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Les classes surchargées, une entrave à la réussite scolaire des élèves en Haïti

Les classes surchargées, une entrave à la réussite scolaire des élèves en Haïti



Résumé

Depuis la fin du XXe siècle, le phénomène des classes surchargées à travers le monde, notamment en Haïti constitue un obstacle pluriel (social, psychologique, pédagogique...) pour l'émancipation et l'encadrement académiques des élèves. La prétention judicieuse d'une construction scientifique représentative de cette problématique au travers de quelques prismes théoriques ne s'avère pas simple, mais encore beaucoup plus complexe. Ainsi, aborder ce problème dans un degré ou un niveau académique restreint le rendrait-il peut-être peu ambivalent, mais pas totalement inambigu. De surcroît, il est superfétatoire de rappeler que l'intérêt pour cet objet de recherche s'amplifie dans le monde académique au regard de la crise sanitaire actuelle (le Covid-19). À l'occasion de notre étude sur les impacts polyscopes des classes surchargées sur l'encadrement multiple des élèves des 1er et 2e cycles de l'école fondamentale en Haïti, nous avons remarqué que la surcharge scolaire est l'un des indicateurs sérieux à prendre en compte pour la réussite scolaire des élèves. Ce qui implique que d'autres indicateurs comme le leadership du professeur, les stratégies d'enseignements, la disposition des mobiliers... peuvent compléter la liste. Ces résultats pointent du doigt les décideurs politico-académiques sur la nécessité de la démocratisation davantage de l'école, de l'utilisation de la carte scolaire et du respect inexorable du ratio élève/salle de classe.

1-Introduction

Loin de représenter un fait nouveau sur la planète terre, singulièrement dans le monde de l'éducation, la problématique des classes surchargées, appelée notamment le surpeuplement des classes, les effectifs pléthoriques est devenue aujourd'hui doublement urgente. Elle est urgente du point de vue éducatif par le fait que le phénomène implique l'échec scolaire, l'abandon scolaire, la démotivation des enseignants, l'absence d'encadrement pédagogique et d'autres paramètres pouvant influencer inversement le processus enseignement-apprentissage. Ainsi, Cécile Balla (2012) enseignante en sciences de l'éducation nous fait savoir que la problématique du surpeuplement des classes est en rupture totale avec les principes pédagogiques. Eu égard aux littératures produites sur l'importance et la nécessité d'assurer une éducation de qualité pour tous au travers les forums et congrès mondiaux d'ordre éducatif, et si l'on tient compte des innombrables impacts des classes surchargées sur l'enseignement-apprentissage de la génération montante, un diagnostic immédiat suivis des antidotes seraient les bienvenus aux fins de soulagement de cette patho-éducative. Aussi, faut-il souligner qu'hier et aujourd'hui encore la surcharge des classes constitue l'un des grands défis mondiaux en matière d'éducation de qualité.

Elle est urgente du point de vue sanitaire par le fait que le monde est sous la menace d'une pandémie délétère. Cette dernière apparue en décembre 2019 en territoire Chinois, la pandémie (Covid-19) est souvent et surtout connue pour sa capacité à être transmis facilement au grand groupe. À cet état de fait, les classes surchargées reviennent à la barre comme étant un sujet d'actualité et relancent automatiquement les débats cruciaux autour du nombre d'élèves que doit contenir une salle de classe. Faut-il souligner qu'en temps normal, l'Organisation des Nations unies pour la Science, l'Éducation et la Culture (UNESCO) encourageait un maximum de trente (30) élèves par classe afin de parvenir à un meilleur enseignement-apprentissage et un encadrement pédagogique adéquat. En effet, outre du fait que bon nombre de pays l'avaient expérimenté, contrairement, le nôtre avait boudé la décision en déterminant son effectif en fonction de ses places assises et sa propre réalité socio-éducative. Pouvons-nous en plus des limites pédagogiques de l'effectif pléthorique espérer un enseignement-apprentissage en pleine pandémie ? Quels mécanismes palliatifs les acteurs éducatifs (notamment les professeurs) devront adopter pour réduire l'impact des classes surchargées sur la réussite actuelle et ultérieure des élèves ? Aux fins de réflexions et propositions relatives à ces interrogations, nous tâcherons dans les lignes ci-dessous de présenter une vue représentative du milieu évolutif des élèves et enseignants en situation de surpeuplement. En sus, nous allons essayer de comprendre et d'analyser les impacts des effectifs pléthoriques sur l'enseignement-apprentissage des élèves en nous basant sur des données empiriques. Ensuite, nous allons identifier quelques causes liées à la surcharge des classes. In fine, nous terminons avec des recommandations et propositions relatives à la classe surchargée aux fins d'amélioration de l'enseignement-apprentissage et l'encadrement pédagogique des enseignés.

2- Cadre conceptuel et situation théorique.

En parcourant la littérature sur le sujet, nous mettrons en relation une kyrielle de concepts qui nous permettront de saisir bon nombre de faits éducatifs, singulièrement les classes surchargées. Étant donné que nous ne pourrons pas les définir tous (concepts) dans l’étude, nous avons jugé nécessaire de décrire avec clarté les plus pertinents d’entre eux afin d’éviter toute sorte d’ambigüité théorico conceptuelle.

Impact

Selon Le Grand Larousse illustré (éd. 2016, p. 611), impact vient du mot latin « impactus, de impingere » qui signifie heurter. Ce terme est l’effet produit par quelque chose ; l’influence exercée par quelqu’un sur quelque chose. Pour ce qui est des sciences de l’éducation, le terme impact désigne les effets positifs ou négatifs de l’apprentissage ou les conséquences qu’engendre l’utilisation d’un jeu sur les connaissances, les attitudes ou les habiletés psychomotrices du joueur. Dans notre étude, nous pouvons le définir comme l’influence qu’exercent les classes surchargées sur l’apprentissage et l’encadrement des élèves dans le milieu scolaire. À ce titre, nous pouvons ajouter également que le terme impact constitue le point d'orgue de la tentative de réduction de l’appréhension complexe du processus enseignement-apprentissage. De cette manière, au regard de la représentation plurielle de l’apprentissage allant de Gagné (1977) à Montpellier (1975), le concept impact peut sans nul doute considérer comme un paramètre révélateur de la nature interne et microscopique du processus enseignement-apprentissage dans l'espace scolaire. À cet effet, l’invisibilité (l'apprentissage) et la visibilité (impacts) rentreraient dans une perspective de co-facilitation des évaluations afin d'agir sur l’encadrement des apprenants.

Classes surchargées

Juste avant de définir d’un seul trait les classes surchargées, il nous incombe d’abord de définir les deux concepts (classe et surcharge) de façon séparée. Selon Le Grand Larousse illustré (éd. 2016, p.258), le terme classe vient du mot latin ‘’classis’’, qui signifie groupement de citoyens. Donc, c’est un groupe, un ensemble de choses, de personnes ayant des traits communs. Par ailleurs, le terme surcharge traduit un surplus de poids ou l’imposition d’un poids supplémentaire excessif. Dans le cadre de notre étude, les classes surchargées sont définies comme étant une série de classes qui contient une quantité d’élèves supérieure par rapport aux normes internationales exigées. En effet, par rapport à la réalité sanitaire actuelle, la surcharge scolaire est devenue jour après jour une préoccupation grandissante. Elle occupe graduellement le quotidien haïtien plus que jamais. Cependant, pour contrecarrer de nos jours ce phénomène à la fois socio-éducatif et sanitaire, les moyens utilisés par les différentes catégories des écoles constituent l'expression physique et macroscopique des inégalités dans la sphère éducative haïtienne.

Apprentissage

Selon Le Grand Larousse illustré (éd. 2016, p.94), l’apprentissage est le processus d’acquisition, par un animal ou un être humain, de connaissances ou de comportements nouveaux, sous l’effet des interactions avec l’environnement. Ce dernier vient du verbe «apprehendere» qui signifie saisir, s’emparer, acquérir, il est un processus fondamental de la vie humaine. Dans le domaine des sciences de l’éducation, l’apprentissage est la modification durable du comportement. C’est un changement de comportement dû à l’acquisition de nouveaux savoirs, de nouvelles connaissances et de nouvelles expériences (Schroder, 1967). Pour ce qui est de ce travail de recherche, le terme apprentissage a été choisi spécialement en vue de protéiner épistémologiquement cette étude. Autrement, on ne saurait pas cerner le caractère multidimensionnel (historique, social, psychologique, etc.) des effets de la surcharge scolaire en dehors du procédé apprentissage.

Encadrement

D’après le Larousse illustré (éd. 2016, p. 430), l’encadrement est l’action d’encadrer quelque chose, quelqu’un, ou un groupe. Autrement dit, c’est assurer auprès des personnes un rôle de direction, de formation en vue de les conduire sur la voie du succès et de la réussite. Le terme encadrement vient du verbe « encadrer » qui signifie se tenir de part et d’autre de quelqu’un pour garder, maintenir un groupe dans certaines limites. Dans le cadre de notre étude, l’encadrement peut se définir comme le fait de réunir toutes les mesures, les conditions nécessaires destinées à favoriser la réussite scolaire des élèves tout en leur fournissant un accompagnement adapté à leurs besoins et pour qu’ils parviennent à développer leur propre autonomie. Néanmoins, en partant de cette approche, l’encadrement est considéré jusqu’à date comme une pierre de scandale pour le système éducatif haïtien. À ce titre, les théories prouvent que l’absence de contrôle, de surveillance et de réglementation sont les choses les mieux partagées entre les écoles en Haïti (publiques, laïques, protestantes, communautaires, communales, etc.). En effet, la plupart des écoles échappent à la direction de l’organe administratif supérieur de l'éducation (MENFP). Ainsi, 94 % de la scolarisation préscolaire (MENFP, 2015), 77 % de la scolarisation fondamentale (DPCE/MENFP, 2016), 79 % de la scolarisation du secondaire sont l’apanage exclusif des écoles non publiques (DPCE/MENFP, 2017). De surcroît, faut-il préciser que : le nombre d’écoles non publiques non accréditées en Haïti s’élève à 75 % (plan refondation Haïti, p.16). En effet, le concept d’encadrement dans la sphère éducative haïtienne est un concept problème, et non un concept solution, c’est-à-dire, un moyen facilitant la réussite scolaire des apprenants.

Ratio enseignant/élèves

C’est le rapport ou encore le pourcentage d’enseignant par élèves utilisé à des fins d’évaluation. Toutefois, ce rapport s’inscrit inéluctablement dans une démarche multidimensionnelle (éducative, historique, sociale, psychologique…), c’est-à-dire, il varie en fonction de la représentation éducativo-culturelle dans laquelle il émerge.

Ratio élèves/classe

C’est le rapport ou encore le pourcentage du nombre d’élèves par classe, utilisé à des fins d’évaluation. Cependant, il est à préciser que la limite varie d'un pays à l'autre.

École fondamentale

C’est une école constituée de neuf classes, réparties en trois cycles d’enseignement : premier cycle (4 ans) ; deuxième cycle (2 ans) et troisième cycle (3 ans). Elle a pour objectif de permettre à l’enfant de :

-Assimiler des connaissances générales, scientifiques et techniques en vue de développer ses capacités d’apprentissage et d’adaptation aux nouveaux domaines d’études.

-Maitriser les instruments essentiels de communication.

-Développer les facultés d’observation scientifique, d’analyse, de synthèse ainsi que l’esprit critique et le sens d’initiative.

-Se familiariser avec le monde du travail et se préparer à la vie active (Bernard, 1979).

École congréganiste

C’est une école dont la direction et l’administration sont tenues par une congrégation religieuse reconnue, soit en leur propre nom, soit au nom du MENFP (PDEF, 2019).

École nationale

C’est une école dont la direction et l’administration relèvent de l’Etat ou d’une congrégation religieuse avec l’approbation de l’Etat (PDEF, 2019).

École privée

C’est une institution scolaire qui regroupe des écoles financées par des fonds privés et gérés par un ou des particuliers (laïcs, religieux), dont la scolarité peut-être payante ou non payante (PDEF, 2019).

3- Cadre méthodologique

Cette partie du travail nous place en présence de son cadre méthodologique, qui selon Paul N’Da (2015), « consiste à préciser la façon dont l’étude doit être résolue, piégée par des activités et des instruments permettant d’arracher quelques parcelles de vérité ». Raison pour laquelle nous avons jugé nécessaire de procéder à une enquête visant 42 enseignants et 3 chefs d’établissements scolaires dans la commune de Port-au-Prince aux mois d’août et septembre 2020 afin de rassembler des données pouvant aider à mieux appréhender le phénomène des classes surchargées qui représente un défi de taille pour tous les systèmes éducatifs mondiaux, notamment le nôtre qui malheureusement est perçu comme prépharaonique ou encore dépassé. En effet, cette enquête que nous avons menée est le fruit de 10 entretiens semi-directifs et de 15 séances d’observation qui nous ont permis d’explorer les liens existant entre les facteurs qui peuvent influencer de façon négative le processus enseignement-apprentissage des apprenants en milieu scolaire. Par conséquent, nous avons opté pour une recherche qualitative qui, à notre avis, convient le mieux au travail parce qu’elle permet de réunir des données verbales acquiesçant à une démarche interprétative. Autrement dit, elle est descriptive, se centralise sur des interprétations et facilite une appréhension meilleure de l’influence ou encore de l’impact des classes surchargées sur l’apprentissage et l’encadrement des élèves de l’école fondamentale.

Notons que la technique la plus utilisée au cours de cette recherche est l’observation participative qui nous a permis non seulement de juger le comportement des observés, mais aussi de prendre part activement dans les différentes séances réalisées. Donc, nous étions partie prenante du processus pour pouvoir mieux analyser et appréhender les faits constatés. Par ailleurs, deux instruments ont été d’une grande pertinence dans nos démarches : une grille d’observation préparée à l’intention des observés et un questionnaire servant de guide dans les entrevues. À travers ce questionnaire, des questions ouvertes ont été formulées majoritairement. Elles ont permis aux participants.es d’exprimer librement leur pensée et de faire mention notamment des informations jugées pertinentes. Voilà pourquoi, une dernière question a été réservée dans le questionnaire à ce sujet. Ajoutons pour clore l’étape méthodologique du travail que plusieurs jours ont été consacrés au traitement des informations recueillies lors de l’enquête pour lire et relire tous les résultats obtenus de manière à bien saisir les réponses de chaque enquêté et prendre du coup leurs remarques en considération.

4- Résultats

Juste avant de prendre connaissance des résultats du travail, soulignons que l’étude a été menée auprès d’une population-cible composée d’enseignants.es et de chefs d’établissements répartis dans trois écoles de la Place. Par ailleurs, ces groupes de personnes ciblés sont ceux qui nous ont aidés à comprendre le phénomène scientifiquement parlant.

Répartition des enseignants.es et des chefs d’établissements par école

Écoles Enseignants.es Pourcentage(%) Chefs d’établissements Pourcentage(%)

École X 24 57,142% 1 33,33%
École Y 12 28,571% 1 33,33%
École Z 6 14,285% 1 33,33%
Total 42 99,99~100% 3 99,99~100%

Hâtivement, ce tableau nous montre que l’École X a une plus grande population qui a pris part dans l’étude : sur une quantité de 42 enseignants, 24 d’entre eux viennent de l’établissement en question et ils représentent une proportion de 57,142 %. Par ailleurs, les 18 autres surviennent de l'école Y et de l’Ecole Z. Ces deux établissements partagent respectivement les proportions suivantes : 28,571 % et 14,285 %. En ce qui concerne les chefs d’établissements, on a obtenu normalement un pourcentage équivaut à 33,33 % pour chaque école.
Répartition des élèves par salle de classe dans les trois écoles:

Classe d’enseignement Nombre d’élèves Pourcentage(%) Nombre de classe Pourcentage(%)

1re AF 189 13,8% 4 13,33%
2e AF 233 17,01% 5 16,66%
3e AF 246 17,96% 5 16,66%
4e AF 237 17,31% 5 16,66%
5e AF 201 14,6% 5 16,66%
6e AF 263 19,21% 6 20%
Total 1369 99,89%~100% 30 99,97%~100%

Les données présentées dans ce deuxième tableau font état de la répartition des élèves par salle de classe dans les trois écoles qui sont au nombre de 1369 suivant les données obtenues. Parmi ces effectifs pléthores, nous avons constaté que 189 sont en première année fondamentale, 233 en deuxième année fondamentale, 246 en troisième année fondamentale, 237 en quatrième année fondamentale, 201 en cinquième année fondamentale et 263 en sixième année fondamentale. Leurs proportions sont successivement présentées ainsi : 13,8 % ; 17,01 % ; 17,96 % ; 17,31 % ; 14,6 % ; et 19,21 %. Par ailleurs, ces élèves, répartis dans 30 salles de classe sont présentés sous les proportions suivantes: 13,33 % pour la 1re année fondamentale; 16,66 % pour la 2e, 3e, 4e, et 5e année fondamentale ; et 20 % pour la 6e année fondamentale. Ces résultats ont démontré que la classe de sixième année regroupe plus d’apprenants contrairement aux autres salles. Néanmoins, il faut souligner le fait que ces apprenants sont repartis dans six salles de classe, soit la plus importante distribution des élèves.

Description de l’ambiance de la salle de classe

Question No 1 Position des enseignants.es Total %

Bon % Assez bon % Mauvais %

Ambiance de la salle de classe 30 71.42% 8 19.04% 4 9.52% 42 99.98~100

Total 30 71.42% 8 19.04% 4 9.52% 42 99.98~100

Par rapport à l’ambiance qui règne dans les salles de classe, 71.42% des enseignants.es affirment qu’elle est bonne. Par contre, 19.04% estiment plutôt qu’elle est assez bonne. Pour finir, les 9.52% estiment qu’elle est mauvaise. Par conséquent, la proportion de 71.42% est en première position.

Évaluation de l’effectif de la classe

Question No 2 Position des enseignants.es Total %

Élevé % Normal %

Effectif de la classe 25 59.52% 17 40.47% 42 99,99~100%

Total 25 59.52% 17 40.47% 42 99,99~100%

Selon les données exposées dans le tableau, sur 42 réponses, 59.52 % des enseignants.es affirment que l’effectif de leur classe est élevé et 40.47 % mentionnent que l’effectif est normal. En conclusion, il y a plus de classes qui comportent des effectifs élevés.

Influence de l’effectif/classe sur l’apprentissage des enfants

Question No 3 Position des enseignants.es Total %

Oui % Non %

Ratio enseignant/élèves 31 73.8% 11 26.18% 42 99.98~100%

Total 31 73.8% 11 26.18% 42 99.98~100%

Sur 42 réponses des enseignants.es, on obtient un pourcentage de 73.8 % qui affirment que le ratio enseignant/élèves peut influencer l’apprentissage des enfants. Et pourtant, les 26.18 % autres estiment que le ratio ne peut pas influencer l’apprentissage des enfants.

Tableau relatif à l'encadrement des élèves

Question No 4 Position des enseignants.es Total %

Oui % Non %

Encadrement des élèves 27 64.28% 15 35.71% 42 99.99~100%

Total 27 64.28% 15 35.71% 42 99.99~100%

D’après les données du tableau, sur 42 réponses recueillies des enseignants.es, 64.28 % affirment qu’il est possible d’encadrer les élèves tandis que 35.71 % avancent qu’il est impossible de les encadrer.

Modes d’évaluation correspondant à la classe

Question No 6 Position des enseignants.es Total %

Sommative % Formative %

Modes d’évaluation 22 52.38% 20 47.61% 42 99.99~100%

Total 22 52.38% 20 46.61% 42 99.99~100%

Selon les données du tableau, 52.38 % des enseignants.es avancent que c’est l’évaluation sommative qui correspond le mieux à leur effectif de classe tandis 46.61 % affirment que c’est l’évaluation formative qui leur correspond le mieux.

Gestion du comportement des élèves

Question No 7 Position des enseignants.es Total %

Bien % Assez bien % Difficilement %

Gestion du comportement des El. 18 42.85% 14 33.33% 10 23.8% 42 99.98~100%

Total 18 42.85% 14 33.33% 10 23.8% 42 99.98~100%

En matière de gestion de comportement des élèves, sur 42 enseignats.es, 42.85 % gèrent bien le comportement des élèves ; 33.33 % le gèrent assez bien et 23.8 % le gèrent difficilement.

Description de la participation des élèves dans les cours

Question No 8 Position des enseignants.es Total %

Bien % Assez bien % Faible %

Participation des élèves 20 47.61% 12 28.57% 10 23.8% 42 99.98~100

Total 20 47.61% 12 28.57% 10 23.8% 42 99.98~100

Concernant la participation des élèves dans les cours, sur 42 réponses obtenues, 47.61 % des enseignants.es décrivent bien la participation des élèves ; 28.57 % la décrivent assez bien et 23.8 % la décrivent faiblement.

5- Propositions et recommandations

À quoi bon de révéler une partie de l’obscurité du système éducatif Haïtien si le but n'est pas de proposer un brin de lumière ? Ainsi, juste avant de procéder à la conclusion finale du travail, nous avons jugé nécessaires de faire quelques propositions et recommandations afin de mieux orienter les acteurs qui œuvrent dans le secteur éducatif en Haïti. En voici nos propositions et recommandations :

1- Nous devons encourager une meilleure implication des parents dans la vie scolaire de leurs progénitures. En d’autres termes, les parents doivent être au parfum des écoles de qualité dans leurs zones respectives.

2. Il est capital de faire usage de la carte scolaire pour réduire les classes surchargées. Ainsi, les apprenants ne seront pas obligés de parcourir des kilomètres pour aller à l’école et recevoir du coup une éducation de qualité.

3. Généralement, les institutions haïtiennes passent à côté de leur mission. Nous estimons qu’il est prépondérant pour la direction de génie scolaire de prendre ses responsabilités en main et d’élaborer des normes spécifiques à l’effectif d’élèves par classe.

4. Nous proposons de revoir la superficie de la salle de classe afin de permettre aux enfants d’apprendre dans de meilleures conditions. Ainsi, nous encourageons également le respect scrupuleux du ratio élèves/classe dans tout le système.

5. Le MENFP doit s'assurer que toutes les écoles offrent une éducation de qualité d'enseignement en respectant les normes afin que les apprenants ne soient pas obligés de partir de loin pour avoir accès à un enseignement de qualité.

6. À l’instar du professeur Yves Roblin (2017), nous pensons que dans les milieux où l'État ne peut pas implanter des écoles, il peut avoir une entente avec le privé dans le sens qu'il achète des places surtout dans les écoles où l'on retrouve des salles à moitié vide. Il peut opter aussi pour l'analyse cout-bénéfice, au lieu de construire, il donne des bourses scolaires.

Toutes nos propositions et recommandations doivent passer nécessairement par le renforcement de l’inspectorat. Si les inspecteurs ne font pas leur travail, il sera difficile aux responsables d’intervenir sur les problèmes insidieux du secteur.

6- Conclusion

Comme l’illustre cette recherche, le phénomène des classes surchargées rentre dans une perspective diversifiée de facteurs à prendre en compte liés à la réussite scolaire des élèves. Ce phénomène est ancré dans un réseau labyrinthique d'indicateurs susceptibles d’engorger l'encadrement des élèves. Néanmoins, à la périphérie de l’encadrement requièrent impérieusement d’autres aptitudes du professeur ainsi que l'implication d’autres acteurs du système éducatif haïtien. Ainsi, dans la dynamique d’apporter quelques éléments de réponse au phénomène des classes surchargées en Haïti, nous avons été amenés à réaliser des recherches sur la question afin d’envisager des mesures pouvant réduire considérablement ce fléau socio-éducativo-sanitaire. Alors, nous nous sommes servis d’une population d’étude composée d’enseignants-es et de chefs d’établissements afin d’atteindre nos deux objectifs : 1- Comprendre et analyser les enjeux des classes surchargées sur l’apprentissage et l’encadrement des élèves. 2- Etudier les impacts du ratio enseignant/élèves sur l’apprentissage et l'encadrement des enfants. En partant des découvertes, la surcharge scolaire est comme l'expression d’un nœud gordien pour la gestion de la salle et l'accompagnement individuel des élèves. Cela n’empêche que l'encadrement des élèves laisse place à d’autres paramètres différents de l’effectif des classes. À ce titre, il faut avancer que les classes avec moins d’élèves sont mieux encadrées que les autres classes. Malgré les limites et les difficultés rencontrées au cours de notre travail, nous pensons qu’il serait intéressant d’étendre cette étude à une plus grande population afin que les résultats obtenus soient mieux représentés. Notons que nous avons fait quelques propositions et recommandations au terme du labeur en vue d’aider les responsables à mieux appréhender la question. Nous espérons qu’elles seront prises en compte et qu’elles permettront de réagir autrement face à ce phénomène. Il n'en reste pas moins que notre article constitue une modeste contribution par rapport au dénouement éducativo-épistémique de la surcharge scolaire, néanmoins, nous espérons qu’il contribue au relancement pressant de la problématique des classes surchargées au cœur des débats académiques en Haïti.

Biondy CAPITAINE
César METELLUS
Quindy FRANCIUS


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□ Les noms des trois institutions (des écoles) sont restés dans l'anonymat en raison du respect scrupuleux de notre accord de confidentialité. □

Biondy CAPITAINE : Professionnel de l'éducation, Étudiant en master et enseignant au niveau du secondaire rénové.

César MÉTELLUS : Étudiant-finissant en sciences de l'éducation (uniQ) et étudiant en sciences politiques (UEH).

Quindy FRANCIUS : Étudiant en sciences de l'éducation, Enseignant et coordinateur Edupam/Forum Débat.




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