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FC Barcelone-Real Madrid FC: un classico politisé !

FC Barcelone-Real Madrid FC: un classico politisé !



Le premier classico de la saison 2020-2021 entre le FC Barcelone et le Real Madrid aura lieu le 24 octobre 2020, au Camp Nou, à 10 h (heure haïtienne). L’occasion pour nous de revenir sur la rivalité catalane et espagnole au fil des décennies; élément incontournable des relations internationales dans le monde contemporain.


Le football et la politique

Le sport, spécifiquement le football, a toujours été une affaire d’État. La politique et le football ont toujours fait bon ménage grâce aux attributs planétaires de ce dernier. Si le football a pour ancêtre officiel le Tsu-chu.., sport pratiqué en Chine par le passé, sa paternité est attribuée à l’Angleterre, pays qui l’a modernisé.

Dès sa création, le football s’est mis à se disséminer à travers le monde. Devenant donc le premier sport à connaitre un engouement mondial. Rapidement, la politique s’en est emparée. Et a suivi rapidement la logique du concept de « soft power », qui se définit comme la capacité d’un État à influencer et à orienter les relations internationales en sa faveur par des moyens non coercitifs.

En ce qui a trait au football, considéré comme l’un des premiers éléments du « soft power », c’est à partir des années 30 et 40 qu’on pourrait déceler l’émergence d’une géopolitique du football. Et l’un des premiers à avoir instrumentalisé le football à des fins politiques c’est le général Francisco Franco, arrivé au pouvoir espagnol en 1939.

La main mise de Franco

Pas trop friand de football au début, il a constaté rapidement que le football pourrait être le socle sur lequel pourrait s’échafauder son discours populiste et unitaire. Il saisit d’abord l’opportunité de soutenir le club de l’Atletic Madrid, car ce dernier domine le championnat espagnol de 1939 à 1953. Et même après avoir œuvré pour le changement de nom de l’Atletic Madrid en « l’Atletico Madrid » il a abandonné rapidement ce dernier constatant son déclin et la montée en puissance du Real Madrid. Dès lors, le club de la capitale devint en quelque sorte un club rattaché au pouvoir.

En 1931, à la suite de l’avènement de la seconde république espagnole et de la dissolution de la monarchie, le Real Madrid a adopté le nom de « Madrid FC” et a enlevé la couronne dans son logo. Après 2 ans, soit après la guerre civile espagnole, il a repris le nom de Real Madrid en 1941.

Franco a donc réussi son pari. Car le Real Madrid brillait en Europe, porté par un grandissime Alfredo Di Stefano, qui remporte 5 titres de champion d’Europe. Ces exploits européens vont être utilisés par Franco pour valoriser son régime et montrer une image pacifiée et victorieuse de son pays et par conséquent le football devint un motif incitant à calmer les ardeurs politiques. Toutefois, l’opposition s’est toujours manifestée.

Le FC Barcelone au service de la Catalogne

En Europe les discours autonomistes et reflétant l’identité régionale ont toujours eu le football comme moyen d’expression. Le Barça a de ce fait toujours été dans toutes les revendications, d’abord la dictature de Primo Rivera et ensuite la dictature de Franco. De même que le club de l’Athletic Bilbao à toujours été le symbole des revendications basques. Donc, aux yeux des Catalans, le Real projette l’image d’un club vassalisé à l’époque.

Ainsi, Franco a soulevé la colère des Catalans en leur interdisant d’insérer le drapeau catalan dans les documents officiels ou encore de brandir leur drapeau lors des évènements.

De plus, en 1957, le ministre des Affaires étrangères de Franco, Fernando Maria Castiella a déclaré « le Real Madrid est le meilleur ambassadeur que nous n’avons jamais eu », a-t-il fait savoir. Cette prise de position reflète le parti pris ou l’instrumentalisation du club par les dirigeants de l’époque.

Néanmoins, il ne faudrait pas se leurrer, Franco n’avait dans les faits que faire du Real Madrid outil de propagande. Et en plus, malgré le fait que le FC Barcelone s’est toujours positionné comme opposant farouche au régime franquiste il n’en demeure pas moins vrai que Franco entretenait des relations avec certains membres du club. Il était ami par exemple avec Josep Samotier, joueur et dirigeant du FC Barcelone.

Franco s’est même vanté d’avoir une influence dans la signature de Laszlo Kubala, une légende du Club catalan. Il s’est introduit assez souvent dans les affaires internes du Real. À l’instar de Antonio Ortega, colonel de l’armée de la République, directeur général de la sécurité, qui a été désigné président du Real Madrid durant la Guerre civile et exécuté en 1939 par Franco.

À la chute du régime franquiste, la rivalité espagnole et catalane perdura quoique le roi Juan Carlos Ier, qui succède à Franco, est une personnalité politique beaucoup moins rude et contestée, et la Catalogne retrouve ses libertés sur le plan politique.

L’âge d’or du FC Barcelone

C’est dans les années 2000 que les verves indépendantistes vont impacter le club lorsque Joan Laporta, indépendantiste assumé, est élu président du club. Conséquemment, on assiste à une politisation du club. Plusieurs actions illustrent cet état de fait. D’abord: on enlève le drapeau espagnol du centre de formation (la Masia) pour être remplacé par le drapeau catalan.

Le nouvel équipement reflète aussi les couleurs du drapeau catalan, dans les contrats paraphés, on fait obligation aux joueurs d’apprendre le catalan et de s’intégrer à la culture catalane, et en plus le solgan « mes que un club » (traduit littéralement en français: plus qu’un club) va faire son petit bonhomme de chemin.

Les résultats vont s’en suivre, car le FC Barcelone a connu la période la plus noble de son histoire avec l’arrivée d’un entraîneur indépendantiste dans l’âme. Pep Guardiola. Il prend souvent plaisir d’aligner des joueurs exclusivement catalans dans son 11 de départ. Ce qui engendre un sentiment de satisfaction au peuple catalan en générale des motifs d’être fier et de penser beaucoup plus à un détachement de l’Espagne.

Le « business » club

Les présidents qui succèdent à Joan Laporte vont moins s‘adhérer aux élans passionnels indépendantistes, privilégiant ainsi la santé économique du club, tout en étant rattaché à l’identité catalane. Diverses raisons expliquent cette situation; d’abord dans un scénario où la Catalogne serait indépendante, ce qui voudrait dire l’exclusion des clubs catalans de la Liga (ligue espagnole). Ils seraient donc dans l’obligation de créer leur propre ligue. Nul besoin d’être devin pour savoir que l’attractivité et le statut du FC Barcelone en paieraient le prix. De plus, l’ensemble de ces évènements impacterait sérieusement le budget du club qui ne serait pas en mesure de recruter des cracks du ballon rond.

Lors de leur premier référendum en octobre 2017, les Catalans ont pris une gifle symbolique. Car, lors d’un déplacement à Madrid pour disputer une rencontre contre l’Atletico de Madrid, le président du club a incité les supporteurs à afficher le drapeau espagnol en signe de leur engagement à une Espagne unitaire.

À noter toutefois qu’une grande partie des supporteurs de l’Atletico de Madrid demeure attacher au régime franquiste, car l’Atletico de Madrid est la fusion entre le club Athletic et du club de « l’Aviaccion National »,qui est le club de l’armée de l’air de Franco.

Enfin, il est aisé de faire le constat qu’aux yeux des gens voulant une Espagne réunie, le FC Barcelone envoie l’image d’un club qui divise le pays. À l’heure actuelle les revendications politiques des Catalans sont presqu’au point mort, au point que le président catalan a été destitué pour avoir simplement réclamé la libération des prisonniers politiques catalans. Le FC Barcelone a vite réagi en exprimant sa solidarité dans un communiqué montrant une fois de plus l’image d’un club très engagé.

Jonathan Ménard




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