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À quand le vote de la diaspora dans les élections en Haïti?

À quand le vote de la diaspora dans les élections en Haïti?



Partout dans le monde, notamment dans les grandes démocraties (en Amérique du Sud, en Amérique du Nord, en Europe) tout comme en Asie, les pays offrent la possibilité à leurs ressortissants de pouvoir exercer leur droit de vote au moment des élections à travers leurs consulats. Dans le cas d'Haïti, si l'article 18 de la Constitution haïtienne de 1987 ne permet pas à ceux de la diaspora haïtienne possédant une autre nationalité d'occuper des fonctions électives. En revanche, la version amendée de 2011 accorde à ces derniers, le droit de voter à travers les différents consulats. Au-delà d'un droit, c'est aussi un pouvoir que confère la Constitution à la diaspora.

Le pouvoir d'élire, anticorruption et influence

Les derniers chiffres de l'OCDE et d'autres organismes sur les citoyens haïtiens vivant à l'étranger comparativement à ceux des votants des dernières élections en Haïti sont répartis ainsi:

- Plus de 80 000 Haïtiens(ne)s au Brésil,
- Plus de 4 500 Haïtiens(ne)s au Mexique,
- Environ 15.000 Haïtiens(ne)s en Argentine,
- Plus de 111 746 Haïtiens(ne)s au Chili
- Entre 1 et 2.000.000 d’Haïtien(ne)s aux États-Unis,
- Plus 88 000 Haïtiens(ne)s au Canada,-
- Plus de 1,5 million en République dominicaine,
- Entre 40 000 à 70 000 sur l'ile des Bahamas et l’archipel des Turques et Caïques,
- Plus de 30 000 Haïtiens(e)s en France, 30 000 en Guyane, entre 5 et 10 000 en Guadeloupe, etc.

Beaucoup sont munis d´un passeport haïtien. Cela implique un nombre d'environs de quatre (4) millions de potentiels électeurs, soit 2,5 fois plus que le nombre de votants ayant participé à la dernière présidentielle en 2016, car ils étaient seulement 1,583,393.

D´autre part, si les gangs armés, comme moyen de pression, les "1.000 gourdes" et les médias comme mécanisme de manipulation, les discours vains et projets anodins comme outils de séduction et attraction ont toujours été les principaux facteurs jouant en faveur de beaucoup de ceux qui se font élire dans le pays, il est clair et certain que la situation socio-économique, l'espace géographique et la conception nouvelle des électeurs de la diaspora auraient pu contrecarrer et remédier à ce problème historique presque naturalisé dans nos processus électoraux.

Il ne faudrait pas oublier aussi que la diaspora haïtienne reste depuis plus de quatre (4) décennies, le principal appui économique des familles et de même pour les liens d´amitié, soit environ 60% de la population haïtienne. Cela pourrait être aussi un outil d'influence parmi tant d'autres, dans le choix des élus(e)s.

Le devoir de la diaspora face à la violence de nos dirigeants.

L'une des excuses principales avancées par plusieurs dirigeants haïtiens sur les causes de la violation de ce droit est: le problème de financement, comme si cela pouvait constituer une raison valable pour violer le droit d'un citoyen ou d'une communauté.

Et puis, où diable sont passés les 18 dollars pour chaque 200 dollars transférés (8.9% du montant) depuis la République dominicaine, depuis le Canada, les 28 dollars (14% du montant), ceux de la France, 31 dollars (15.7% du montant), etc. sur le total des 20.000.000.000 USD transférés durant cette décade en Haïti ? Où est passé le PSUGO, ce soi-disant programme justifiant les taxes sur les transferts?

Toutes les tentatives faites et les initiatives entreprises - telles que la BDNI (Ban n Dwa Nou Entènasyonal – Darnos Nuestro Derecho Internacional), par les référents de la communauté de la diaspora n'ont pas réussies. À cause, peut-être, des barrières politiques ou faiblesses financières. C´est un peu l'histoire de la diaspora haïtienne.

Face à cette attitude de la part de nos dirigeants, les Haïtiens(ne)s à l'étranger ont l'obligation de faire un mouvement social et politique (pareil a celui de pétrochallenge) dans chaque pays où ils/elles se trouvent, ainsi que ceux qui sont en Haïti doivent #korediaspora afin d'exiger à l'État Haïtien de respecter ce droit constitutionnel. Ce pouvoir de vote pourrait contribuer à combattre la corruption dans les processus électoraux et démontrer l´influence de la diaspora haïtienne. Cela pourrait être la clé d'un changement politique important pouvant contribuer grandement à choisir certaines personnes compétentes et dignes à la tête du pays, ainsi qu´un projet sociétal et de développement réaliste, progressiste et durable.

Un tel pari sur ce moyen de changer notre pays aurait pu être le choix judicieux de quelqu'un, car " la vraie démocratie ne viendra pas de la prise de pouvoir par quelques-uns, mais du pouvoir de tous de s'opposer aux abus de pouvoir " (Gandhi)


Étudiant avancé en Science politique de l'École politique et de Gestion publique (EPYG) de l'Université Nationale de San Martin (UNSAM), en Argentine.

Référent de la Communauté haïtienne en Argentine.




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