui se produit actuellement en Haïti pour protester contre le gouvernement du président Jovenel Moise, qui, malgré ces faits, est resté indemne, prometteur d'élections législatives et présidentielles sans préciser quand.

Chaque jour, le mécontentement généralisé augmente dans les rues avec l'incendie de propriétés privées, à Port-au-Prince notamment. Ajouté à cela, il y a eu la manifestation particulière de la Police elle-même, l’unique institution appelée à préserver l'ordre public.

En plus des enlèvements, il parle des meurtres sélectifs de personnalités. En exemple, le journal cite le cas de Me Monferrier Dorval, un crime qui a consterné la nation, en raison du fait qu'il était l'une des voix qui préconisaient une nouvelle constitution, mais pas de la manière souhaitée par le pouvoir en place.

Parlant des opérations de la PNH, le journal précise que la police haïtienne n’a pas été en mesure de contenir le crime organisé et la délinquance courante, malgré l’opération appelée Terminator 1, lancée par l’ancien directeur de la Police, Normil Rameau. Au contraire, les actions des gangs armés, qui opèrent dans les quartiers les plus populaires de Port-au-Prince, se multiplient.

C’est un État qui a échoué, d’après « Dominican today » qui a rappelé que la plupart des corps diplomatiques basés en Haïti agissent prudemment en qualifiant la situation d'effondrement de l'État.

L’État haïtien est en faillite. C’est un État incapable de garantir son fonctionnement, même les services essentiels qu'il doit fournir à la population, regrette le journal.

Et pour ce qui ne comprend pas l’expression État failli, le journal explique que c’est une expression qui est apparue dans la langue politique et diplomatique au cours des dernières décennies suite à des convulsions en Somalie, Libye, Soudan, Yémen, Congo, Éthiopie, Irak et Zimbabwe, où les autorités perdent le monopole de la force, la légitimité et les différends entre les institutions. Et pour lui, c’est ce qui se passe actuellement en Haïti.

Pour la petite histoire, Dominican today affirme que cette crise institutionnelle profonde a commencé à s’aggraver depuis que les forces de stabilisation des Nations unies ont décidé d’éliminer l’une des rares institutions qui opèrent : les forces armées d’Haïti (FAD’H).

Poussée par les violences et les abus générés par les forces armées et le soi-disant Tonton macoute, la communauté internationale a appliqué le dicton selon lequel « une fois le chien mort, la rage est terminée » en passant la responsabilité de l’armée, à la marine et à la police haïtienne.

Malgré les 13 années sur le sol haïtien, la force militaire des Nations unies n’a servi qu’à consommer 7,33 milliards de dollars à cette époque. C’était une période où le pays a été exploité par des entrepreneurs, des sponsors et des fournisseurs.

La vérité est qu'après leur retrait d'Haïti, les Casques bleus n'ont rempli aucune mission qui a laissé un héritage sur ce territoire insulaire, à l'exception du choléra et des enfants sans pères.

D’après le journal, ce nouveau théâtre dans cet État défaillant représente une menace pour la République dominicaine. C’est la raison pour laquelle le président Luis Abinader a déclaré que la République dominicaine ne peut pas s’occuper d’Haïti et de ses problèmes.

Evens REGIS

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