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Prévention, sensibilisation et engagement dans la lutte contre le VIH-SIDA : un appel à la jeunesse haïtienne

Prévention, sensibilisation et engagement dans la lutte contre le VIH-SIDA : un appel à la jeunesse haïtienne



Apparu entre les années 1920 et 1950 en République Démocratique du Congo (RDC), plus précisément à Flamber à Kinshasa, le sida est devenu un tournant dans le monde que personne ne doit ignorer (Sophie Lhuillier, 2016). Selon la chercheuse Martin Peeters, le VIH provient du virus de singe — virus de l’immunodéficience simienne (VIS). En 1989, des VIS identiques aux souches M et N ont été remarqués chez des chimpanzés au Cameroun. En 2015 d’autres, semblables aux souches P et O ont été retrouvés chez des gorilles [1]. Par morsure, par contact sanguin lors du dépeçage de ces animaux ou par la consommation, l’homme a attrapé le virus. De l’Afrique en particulier Cameroun, Gabon et RDC, le VIH s’est propagé à travers le monde, d’où aujourd’hui la pandémie du sida.

Selon les données de l’OMS (2020), plus de 78 millions de personnes ont déjà contracté le VIH en moins de 30 ans. En Haïti, 160 000 personnes vivaient avec le VIH au cours de l’année 2018 (MSPP, 2019). En effet, nombreux sont les efforts consentis en vue de mettre fin à cette maladie. Par exemple, l’augmentation des tests de dépistage, l’accès aux traitements et aux soins, la prise en charge des personnes affectées par le sida et l’adoption d’un plan stratégique mondial du secteur de la santé contre le VIH 2016-2021 défini dans le cadre du programme visant à éliminer le sida en 2030 ont été mis au point. Cependant, en dépit de tous ces efforts, l’épidémie persiste. En 2019, 690 000 décès liés au virus et 1,7 million de nouvelles infections ont été enregistrés dans le monde (OMS, 2020). En Haïti, de janvier à décembre 2018, 7 300 personnes ont contracté le VIH et 2 700 personnes sont décédées d’une maladie liée au sida au cours de cette même période (MSPP, op cit). À côté de cela, s’ajoutent la discrimination et la stigmatisation des personnes touchées par le virus. Ainsi, la santé publique est gravement menacée. Face à ce problème, quelles sont les solutions envisagées ? Ces dernières constituent notre principale préoccupation. Ce faisant, nous aborderons ce sujet en trois (3) points suivants : les effets et conséquences du VIH, la riposte au virus et la nécessité d’implication de tout le monde en particulier les jeunes en Haïti.

Effets et conséquences du VIH

L’ampleur du VIH est hautement considérable. Plus de 33 millions de décès ont eu lieu et le nombre de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) était estimé à 38 millions dans le monde en 2019 (OMS, 2020). En Haïti, la situation sanitaire est tendue également. Toutefois durant cette décennie, l’on assiste à la diminution des effets du virus. Par exemple, le nombre de décès est passé de 4 900 en 2010 à 2 700 en 2018, soit une baisse de 45 % (Haïti ONUSIDA, 2020). Durant cette même période, le nombre de nouvelles contaminations a chuté de 17 %, soit de 8 800 à 7 300 nouvelles contaminations (MSPP, 2019). Également, le nombre de personnes qui ont connu leur statut sérologique a atteint la barre de 77 %. Environ 64 % des PVVIH étaient en train de recevoir un traitement antirétroviral.

Le VIH touche une bonne partie des jeunes, en particulier les populations clés [2]. En 2015, pendant que le sida a connu une baisse en Haïti soit 2,2 % chez la population en général, la séroprévalence a augmenté chez les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HARSAH), soit 18,1 % et chez les travailleurs de sexe, soit 8,4 % (Claude Bernard Sérant, 2015). Selon les derniers chiffres avancés, les femmes représentent 58 % des PVVIH. Parmi les personnes qui sont nouvellement contaminées, les jeunes femmes constituent 61 % et la prévalence du VIH est de 2 % chez les adultes entre 15 et 49 ans (Haïti ONUSIDA, 2020). Par ailleurs, toujours est-il qu’une bonne partie de la population n’a pas accès aux informations et aux compétences nécessaires pour prévenir le VIH. En Haïti, seulement 37,3 % des hommes et femmes âgés de 15 à 24 ans étaient capables d’identifier convenablement les moyens de prévention contre la transmission par voie sexuelle du VIH en 2018 (Haïti ONUSIDA, ibid).

En fait, les populations touchées par le VIH font face à de sérieux problèmes. Tout d’abord, elles sont marginalisées, discriminées, voire stigmatisées. Les populations clés sont les plus grandes victimes en ce sens. Elles connaissent un double mépris. Non seulement elles sont méprisées pour l’atteinte du virus, mais une indifférence est marquée envers elles pour leur statut (homosexuels, bisexuels, transgenres, travailleurs du sexe, etc.). Ensuite, la situation économique d’Haïti comme pays à revenu faible a des impacts sur la vie des PVVIH même si la plupart de ces derniers sont pris en charge. En outre, connaissant les crises sociopolitiques qui surgissent en Haïti, la vie de ces gens est encore mille fois exposée au péril. À titre d’exemple, l’on peut prendre le cas du pays lock. Au cours de cette période, les personnes vivant avec le VIH étaient en grandes difficultés pour suivre leur traitement à l’hôpital. Et, l’année dernière (2020), la situation a été encore plus compliquée avec la Covid-19. Cette dernière a augmenté les difficultés d’accès aux soins de santé chez la population en particulier les PVVIH. De plus, en raison des conditions de vie des personnes touchées par le VIH, plusieurs autres groupes d’individus deviennent vulnérables et sont exposés à un risque accru d’infection au VIH. Une telle situation ne fait que d’empirer la vie d’une partie de la population et menace la vie du reste.

Riposte au virus

Nombreux sont les efforts qui sont consentis dans la lutte contre le VIH à travers le monde. 68 % des adultes, 53 % des enfants et 85 % des femmes enceintes et allaitantes vivant avec le VIH dans le monde avaient accès au traitement antirétroviral en 2019 (OMS, 2020). En Haïti, sur 160 000 PVVIH, 123 200 ont été diagnostiquées, 103 400 personnes recevaient le traitement au 30 juin 2019, près de 58 845 ont un résultat de charge virale (MSPP, 2019). Des services de dépistage sont mis à la portée de la majorité de la population haïtienne. Des moyens de prévention sont mis au point. Lesquels moyens sont entre autres l’utilisation du préservatif masculin ou féminin, le dépistage et conseil pour le VIH et les IST, la circoncision médicale volontaire de l’homme, l’utilisation d’antirétroviraux pour la prévention (prophylaxie pré-exposition, prophylaxie post-exposition). Nonobstant ces avancées, beaucoup de personnes touchées par le VIH n’ont jamais réalisé un test et continuent à transmettre le virus. Nombreux sont ceux qui ignorent les moyens de prévention. Donc, l’on est présence d’une riposte non proportionnelle à l’ampleur de l’épidémie, d’où l’obligation de la mise en œuvre des actions plus concrètes et adaptées afin d’obtenir des résultats plus performants.

Nécessité d’implication de tous les acteurs en particulier les jeunes haïtiens

Tenant compte de la non-proportionnalité de la riposte au VIH, l’implication de tous les acteurs s’avère nécessaire. Un plan national adapté et intégré dans un plan mondial approprié dégageant une vision globale doit être élaboré. Celui-là doit prendre en compte l’implication de tous les acteurs (État, Collectivités territoriales, bailleurs de fonds, société civile, formateurs, adultes, jeunes, enfants, etc.). Axé sur le développement durable, ce plan fera appel à la mobilisation des éléments nécessaires (responsabilité de la part de chaque acteur, une équité sociale et une économie adéquate) afin d’atteindre l’objectif visé qui est l’éradication de l’épidémie d’ici à 2030. De plus, des stratégies favorisant la valorisation des droits humains doivent être indiquées dans ce plan. Celles-ci peuvent être de toutes sortes comme la remise des marques honorifiques à l’égard de ceux qui œuvrent dans la lutte contre la discrimination et la stigmatisation des personnes touchées par le VIH.

En particulier, les jeunes haïtiens ont leur rôle à jouer dans la lutte contre le VIH-SIDA. Ce faisant, ils doivent commencer par appliquer de manière individuelle les méthodes de prévention usuelles telles que l’utilisation constante des préservatifs, le dépistage pour le VIH et les IST, une seule utilisation ou un usage personnel des instruments tranchants (aiguilles, seringues, etc.) et d’autres matériels d’injection. Ensuite, les jeunes ayant reçu une formation adéquate peuvent réaliser des campagnes de formation dans tout le pays pour ceux qui ignorent le VIH-SIDA voire ses conséquences. Ces campagnes pourront être réalisées à travers la télévision, la radio, les écoles, les églises et autres institutions. En outre, chaque jeune haïtien doit avoir pour obligation de sensibiliser d’autres jeunes dans les milieux qu’ils fréquentent.

En somme, le VIH constitue une menace pour la santé publique. En dépit des efforts consentis, il continue à avoir de graves conséquences sur la vie humaine. Telles sont entre autres les décès, le mépris des droits humains, la stigmatisation, la discrimination à l’égard des personnes touchées par le VIH. Ainsi, il reste de nombreux efforts à faire si l’on souhaite réellement l’élimination du sida d’ici à 2030. Pour atteindre cette cible, il est indispensable que nous agissions ensemble, d’où la nécessité de la solidarité commune et de la responsabilité partagée. Un engagement total de la part de tous les acteurs nationaux et internationaux est essentiel. La mondialisation comme facteur contribuant à la propagation du VIH, est également un outil important dans la lutte contre celui-ci. La solidarité commune et la responsabilité partagée dans la lutte contre la pandémie doivent être prônées dans les relations et les échanges socioéconomiques qui se font à travers la planète. L’accès à l’information doit être à la portée de tout le monde. Des campagnes de formation et de sensibilisation doivent être réalisées. Également, les jeunes haïtiens doivent être impliqués sérieusement dans la lutte contre le VIH-SIDA, car leur participation se révèle nécessaire.

Nous, défenseurs des droits humains et citoyens responsables, continuons à écrire des textes, participerons à des conférences, des émissions à la télévision et à la radio dans le but de sensibiliser les jeunes sur la problématique du VIH-SIDA. Également, nous les informons sur les méthodes de prévention afin qu’ils puissent se protéger. Bref, le moment est venu où chacun a le devoir de soutenir qu’il est profondément dans la vie de l’autre, dans la vie commune.

Whitchler-Junior JEAN-PIERRE
Défenseur des droits humains
Contact : whitchler@gmail.com

Notes
1- En fait, il existe deux (2) familles de VIH, le VIH-1 et le VIH-2. Pour les chercheurs, le VIH-1 est à l’origine de la pandémie sida. Issu des VIS transmis du singe à l’homme au moins quatre (4) fois, le VIH-1 est composé de quatre (4) groupes : M, N, O et P (Sophie Lhuillier, 2016).

2- Les populations clés sont définies comme les groupes d’individus qui comportent les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les transgenres, les personnes détenues en prison et dans d’autres milieux fermés, les consommateurs de drogue injectables, les travailleurs du sexe et leurs clients. Ces individus sont exposés à un risque accru d’infection au VIH et de sa transmission (OMS, 2016).

Bibliographie
Lhuillier, S. (2016). « Origine du VIH, origine de l’épidémie » in Transversal, No81. Entretien réalisé avec Éric Delaporte, médecin-chercheur infectiologue et directeur de l’unité de Recherches translationnelles sur le VIH et les maladies infectieuses de l’Institut de recherche pour le développement et de l’Inserm à Montpellier.

Ministère de la santé et de la population/Programme national de lutte contre le sida (MSPP/PLNS). (2019). Bulletin de surveillance épidémiologique VIH/Sida. No20.

Organisation mondiale de la Santé (OMS). (2016). Stratégie mondiale du secteur de la santé contre le VIH 2016-2021 vers l’élimination du sida. Suisse, Genève : Département VIH, OMS. URL : www.who.int/hiv
OMS. (2020). « Principaux repères sur le VIH-sida » in Site de l’OMS, site mondial. www.who.int/hiv
Sérant, C. B. (2015). « Une remontée du VIH-SIDA dans les communautés vulnérables » in Le Nouvelliste, publié le 04/08/2015, consulté le 21/11/2020.

Sciences et Avenir avec AFP. (2015) « Sida : on connait désormais l’origine des quatre souches du virus » in Sciences et Avenir.




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