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Faire taire notre égoïsme

Faire taire notre égoïsme



Sur les réseaux sociaux, une phrase est devenue virale : « Il est plus facile de traverser le Rio Grande que le quartier de Martissant ». La tragédie de la migration haïtienne qui s’est déroulée aux yeux du monde au Texas vient de jeter une lumière crue sur le mal haïtien. Le journal français Libération évoquant la succession d’évènements climatiques et politiques qui nous accablent nous affublait ces derniers jours, du titre peu enviable de « L’île aux mille malheurs ». Plus qu’une fatalité, il s’agit en fait de responsabilités internes et externes qui ont rendu ce territoire quasi invivable.

Les faits sont là : élections truquées ou à très faible participation ; impositions internationales de présidents sur fond de joutes électorales inachevées ; aides internationales détournées avec la complicité et/ou le silence coupable des bailleurs ; contrebandes d’armes venues de pays puissants dans un laxisme inquiétant ou complice de douanes étrangères et locales ; incapacité des élites à s’entendre sur un projet national pour le bien commun.

Entre-temps, l’insécurité continue de faire fuir les citoyens et de miner les petites et moyennes entreprises. Les seules industries florissantes sont celles du crime organisé qui « taxent » fortement les commerçants qui tentent de maintenir à flot leurs entreprises. Ceux qui ne peuvent plus de cette lente agonie tentent donc l’aventure du voyage vers des cieux supposés plus cléments.

La situation haïtienne interpelle des dirigeants latino-américains, une sorte de « tri-latérale » composée de la République dominicaine, du Costa Rica et du Panama, décident une permanence sur une crise qui menace de déstabiliser le sous-continent. Aux dernières nouvelles, l’Argentine a rejoint ce nouveau « Core group » de petits États caribéens et latino-américains.

Alors que les priorités américaines s’affichent dans la région indo-pacifique. La démission de l’émissaire américain pour Haïti, Daniel Foote a provoqué une petite crise au Département d’ État à Washington. Sa lettre publique pourrait s’intituler : « J’accuse », tant il remet en question des années de politique américaine lourdes de conséquences pour Haïti.
Un porte-parole du département d’État aurait qualifié l’envoyé spécial de personnage « toxique », le cas de se demander s’il l’est autant, pourquoi l’envoyer chez nous ?

Quant aux élites haïtiennes, elles continuent de nager dans une impuissance crasse. Heureusement que beaucoup d’efforts sont faits ici et là pour tenter de changer la donne à travers l’implicationd’un nombre de plus en plus importantd’acteurs ici et en diaspora.

Il faut lutter contre cette arrogance criminelle qui veut transformer l’espace haïtien en un rocher invivable. L’heure est gravissime : abnégation et dépassement sont deux mots clés qui doivent désormais guider nos politiques et les secteurs engagés de la société civile. Nous le répétons, il faut à tout prix un large accord politique sur des bases nationales et patriotiques pour endiguer dans un premier temps, la pratique sanglante de la mort sur « ordonnance » ou des enlèvements qui appauvrissent les familles.

La police nationale a débuté une offensive pour libérer certaines parties de La Plaine du Cul-de-sac, elle aura besoin d’une forme de légitimité politique de l’État en appui,pour combattre un banditisme qui fait peur même à nos voisins qui craignent que le mal ne se « métastasie ».

Il faut un accord entre les groupes politiques et la société civile pour de nouvelles règles du jeu démocratique réglementant nos élections, le nombre de partis politiques, la mise en place d’un « new deal » économique pour faire reculer les frontières des injustices sociales. Tout ceci réclame un sens du compromis et une entente cordiale entre vrais patriotes par-delà les différences idéologiques. La société civile se doit de jouer son rôle de vigilance et de contrôle dans l’application de tout accord politique. Tout blocage du processus par action ou omission peut nous être de jour en jour fatal.

C’est tout un programme que l’intelligence haïtienne doit mettre sur pied et il ne peut plus souffrir les appétits des uns et/ou les caprices des autres.

RoodyEdmé




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