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Pour sauver la PNH!

Pour sauver la PNH!



Crise. C'est désormais le maitre mot en Haïti. Toutes les sphères de la société sont frappées par cette crise multidimensionnelle qui mine le pays depuis des lustres et qui s'est exacerbée au cours de ces dernières années. Des institutions républicaines qui devraient se planer au-dessus de la mêlée sont emportées par la vague. Aujourd'hui, la Police nationale d'Haïti (PNH), seule force habilitée à assurer la sécurité des vies et des biens de plus de 12 millions d'Haïtiens, se trouve au bord de l'implosion, dans un contexte où les conditions sécuritaires dans le pays sont mises à rude épreuve par des gangs armés qui se croient tout permis.

Après la démobilisation de l’armée d’Haïti en octobre 1994, la Police nationale d'Haïti avait assuré les commandes en matière de sécurité. Cette institution a pris naissance dans une période où le pays expérimentait encore les balbutiements de la démocratie comme système politique. Les mauvaises pratiques reprochées, à tort ou à raison, aux Forces armées d'Haïti avaient créé une situation de méfiance et de peur au sein de la société. Les agissements de l'armée, par le passé, avaient laissé tellement de séquelles qu'aujourd'hui encore des personnes sont dubitatives sur la remobilisation de cette force, quoique reconnue par la Constitution.

Les exactions des FADH, amplifiées par des raisons politiques, avaient suscité les tenants de l'époque à porter sur les fonts baptismaux une nouvelle force de police où les premiers déploiements de troupes ont eu lieu le 12 juin 1992. De nos jours, quelque 25 ans après, il est malheureux de constater que certaines pratiques scélérates reprochées aux Forces armées sont devenues monnaies courantes dans les rangs de la PNH. La police est aussi décriée, aux yeux de la population, que l'armée dans le temps. Par puérilité, des agents de police affichent des comportements indignes d'un officier de l'ordre d'une institution républicaine.

Des principes sacro-saints caractéristiques des institutions militaires et policières tels que le respect de la hiérarchie, l'honneur et la solidarité. D’autres sont bafoués au sein de l'institution policière. Le haut commandement a perdu le contrôle de ses troupes. Il est triste de constater que le commandement de la PNH s'est livré dans une lutte de dénonciation et d'accusation publique contre des policiers. La PNH est aujourd'hui au bord de l'implosion avec cette bataille rangée avec les hauts gradés et les simples policiers depuis la mise en place d'un syndicat au sein de la PNH. Les autorités policières et gouvernementales avaient mal apprécié le dossier et l'avaient laissé se détériorer jusqu'à cet état de pourrissement qui met en péril la survie même de l'institution policière.

Une PNH émiettée en SPNH, SYNOPOHA, FANTOM 509, et récemment le coordonnateur du SPNH, Jean Elder Lundi, avait dénoncé un groupe qui serait créé par le directeur général et dénommé « All BlacK ». Avec autant de groupuscules dans l'institution, la Police haïtienne est réduite à sa plus simple expression. Le citoyen lambda ne fait plus confiance à l'institution policière tant des policiers sont souvent cités dans des activités louches allant du trafic de stupéfiants au kidnapping en passant d'autres crimes réprimés par les lois de la République.

Quoi qu'elle arrive, la PNH demeure encore la seule force sur laquelle la population devrait compter. À cette phase, les esprits bienfaiteurs de la République devraient produire des réflexions autour de la meilleure formule pour retirer la PNH dans ce bourbier. Entre-temps, un vetting non partisan permettrait d'épurer un peu l'institution en tirant les bons grains de l'ivraie.

Les politiciens et les autres forces (économiques, diplomatiques) qui tirent souvent les ficelles doivent se rendre compte que la situation est intenable. La population s'essouffle. La PNH implose à un moment où la nation en a le plus grand besoin. Alors que la barque nationale s'écroule, les acteurs politiques en présence se montrent encore et toujours intransigeants à leur position.

La PNH est un bien commun. Pour la sauver, toutes les forces vives de la nation doivent y jeter un regard. C'est une vérité de la palisse que les acteurs politiques ont causé de tort à cette jeune institution républicaine en politisant pour assouvir leur désir au détriment de la collectivité. Or, la politique et l'armée/la Police ne font pas, en règle générale, bon ménage. La réalité actuelle de la PNH n'est autre que les conséquences de la politisation de l'institution.

Noclès Débréus




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