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Identifier les membres les plus notoires des Gangs d’Haïti

Identifier les membres les plus notoires des Gangs d’Haïti



« L’objectif fondamental de la multiplication des Gangs en Haïti, à notre avis, a toujours été la destruction systématique de l’État de droit par l’instauration de l’impunité généralisée et le maintien du monopole économique par une oligarchie oppressive ».


L’État, même dans sa forme la mieux structurée, s’avère une usurpation consentie. Nous, la population formant la nation, confions les ressources du pays et la protection de nos vies à un groupe d’hommes et de femmes qui affirment pouvant les gérer convenablement pour notre bien-être collectif. Sous la forme embellie d’institutions déclarées nobles, ces hommes et ces femmes, les responsables de l’État, dissimulent leur présence, prennent pour ainsi dire le maquis en rendant la population responsable des malheurs qu’elle essuie au quotidien. Il ne s’agit pas seulement d’un jeu d’esquive, mais aussi et surtout d’une systématisation de l’impunité, d’une justification éhontée de la pauvreté, d’une pérennisation du statu quo et de la prévention calculée de l’émergence d’une nouvelle classe en matière de domination économique par le biais d’une compétition judicieuse. À prime vue, nous dépistons que « le mobile de l’action de l’homme en société est l’intérêt ». (Aussi longtemps que nous respectons les règles de la compétition, nous pouvons poursuivre nos intérêts sans léser ceux des autres). À cela s’ajoute le dicton de notre vernaculaire créole « gwonèg se leta ». (Cela sonne un peu trop proche de la cleptomanie). Nous constituerons les deux affirmations précédentes les deux axes ou les principaux critères de notre évaluation de ce que certains regardent comme la métamorphose de la société haïtienne en un bastion de Gangs se supplantant, subrepticement, à l’ordre constitutionnel établi de l’État haïtien. Cheminons ensemble à travers notre histoire et, plus précisément, nos pratiques politiques afin de dégager enjeux, aléas, facteurs, acteurs prééminents et acteurs événementiels formant la toile de fond de ce cauchemar sempiternel.

I. Bref Historique des Gangs en Haïti

Les Gangs ne relèvent pas d’une initiative individuelle. Leur origine se perd dans la lutte pour le monopole économique ayant pour but précis le pouvoir ou le contrôle du pouvoir politique. L’histoire des Gangs de New York, de Los Angeles, de Boston, de Paris, d’Italie, les Rois du crime de Moscou ou la Mafia russe, et j’en passe…, nous dévoile l’aspect planétaire de la question ou du problème des Gangs pour la société humaine en général. En tout premier lieu, corrigeons deux malentendus relatifs aux Gangs et qui tendent, de plus en plus, à s’imposer en vérité cardinale : (1) Les Gangs sont-ils une réaction antisociale émanant des pauvres ? Non. Il ne s’agit pas d’une initiative des pauvres et des désœuvrés ; (2). Les Gangs détiennent-ils une vision indépendante du statu quo ? Non. Les Gangs favorisent et servent à maintenir le contrôle politique. Expliquons les affirmations précédentes.

Les modes d’opération des Gangs requièrent un financement au départ. Les armes, les munitions, les moyens de transport exigent tous une source de financement. L’oisiveté, la cleptomanie facilitent le recrutement aisé des membres dans les quartiers défavorisés, mais les pauvres ne disposent pas de moyens pour administrer et maintenir le contrôle de ces cellules à grande portée criminogène.
2. Contrôle politique par les tiers.

Le profil idéal d’un membre de Gangs est un malfaiteur. Le malfaiteur emprunte les bras des ignorants et des désespérés pour accomplir une œuvre macabre qui, par un retournement du sort, s’avèrera directement préjudiciable pour ceux qui s’associent à lui. Ne pouvant ni réfléchir ni raisonner par lui-même, le désespéré obéit aisément aux ordres de quelqu’un d’autre sans s’informer de l’objectif et du but de ses actions, de l’entreprise commune. Une illusion charme son appartenance factice : l’amitié des soi-disant gens bien vus. Il verse dans le snobisme, s’identifie avec son oppresseur et s’acharne contre son propre avenir et contre celui des autres, des siens en particulier. Les considérations précédentes appartiennent au cadre de l’universel. Mais nous nous arrêtons sur le seuil de ce tour d’horizon qui rendrait notre travail fastidieux.

En Haïti, pour la toute première fois, le premier groupe à répondre parfaitement à la définition d’un Gang s’identifie au groupe ayant assassiné l’Empereur Jacques Premier, Le Grand. Le second groupe est celui de Jean Pierre Boyer débarquant dans le Nord et pillant la Maison Royale en emportant les trésors du Roi Henri Premier, Le Continuateur, sans que nul ne sache, jusqu’à ce moment où nous écrivons ces lignes, les motifs de ce débarquement ni ce qu’il advint de cette énorme fortune. Boyer te vòlò menm ajantri fanmi Wayal lan. Après quoi, nous avons le groupe des Frères Ardouin contrecarré par les Zenglen de Faustin Soulouque. Et la marche des hommes du Sud contre Port-au-Prince ayant à leur tête Louis Félicité Lysius Salomon dit le Jeune. Ou encore, le coup de François C. Antoine Simon. L’ironie demeure la lâcheté de nos historiens, incapables de rétablir l’image des fameux patriotes – Cacos et Piquets – qui, en dépit d’une lutte fratricide les opposants les uns aux autres, s’entendaient pour affronter ensemble et tenter de repousser l’occupation d’Haïti par les Américains. Viennent ensuite les Kamoken et les Tonton-Makout. Les Dechoukè, les Chimè, les Membres du FRAPH, les GNBistes, les Gangs peuplant l’arène politique d’aujourd’hui n’installent pas une nouveauté historique sous nos yeux. L’énumération précédente n’est pas exhaustive. Elle entend seulement marteler la permanence d’une présence perturbatrice tout le long de notre turbulente histoire.
II. Les Gangs comme origine plausible de l’État.

Nous avons déjà dit que le mobile de l’action de l’homme en société est l’intérêt. L’altruisme et le désintéressement côtoient la poésie. Point n’est encore besoin de nous demander si une action noble est possible en politique. Cela est donc cousu de fil blanc, l’altruisme épouse toujours l’allure d’un égoïsme exorbitant, mais déguisé sous l’éclat des remerciements reçus à cause de la satisfaction d’autrui. L’État aussi tire son origine de ce même principe d’exploitation mutuelle variant en gradation et en gravité selon le temps et les circonstances. Une parenthèse convenable nous découvre l’action des fameux Borgia dont la noblesse découle d’un pape de facto, Calixte III, ayant amassé, dans les conditions les plus douteuses que l’on sait, une fortune inestimable que le Vatican préserve ‘pieusement’. Voici ma définition préférée du vocable ‘État’ : l’ensemble des pouvoirs d’autorité et de contrainte collective que la nation possède sur les citoyens et les individus en vue de faire prévaloir l’intérêt général, ou, pour mieux dire, le bien public, le bien commun encore appelé res publica. Cette définition, pensons-nous, octroie gain de cause au Premier ministre actuel qui, par bonhommie ou par mégarde, a avoué l’inexistence pratique et légale de l’État haïtien dont il est, supposément, le chef. Or, si l’État, dans sa forme souhaitable, idéale, n’existe pas, il est plausible d’affirmer que ce qui se déroule dans notre arène politique résulte de la dissémination des membres de Gangs à travers toutes les institutions de l’État. Car, il faut bien le reconnaitre, le salaire se définit comme la récompense reçue pour un travail fourni de manière satisfaisante. Où est le travail ? Quelle est sa nature ? Donc, l’usurpation est palpable. L’État disparait sous l’effet des comportements contraires à sa nature, à sa vocation et à ses objectifs spécifiques. Comment expliquer le maintien du statu quo ?

III. Les Enjeux

En matière d’Administration publique, tout ce qui incarne l’État haïtien entre dans le cadre d’un risque. Un inventaire non exhaustif laisse entrevoir :

L’absence du pouvoir législatif ;

La nonchalance du pouvoir judiciaire ;

La quasi-commercialisation du quatrième pouvoir ;

La léthargie suicidaire de la population ;

Le dilettantisme pitoyable d’un Exécutif bicéphale.

Nous étonnons-nous encore de l’état actuel de la société haïtienne ? Le présent historique haïtien est-il sui generis ? Nous nous en doutons fort. C’est humiliant même de poser une telle question. C’est humiliant, mais c’est bon. Nous y reviendrons plus loin.

IV. Les Aléas

Nous vivons, en tant que nation, l’insaisissable aléatoire. Nul ne sait avec certitude le degré de culpabilité d’un acteur politique ou d’un fonctionnaire public. La surprise s’avère, souventes fois, renversante. Car, aux yeux de la Loi, les Gangs sont et devraient être une distraction passagère. N’attribuons pas une énorme valeur à ce qui est moralement, légalement et socialement nuisible. Autrement, Astrel Benjamin, Bòs Pent, Ti Bobo et consorts auraient été, aujourd’hui encore, les plus grandes et les plus graves menaces pour le pays. D’où la nécessité de nous attaquer aux mécanismes, à la dynamique et aux acteurs assurant le maintien de ce qu’il convient d’appeler, à juste titre, une abstraction de l’Étatde Droit et sa substitution par son exact contraire. (Il nous faut donc parvenir à identifier clairement et à déconstruire les rouages divers servant au maintien ce qui maintient le statu quo.) En outre, ce qui nous effraie le plus ne réside pas dans ce qui défraie la chronique politique et journalistique. Ces faits sont, toute proportion gardée, prévisibles dans une très large mesure.

En effet, le plus inquiétant vient du fait qu’un ministre de la justice s’acharnant contre l’injustice se soit lui-même vautré dans les plus inimaginables méfaits. Car la montagne noire de ses péchés recèle une maison, bien trop splendide, lui appartenant en propre sans que l’on ne sache la provenance des fonds ou l’arrangement malencontreux ayant servi à son acquisition. Et le privilège octroyé par son statut ministériel officiel sert-il à transporter une somme bizarrement élevée vers les banques de la Floride, seulement après environ quatre mois en fonction ? Qui sont les membres notoires des Gangs réels d’Haïti ? Et cet autre, épousant la forme du vase qui le contient, reprochant soudainement tout au président actuel alors que lui, membre des États généraux Sectoriels de la nation, conseiller sous-jacent du président actuel et ministre, sella récemment sa monture et entreprit sa propre petite caravane. Comme s’il ne savait pas déjà, à l’instar de tout le monde, que les infrastructures sportives n’existent nulle part à travers le pays ? Bien sûr qu’il le savait mieux que tout le monde ! Sa petite caravane à lui garantit, en un rien de temps, la justification des sorties monstrueuses de fonds. Pour rien. Car même les morts qui dorment au cimetière savent que l’argent destiné à ces infrastructures a été volé. Que nous apprend-il de saillant là-dessus ? Absolument rien. Par ailleurs, la sagesse d’Israël nous enseigne que celui qui parle constamment d’argent est un voleur. Convenons déjà, à partir des révélations précédentes, que les membres les plus notoires des Gangs les plus illustres d’Haïti ne résident pas à l’adresse soupçonnée par tous. Et c’est en s’armant de ce courage inflexible, exceptionnel qui nous préserve de la contagion collective que nous effectuerons une meilleure lecture de la réalité politique haïtienne. En ce sens, jamais nous ne transigerons ! Il ne fait aucun doute que les Gangs officiellement connus – ayant très peu de différence avec les Gangs d’officiels – ne sont pas une préoccupation pour les responsables actuels ; ils sont par contre créés pour devenir la préoccupation majeure de la population qui par ainsi perd de vue ses problèmes réels et, saisie de peur et plongée dans la confusion, lâche prise quant à son engagement patriotique. D’où le climat politique actuel.

V. Le climat criminogène et l’impunité

Il existe un élément moral fondamental à la notion de Gang qui se détache des généralités connues de tous : c’est la conscience. Dérivée de cum et de sciencia, la conscience en tant que restriction du préjudiciable et adhésion à ce qui est bénéfique pour soi-même et pour les autres, se définit ici comme une connaissance collective. Nous savons, par définition, que les Gangs sont des associations de malfaiteurs. Nous savons également qu’ils sont disséminés à travers la république. Nous savons, en outre, que les acteurs politiques, tant ceux du pouvoir que ceux de l’opposition, n’échappent point à une affinité quelconque avec les Gangs. Le nœud devient alors inextricable en raison de l’immixtion de tous à ce qui détruit la nation. C’est la seule explication péremptoire de l’impunité. Et celle-ci est la base irréfutable du pullulement des zones criminogènes dans le pays. Dans un pareil cas, la conscience citoyenne n’existe plus. La conscience tout court part en exil. Une aisance dans le mal prévalant partout s’étend passim et attire toutes les couches. La logique de la survie hic et nunc décourage même les plus vaillants. L’homme à la bourse pleine rit de la déchéance quasi irréversible d’Haïti. Plus grand le malheur du pays, plus étanche le clivage entre l’homme à la bourse pleine et le pays réel.

VI. a. Valeur tactique éphémère des Gangs

La vie nationale est jonchée de deux catégories d’événements : (1). La course naturelle de la vie sociale ; (2). Les manipulations événementielles en vue de réaliser un projet politique. Les Gangs appartiennent à la seconde catégorie. Ils ne sont ni essentiels ni utiles au déroulement harmonieux de la vie sociale. La présence des Gangs relève d’une tactique économique. Rendons-nous à l’évidence, les dépenses consenties en vue du fonctionnement des Gangs rapportent forcément des dividendes. C’est un investissement à court terme supportant une stratégie à long terme. Ce qui vient d’être dit est la définition classique d’une tactique. Lè vagabon kraze machin yon malere kiyès ki pwofite de sa ?Lè gang yo boule ti biznis yo kiyès ki vin pi pwisan ? Lè yo detwi lavi jenn fanm ak jenn gason yo avni kiyès ak espwa kiyès ki detounen ? Parallèlement, le constat ne totalise rien en matière de pertes pour l’homme à la bourse pleine. Pourquoi briser le roseau cassé ? Pourquoi éteindre le lumignon qui fume encore ? Et revient la question centrale : à qui va le profit dans tout cela ? Ainsi, un Gang comporte deux valeurs essentielles. Celle de la terreur. Et celle, plus terrible encore, de la prévention calculée de l’émergence d’une classe parallèle trottant vers l’autonomie ou plus souhaitable encore vers la domination économique. Reprenons en clair la substance des affirmations précédentes. Le Gang entre dans le cadre d’un projet plus vaste que ce que dénotent les apparences brutales. D’où sa définition comme une tactique. On renouvelle constamment les membres et le positionnement social d’un Gang. D’où le caractère aléatoire de sa présence sur la scène politique. Quelle est donc la valeur primordiale et intangible d’un Gang ?

VI. b. En quoi les Gangs favorisent-ils le maintien du monopole économique d’une oligarchie oppressive ?

En Affaire, l’intérêt se définit comme ce qui reste après la soustraction du coût total encore appelé prix de revient. Aucun investisseur ne s’embarquerait dans une aventure exigeant des débours sans qu’il n’aperçoive, à l’avance, l’intérêt qu’il en retirerait. Raisonnons ensemble. Le commerce et l’industrie échappent au contrôle de l’État haïtien. Cela veut dire que les tarifs sont fixés au gré des caprices des uns et des autres. La portée de cette absence de contrôle offre une opportunité aux commerçants soucieux de préserver leurs investissements. Au lieu de s’exposer à une éventuelle ruée populaire consécutive à l’insatisfaction générale et qui entraînerait sa banqueroute, l’investisseur crée un climat factice d’insatisfaction mal orientée. Il en résulte un contrôle absolu du terrain. Comment le savons-nous ? Si l’investisseur participe au recrutement des membres de ces cellules, il détient leur identification. S’il fournit les ressources nécessaires à leur fonctionnement, il devient un partenaire indispensable. Quel est le profit qu’il en tire ? La protection invariable de son lieu d’entreprise. Il ne perd rien. Il a tout à gagner. Car c’est de sa pochette supplémentaire de profits énormes qu’il jette aux membres des Gangs des centimes, conditionnellement. Il y a aussi le trafic des armes à feu et des munitions qui ne s’effectue pas continuellement de manière gratuite. Le caractère suicidaire des activités des Gangs, quels qu’ils soient, n’est plus à démontrer. C’est contre nous-mêmes que sont tournées les armes ! C’est dans nos poches que nous encaissons les charbons allumés ! C’est le pont assurant notre traversée vers le bien-être que nous consumons dans une rage mal placée ! Et pourquoi les éclats de rire devront-ils continuer à retentir, uniquement, à l’adresse inchangée des ennemis du peuple haïtien ?

VII. a. Portée politique des Gangs
Sur le plan politique, les Gangs assurent doublement la domination d’une oligarchie oppressive. D’une part, le monopole économique exercé par une oligarchie oppressive constitue un champ magnétique pour les aspirants politiques de toutes les couches et de toutes les idéologies. Le narcissisme des politiciens les enlise dans le filet tendu par l’investisseur. L’éclat des centimes aveugle les politiciens. D’autre part, la paresse caractéristique de presque tous les politiciens est compensée par l’enrôlement des brigades de Gangs occupant le terrain. En général, le politicien présente le profil d’un paresseux et d’un veule. En trouvant un terrain facile et une main-d’œuvre disponible dans les membres des Gangs, le politicien saute sur l’opportunité sans réfléchir à l’ampleur des désastreuses conséquences. Le plus incommodant dans tout cela réside dans le succès presque certain que produit l’association de l’investisseur et du politicien employant le service des Gangs dans le champ politique.

VII. b. Précarité et destruction systématique de l’État de droit en Haïti.
Proposition logique : Si l’argent et la terreur des Gangs garantissent l’élection à n’importe quelle fonction de l’État, la précarité atteint son climax. Serait-ce aussi la raison des moqueries les plus récentes affichées à l’issue des joutes électorales en Haïti ? Le décideur politique véritable, en Haïti, nous met-il en défi de le contrecarrer dans le choix qu’il effectue pour la nation entière ? Nous déclare-t-il, explicitement, que rien ni personne ne parviendra à s’opposer à la volonté de sa bourse redondante ? Notre léthargie, notre paralysie, notre fuite loin du réel politique et social équivalent-elles à un exil interne, à une démission citoyenne plénière ? Que sommes-nous devenus ? La nation a-t-elle déjà disparu ? Nos élans patriotiques vibrent-ils d’un lyrisme fébrile et sans effet véritable ? Accordons-nous gain de cause au règne du désordre absolu célébrant la fin de notre chant patriotique inachevé ?

Je ne sais pas si je suis ou pas prophète, ou fils de prophète. Je sais pourtant qu’un pays n’est pas soumis à la fatalité. Forgeons notre avenir en sortant de ce linceul historique que représente la conjoncture. Résistons à la convoitise que soulève le succès politique facile. Rédigeons une nouvelle page d’histoire pour nous-mêmes et pour nos enfants. Écartons-nous de la voie fratricide de l’intérêt immédiat et embrassons la fraternité. Assumons notre responsabilité dans le présent et croyons en nous-mêmes. Comptons sur nos propres efforts pour accomplir la tâche historique difficile qui nous attend. Choisissons la vie collective ! Choisissons Haïti !


Rabbi Yaakov Betzalel HaShalom Porte-des-Étoiles Kilometre 47, Thozin
Grand-Goâve, Haïtiryhshbbam1@gmail.com




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