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L’État haïtien, un État violent et irresponsable

L’État haïtien, un État violent et irresponsable



La première grande responsabilité qu'incombe à l'État est" de garantir la sécurité des vies et des biens de sa population". Il devient extrêmement dangereux lorsque dans une société l'État se fait complice des actes de corruption, de banditisme, d'insécurité et privilégie la mal-gouvernance, l'opacité sur la transparence, l'arrogance et l'incompétence règnent en maître et seigneur sur l'intelligence et que le mensonge tend à remplacer la vérité et la sincérité.

Nous vivons dans une société où certaines gens tentent d’accorder beaucoup plus d'importance et de valeurs aux biens matériels qu'au respect à la vie et à la dignité de la personne humaine. Il est un fait, lors des revendications populaires, qu'il y aura assez souvent des dommages collatéraux et cela peut s'alourdir en raison de la proportionnalité de la force et de la résistance offerte, mais surtout en fonction de la motivation et de la compréhension des protestataires, s'ils estiment leurs revendications sont justes et méritent des réponses immédiates et satisfaisantes.

Il est clair, dans une manifestation ou toute autre forme de mouvement de rue, aucun leader ne peut oser donner la garantie qu'il ait le contrôle de chaque individu qui s'y trouve ou de manière plus large et englobante : " impossible de contrôler la spontanéité d'une foule". Sachant que l'esprit humain ne fonctionne que par représentation mentale. C'est-à-dire, qu'il ne fait que reproduire ce qu'il a vécu, ce qu'il vit. Des gens qui vivent quotidiennement sous le poids de la violence structurelle ont toujours tendance à réagir de façon la plus violente possible pour se faire entendre, comprendre, voire pour s'en débarrasser. Surtout, lorsqu' ils sont convaincus si ce n'est pas cette voie qu'ils empruntent leurs revendications ne parviendront pas à bout.

Au fait, c'est quoi la violence structurelle? D’abord, dans toute société, elle est l'apanage de l'État .Elle désigne une forme de violence provoquée par les structures ou institutions d'une société donnée qui empêche aux individus de se réaliser. Elle est un processus lent et complexe produisant de l'inégalité, de la souffrance et peut conduire à un état de misère permanent ou à la mort. Elle s'auto renforce en désamorçant les ressorts qui peuvent conduire à la lutte contre cette exploitation en constituant une entrave à la prise de conscience de sa propre condition et à la mobilisation. Ce qui conduit des individus à la résignation ou à la violence directe.

À bien écouter des membres de la collectivité et lire des commentaires sur les réseaux sociaux, il me semblerait : quelques pare-brise de véhicules cassés, quelques pneus enflammés, des barricades dressées dans les rues voudraient indigner, insulter, révolter leur conscience beaucoup plus que " l’impunité, la corruption, l'insécurité, le kidnapping, les assassinats, les massacres, le vol, le viol, la mal-gouvernance, les crimes qui rôdent nos vies et nos institutions publiques.

Pourtant, ce sont ces éléments susmentionnés qui provoquent cette violence conjoncturelle qui expose quotidiennement nos vies et biens à tous les risques et dangers. Donc, si nous voulions réellement éviter le pire, il est un devoir citoyen de combattre sans relâche la violence structurelle sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions.

Faut-il comprendre, dépendamment du côté de la manche où vous vous trouverez, l'histoire n'a pas toujours le même sens pour tout un chacun. Napoléon Bonaparte est considéré comme un héros par les Français et pour les esclaves à Saint-Domingue, il fut un tortionnaire, un oppresseur. Dessalines fut pour les esclaves un libérateur, un sauveur pourtant pour les Français, il fut un criminel, un tyran. En Extrême-Orient certains sont considérés comme des résistants et d'autres les qualifient de terroristes.

De ce point de vue, les fantômes 509 ne sont nullement des criminels encore moins des terroristes. Ce sont des individus, peut-être, qui refusent de s'accommoder à l'aujourd'hui normalisé, qui ne veulent plus être utilisés puis rejetés et humiliés, qui n'acceptent plus d'être déshumanisés. Disons, ils ont assez de couilles pour affronter la réalité dans laquelle ils se trouvent. Tout en prenant le risque de s'exposer aux dangers et enjeux multiples. Ils ont au moins le courage de se rebeller contre la néocolonialisation qui sévit dans le pays depuis des lustres et l'opacité dans laquelle l'institution policière est plongée.

Ils commencent à comprendre que c'est dans la lutte constante et permanente qu'ils peuvent changer leurs conditions de vie et de travail. Ils ne doivent pas se rétracter ni se laisser intimider sinon ils paieront l'argent comptant les conséquences. En fin compte, toute la collectivité se doit de combattre l'État haïtien qui s'en fout de la vie qu'est la plus noble et la plus respectueuse des institutions que possède une société. Quand cette dernière est placée à l'arrière-plan dans un espace donné. Dites- vous, qu’elle entame la marche progressive vers sa propre destruction. Évidemment, si l'être haïtien parvient à sortir de la conscience de masse à la conscience de classe, il pourra renverser cette forme d'organisation sociale existante. C'est-à-dire, la possibilité pour une classe sociale de se rendre compte par elle-même de sa position sociale et sa capacité à agir pour promouvoir ses intérêts tout en comprenant que la classe dominante et l'État ont intérêt dans la pérennisation et la perpétuation de l'espèce. L'on ne peut rien changer en restant prisonnier de ce que nous avons appris et que l'on nous impose de répéter sans modification aucune.

Willyj.2082@gmail.com
Willy Joseph




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