S'identifier Contact Avis
 
25° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

Le démantèlement du système international par Donald Trump

Le démantèlement du système international par Donald Trump



La mort des empires apparaît comme l’une des grandes régularités de l’histoire. Leur chute a pris des formes diverses. En 1981, Jean-Baptiste Duroselle, grand spécialiste de l’histoire des relations internationales, titrait ainsi ce qui reste l’un de ses plus fameux livres. Tout empire périt. Et c'est justice. Car l'empire, fruit de la volonté de puissance et de la conquête, porte en lui le gouvernement par la force, la contrainte des peuples, la soumission, voire la terreur. De ces constructions nées de la démesure, la destinée annoncée est l’effondrement. (L’Observatoire de l’Europe, 15 décembre 2011)

L'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en 2017 marque une rupture dans la politique étrangère américaine. Le 45e président des États-Unis se démarque de l'engagement international de ses prédécesseurs pour afficher une position totalement partisane dans la crise israélo-palestinienne en faveur de l’Israël, et il se montre assez hostile envers les Musulmans et les Mexicains. Contre ces derniers, il se proposait depuis la campagne électorale de 2016, mais bloqué par le Congrès, de construire un mur séparateur frontalier pour contraindre les illégaux à rester chez eux et limiter les trafics clandestins entre les deux États voisins. Cependant, le fait le plus surprenant sur lequel, on va ici insister, c’est le désengagement progressif des États-Unis sur la scène internationale.

Quels sont les faits traduisant ce désengagement de la première puissance mondiale sur l'échiquier politique international depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir en 2017?

Le retrait de l’Unesco

En dépit de sa forte contribution financière (20% du budget de l’organisation) à l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture), la diplomatie américaine n’était pas parvenue à empêcher à la Palestine d’intégrer cette organisation en 2011. En réaction, celle-ci fut privée du soutien financier américain, mais Obama y conserve le siège à titre d’observateur.

En décembre 2018, la décision finale est prise. L'administration Trump se retire de cet organe spécialisé des Nations unies en réaction à une résolution qu’il a adoptée déclarant la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, "zone protégée" du patrimoine mondial.

Cette décision du Gouvernement américain traduit le soutien de Washington à Tel-Aviv qui considérait la résolution de l’Unesco comme une provocation. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou était suffisamment clair dans ses propos :"L'Unesco est devenue le théâtre de l'absurde où l'on déforme l'histoire au lieu de la préserver".

Le retrait de l'Irak et de l’Afghanistan

Dans moins qu’un an, les États-Unis doivent laisser l’Afghanistan selon les termes d'un accord conclu avec les Talibans en février dernier et le dossier du départ des troupes américaines en Irak est à l’étude au Département d’État. Ces choix traduisent non seulement l'échec de la politique américaine dans le Moyen-Orient, mais aussi l’incapacité de Washington à stabiliser la région qui devient encore plus explosive avec la guerre civile en Syrie, la situation explosive irakienne et le chaos afghan.

En ce qui concerne l’Afghanistan, l’Administration Trump profère des menaces à l’ endroit des juges de la CPI (Cour pénale internationale) qui enquêtent sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité reprochés aux soldats américains dans ce pays par les organisations des Droits de l’Homme. Pour Washington, cette Cour est ‘’un tribunal bidon et une bureaucratie internationale inexplicable’’ qui persécute les démocraties.

La remise en question de l’Otan

Après l'éclatement de l'URSS en 1991, l’Otan devait être automatiquement dissoute eu égard à sa mission qui était celle de combattre le communisme et faire face au Pacte de Varsovie. Une fois ces ennemis disparus, l’Alliance se donne d’autres missions, entre autres, celle de garantir la paix. C’est dans cette perspective qu’elle intervînt militairement en Bosnie (1995), au Kosovo (1999), en Afghanistan (2003) en solidarité avec les États-Unis victimes des attentats du 11 septembre 2001.

Également, elle intervenait en Libye en 2011 pour soutenir les rebelles en lutte contre Mouammar Kadhafi. En Dépit de tout, l’actuel locataire de la Maison Blanche n'est pas satisfait du travail de l'organisation et se questionne sur son utilité réelle aujourd’hui d’autant qu’elle pèse assez lourd sur les finances américaines. Avec un appui budgétaire de plus de 22 % en 2018, les États-Unis représentent le plus grand contributeur de l’Otan.
.
Fidèle à son slogan de campagne ‘’America First ‘’ (l'Amérique d'abord), le magnat de l'immobilier pousse l'Europe au dernier sommet de Londres de l’Alliance atlantique en 2019 à élever sa contribution financière si elle souhaite le maintien de cette organisation qui, d'après Emmanuel Macron, se trouve déjà en situation de ‘’ mort cérébrale’’.

Le retrait au TPP

Dans le domaine commercial, la stratégie du milliardaire américain n’est moins rassurante. Après avoir restructuré l’Alena (Accord de libre-échange nord-américain), il s’attaquait au traité de libre-échange transpacifique (TPP).

Née en 2016, cette zone de libre-échange était déjà très critiquée par Donald Trump avant même qu’il arrive à la Maison Blanche. Comme il l’avait annoncé au cours de sa campagne, le 45e président des États-Unis s'est retiré du TPP en 2017 en dépit des regrets éprouvés par les autres partenaires en particulier le Japon pour qui, le TPP, n’aura pas d'avenir sans le géant nord-américain.

Cette décision soulève des inquiétudes de Tokyo qui craint pour sa sécurité par rapport à la menace chinoise et du régime de Pyongyang. Ces inquiétudes transformées en opportunité par l'administration Trump en ce sens qu'elle a poussé le Japon à mettre en application les clauses d'un accord conclu en 2015 prévoyant d'augmenter ses dépenses pour les forces américaines stationnées dans le pays de 1,4% au cours des cinq années suivantes pour atteindre 189,3 milliards de yens par an en moyenne.

Le retrait de l’OMS

Donald Trump n'a pas chômé pendant la pandémie. Il continue à faire parler de lui par le démentiellement du système international que son pays avait contribué à mettre en place après 1945. Après l’Unesco, l’Otan, le TPP, c’est le tour de l’OMS.

En effet, la crise de la Covid-19 et la catastrophe sanitaire qu'elle a provoquée aux États-Unis portent Trump, en panne d'idées et de plan de redressement économique, à formuler des critiques amères envers cette organisation spécialisée des Nations unies qui, d'après lui, est un instrument au service de la Chine de Xi Jinping. Après de nombreuses dénonciations et déclarations qualifiées tapageuses et mensongères par la presse chinoise, l'hôte de la Maison Blanche-qui n’a joué au rôle dans cette crise sanitaire mondiale annonce le 15 avril dernier la suspension de la contribution financière américaine à l’OMS et décide le mois suivant de se retirer de cette organisation multilatérale née en 1948 dans le but de coordonner les actions sanitaires dans le monde.

Avec Trump, le leadership incontestable que les Américains avaient exercé au sein des organisations internationales passe désormais à l’arrière-plan. En se retirant de l'Accord sur le nucléaire iranien (2018) et de l'Accord de Paris sur le climat(2017), il n’a fait qu’affaiblir la suprématie américaine dans le monde et les fondements moraux caractérisant le messianisme démocratique de la première puissance mondiale. Son ère marque une nouvelle orientation sinon inaugurer un nouveau paradigme dans la politique étrangère des États-Unis. Car, le rôle incontournable que les Américains avaient joué sur la scène mondiale depuis 1945 semble arriver à terme ? Jean-Baptiste Duroselle n'avait-il pas raison d’écrire en 1981’’ Tout empire périra‘’ ?

Bleck D Desroses/Professeur d’Histoire et de Géopolitique/christopher.bleckedward@gmail.com




Articles connexes


Afficher plus [1608]