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2021-2054 : Gonaïves dans 33 ans, quelle préparation pour les 250 ans d’Haïti ?

2021-2054 : Gonaïves dans 33 ans, quelle préparation pour les 250 ans d’Haïti ?



De Paulo Coelho, on retient cette motivante pensée : « Quand on veut une chose, tout l’univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve », qui a pratiquement toute son importance dans le contexte social critique haïtien, où l’espoir seul conditionne notre droit d’exister. Comment réinventer le rêve haïtien même en ces temps de crises majeures, de traumatisme social et d’insomnie imposée ? Comment utiliser le symbolisme du 250e anniversaire de l’indépendance haïtienne (1804-2054) pour réconcilier les familles et les forces haïtiennes dans une nouvelle forme de fécondité de la dignité et de prospérité durables ? Comment puiser l’énergie positive nécessaire dans l’écart des trente-trois prochaines années qui séparent l’année 2021 au 1er janvier 2054 ?

De nombreuses autres citations et des sagesses populaires des plus célèbres devraient nous rappeler l’urgence pour le pays et ses élites, et surtout l’obligation pour les familles et les plus jeunes qui vont prendre la relève, de commencer par se préparer pour les dix, vingt et trente prochaines années. « Saw plante se li w rekolte », « Joumou pa janm donnen kalbas », « Janw fè kabann ou se konsa ka dòmi », « Qui veut juin prépare octobre », sont autant de pensées qu’il faudrait vulgariser au maximum dans les milieux scolaires pour mieux sensibiliser les jeunes du pays.

De quoi seront faites : la programmation officielle, les préparations du protocole, les cérémonies et les festivités qui vont s’inscrire dans l’histoire d’Haïti et l’histoire universelle pour marquer la commémoration des deux cent cinquante ans de l’indépendance d’Haïti le 1er janvier 2054 ? Qui va remplacer à cette époque, l’ambassadeur Yves Mazile dans son poste actuel de chef de protocole de la République lors des activités du 1er janvier 2054 ? Qui seront les ministres et le chef d’État haïtien, le maire de la commune des Gonaïves, les officiels et les plus hautes autorités religieuses, diplomatiques, des invités d’honneurs, et des membres influents de la société civile qui seront accueillis dans la cité de l’indépendance ? Qui seront les plus illustres artistes et les membres de la fanfare du palais national, ceux de la ville des Gonaïves ou de Marchand Dessalines, qui vont interpréter en chœur la Dessalinienne en cette date mémorable ?

Dans l’impossibilité de déplacer les locaux du musée du Panthéon haïtien (MUPANAH) et dans l’étroitesse du bâtiment qui accueille l’Autel de la Patrie de la ville des Gonaïves, par rapport à la grandeur de l’influence qui sont les futurs présidents haïtiens, les ministres de la Culture, et membres de l’administration communale de la ville des Gonaïves qui vont offrir à la plus historique des villes du pays un vrai musée de l’indépendance, une véritable place publique avec les noms de tous les pays et les peuples qui ont bénéficié de l’indépendance haïtienne ?

Derrière ces questionnements des plus légitimes et des plus sensés, visionnaires ou pragmatiques, la réponse ne viendra qu’à partir de la lettre « V », qui va débuter les trois concepts suivants : Vision, valeur et volonté. Quelle est la vision partagée par le plus grand nombre des Haïtiens en termes de rêves réalistes et réalisables pour l’avenir d’Haïti d’ici l’année 2054 ? Comment construire une nouvelle vision pour Haïti au-delà des catastrophes naturelles et humaines qui vont frapper Haïti et en particulier la ville des Gonaïves durant les prochaines trente-trois années qui nous séparent de l’année 2054 ?

De cette vision indispensable pour le changement de paradigme pour le renouveau à tous les points de vue, il faudra inventorier les matériaux, la matière grise et la main-d’œuvre qui vont matérialiser cette vision. Qu’est-ce qu’il faudrait valoriser comme ressources indispensables, disponibles et incontournables pour réaliser ce grand projet national ? Comment dégager l’énergie positive et trouver la volonté nécessaire venant de la majorité des citoyens et des institutions pour appliquer de façon intelligente le plan d’action qui va accompagner cette vision ?

Dans le système éducatif considéré en tant que moule social, on devrait pouvoir trouver l’énergie nécessaire pour provoquer cet éveil et stimuler la motivation nécessaire pour construire cette nouvelle passerelle symbolisant les trente-trois ans qui nous séparent de l’année 2054.

Dans l’ensemble des établissements scolaires, des centres de formation professionnelle et des universités du pays, particulièrement les entreprises et les institutions sociales (chambres de commerce, syndicats, associations, fondations…), des plus influentes qui fonctionnent dans le département de l’Artibonite et principalement dans la commune des Gonaïves, cette mobilisation devrait commencer au sein des groupes de jeunes, âgés plus de dix-sept ans entre 2020, 2021 et 2022, qui auront cinquante ans en 2054.

De la responsabilité principale des éducateurs, des professeurs, des enseignants, des directeurs d’écoles dans le département de l’Artibonite, de dépasser les problèmes élémentaires et les crises du présent pour pouvoir aborder l’avenir avec une intelligence collective.

Dans les salles de classe, à la fois des écoles privées et surtout des écoles nationales et des lycées du pays et ceux établis dans la cité de l’indépendance, en dehors des centres culturels et des médias, on devrait apprendre aux enfants à compter les années, les mois, les semaines et les jours qui nous séparent de 2054. Parallèlement, on en profitera pour les aider à comptabiliser de nouvelles sommes de connaissances, de compétences, de créativité, de culture historique, de conscience géopolitique, et des comportements de citoyens responsables indispensables pour mobiliser les prochaines ressources pour la préparation de ce grand rendez-vous historique.

Des politiques publiques à l’échelle nationale à mettre en place, des politiques culturelles valorisantes à définir pour la commune des Gonaïves et pour les villes avoisinantes, en fonction des potentialités culturelles et touristiques, incluant les réseaux de sites patrimoniaux des plus importants qui encerclent la principale place publique de la ville. Où trouver les ressources financières pour la réalisation des grands projets d’aménagement de la ville des Gonaïves pour 2054, en dehors de la diaspora et la coopération internationale avec des pays de l’Afrique ?

De la nécessité pour les notables de la ville des Gonaïves, de promouvoir plusieurs décennies de préparation de ressources humaines compétentes et qualifiées pour servir dans l’organisation des grandes activités. Du protocole en passant par la communication et les technologies, la sécurité et l’événementiel et la décoration, la logistique et le transport, la planification, l’hôtellerie et la restauration, la santé, le marketing et l’animation, sont parmi les grands champs professionnels qui doivent bénéficier d’un support continu et d’un devoir d’excellence.

D’autres approches aussi importantes à ne pas sous-estimer comme les connaissances culturelles et les compétences linguistiques que les jeunes de la commune de Gonaïves et des régions avoisinantes devraient maîtriser.

Dans la perspective d’une célébration grandiose des prochains 250 ans de l’indépendance d’Haïti, avec un rayonnement positif à l’échelle mondiale, les jeunes haïtiens qui sont majeurs en 2021, et qui naîtront au plus tard entre 2031 et 2044 devraient tous maîtriser au moins trois langues étrangères, en dehors du créole et du français, et d’autres langues utilisées dans certains pays en Afrique.

Dans les trente-trois ans qui sépare l’actuelle génération vieillissante au pouvoir actuellement en Haïti, de l’année 2054, l’éducation demeure le principal levier pour changer l’ordre chaotique actuel des choses en Haïti, si et seulement si l’on commencer par sensibiliser les enfants et les adolescents en 2021, sur les opportunités qui les attendent dans les trois à quatre prochaines décennies. La création d’une chaire de recherche et de prospection sur l’an 2054, l’octroi des bourses d’études pour former les ressources qui vont servir le pays pour cette période, avec la commémoration des 250 ans de l’indépendance d’Haïti comme prétexte et comme déclic, sont à prendre en compte.

Dans un élan citoyen, patriotique et collectif, toutes les recherches universitaires et académiques, les projets de sortie des étudiants évoluant dans la cité de l’indépendance, et les commandes publiques qui concernent la commune des Gonaïves devraient prioriser les besoins essentiels de la population, le développement durable et le renforcement des capacités d’accueil de cette commune pour les festivités de 2054. Pourquoi attendre la veille en 2053 ou encore en 2043 pour jeter les bases du développement de cette commune, pour renforcer dès maintenant le sentiment d’appartenance des citoyens, et pour familiariser les familles et l’ensemble de la population avec l’environnement moderne de la première ville historique et mystique, touristique et intelligente que devrait être la commune des Gonaïves ?

Définir ensemble une vision plus grande et plus valorisante de la célébration de l’indépendance haïtienne dans trente-trois ans, telle doit être la responsabilité des enfants et surtout des jeunes d’aujourd’hui qui auront la charge et les principales fonctions dans les prochaines grandes cérémonies pour les années à venir. Quels sont les grands chantiers architecturaux et les imposants bâtiments gigantesques à construire pour réparer les fautes de 2004, et pour rattraper et renouveler la grandeur des artisans de 1804 ? Pourquoi ne pas progressivement organiser de grandes festivités internationales dans la ville des Gonaïves tous les cinq et dix ans pour mieux préparer cette ville à l’accueil des grandes délégations officielles qui viendront célébrer la liberté et la dignité des peuples avec Haïti en 2054 ? Comment faire de la commune des Gonaïves une ville internationale au-delà de la coopération décentralisée avec d’autres villes du monde ? Quelles sont les principales activités retenues lors des plus grandes cérémonies officielles et nationales de commémoration et de célébration en Haïti et dans le monde ? Quelles sont les principales institutions régaliennes, publiques et privées qui seront toujours impliquées dans l’organisation de telles festivités solennelles et grandioses ? Après l’expérience regrettable de l’instabilité sociopolitique de 2004 alimentée par l’absence d’entente nationale entre les acteurs influents et le contexte géopolitique sous-estimé, comment utiliser une nouvelle forme de stratégie culturelle dans une diplomatique conciliante entre les partenaires traditionnels d’Haïti pour qu’il s’approprie les retombées positives et économiques de la commémoration avant, pendant et après 2054 ?

Dans l’attente d’une entente interne entre les élites du pays et les forces géographiques et politiques opposées jusqu’ici, pour définir un agenda pour le pays, dans ce carrefour historique et politique alimenté par les multiples crises sociopolitiques, économiques, sécuritaires et identitaires, qui empoisonnent le bien-être de la population et la stabilité du pays, les acteurs les plus visionnaires du système éducatif haïtien disposent encore des semences intelligentes nécessaires pour provoquer cet éveil citoyen en « V », pour le renouveau des prochaines générations des femmes et des hommes qui survivront en Haïti.

Dessalines, le grand, auteur du nouvel ordre mondial, le plus important général qui a marqué l’humanité le 1er janvier 1804, comme son prédécesseur Toussaint Louverture et ses autres compères et complices dans la lutte contre l’esclavage dans le monde et l’indépendance haïtienne auraient pu inspirer l’essence même, de cette citation de Paulo Coelho, selon laquelle, « Quand on veut une chose, tout l’univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve ».

De 2021 à 2054, c’est pratiquement dans moins de trente-trois ans, avec les jours et les semaines qui défileront sous le poids des actualités du quotidien et des crises qui se renouvelleront entre les acteurs. Qu’est-ce qu’on peut faire ici et maintenant, pour reconstruire l’image et la grandeur d’Haïti, en passant par la vision historique, les valeurs culturelles et la volonté politique qui doivent inspirer les familles et les enfants de la mythique ville des Gonaïves, qui doit devenir le principal centre du plus grand rendez-vous universel mondial le 1er janvier 2054 ?

Dominique Domerçant




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