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Pour un compromis capital

Pour un compromis capital



C’est un euphémisme de dire que la population haïtienne vit avec la ferme conviction que tous les acteurs politiques et autres parties prenantes n’ont pas vraiment essayé de se hisser à la hauteur des défis et des enjeux imposés par la crise haïtienne courante.

La démocratie, admettons-le, est un système politique qui permet et tolère une ébullition permanente. Mais le fait d’associer les protagonistes, acteurs politiques et société civile organisée dans la recherche et la validation de compromis, est aussi vital dans le fonctionnement de ce système.

Un bref survol de la situation actuelle du pays laisse craindre que l’on doive s’attendre aujourd’hui au pire. Au point que le Conseil de sécurité des Nations unies, dans sa note en date du 24 mars 2021, se dit « préoccupé par les crises prolongées que traverse Haïti sur les plans politique, constitutionnel, humanitaire et sécuritaire ». Il souligne également « qu’il incombe au Gouvernement haïtien de s’attaquer aux facteurs d’instabilité sous-jacents ». Plus loin dans la note, le Conseil de sécurité invite expressément les acteurs politiques : « à mettre leurs divergences de côté dans l’intérêt du peuple haïtien, à collaborer de manière constructive afin que les élections puissent être organisées et à faire en sorte que celles-ci se déroulent dans un climat apaisé ».

Malgré la justesse des sorties de tous ceux qui prétendent avoir le monopole de la raison , de la lucidité et la légitimité des autres, qui défendent les valeurs essentielles à l’établissement et l’entretien d’un État de droit, il n’en reste pas moins que le délitement de la situation haïtienne bat tous les records. La viabilité de nos institutions se trouve amoindrie et aucune d’entre elles n’est en mesure, aujourd’hui, d’empêcher l’implosion catastrophique de la société et, dans une moindre mesure, une guerre civile. L’escalade mortelle et dévastatrice qui touche actuellement la Police nationale d’Haïti est un des plus concluants indicateurs.

Pour sortir du tunnel et espérer voir de la lumière, un compromis s’avère indispensable et urgent. La seule consolation, qui peut être prise pour de l’espoir, est qu’Haïti n’est pas le seul pays au monde qui a du faire face à une crise politique majeure. Il y a une trentaine d’années, nos voisins de la République dominicaine, pris dans le piège d’une crise politique qui aurait pu déboucher sur une guerre civile sanglante, ont choisi, après maintes médiations sincères, d’accepter un compromis concocté à partir de positions irréconciliables des acteurs. Ainsi, le 10 août 1994, les principaux partis politiques, protagonistes de la crise dominicaine (PLD et PRD particulièrement), signèrent, grâce à la médiation de l’Église catholique et de la communauté internationale, « Le pacte pour la démocratie ». Dans la liste des concessions, l’histoire retiendra la réduction du mandat présidentiel, initialement et « constitutionnellement » de six ans, à deux années. Le temps de calmer le jeu et de convoquer le peuple en ses comices pour des élections offrant des garanties pour le respect du vote des citoyens. Et, depuis, la République dominicaine se détache de ces pays qui inquiètent et qui font pitié.

En ce sens, la proposition de l’Accord inter-haïtien pour une sortie de crise de Level François, qui est le sujet d’un article dans cette édition du journal Le National, nous paraît très inspirée.

Il faut bien sortir de l’embourbement.

La Rédaction




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