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Le chaos social ou l'antichambre de la violence scolaire en Haïti

Le chaos social ou l'antichambre de la violence scolaire en Haïti



Il faut s’attendre à des conséquences négatives qui vont impacter le système éducatif, en termes de violence, tout en sachant que : « la violence dans les établissements scolaires en Haïti n’est pas vraiment un phénomène nouveau, mais elle tend à s’étendre et à se généraliser. Nous pensons qu’il est judicieux de prendre les mesures en vue de prévenir ou de la réduire », pour reprendre les propos du Dr Meniol Jeune, dans sa thèse de doctorat, Politique publique en matière d’éducation en Haïti et phénomène de violence en milieu scolaire. On ne peut s’empêcher d’anticiper les prochains impacts nocifs de ces crimes odieux, de la violence institutionnelle et du chaos social actuel sur les comportements des jeunes du pays, de plus en plus livrés à leur sort.

Dans un souci d'éviter le pire aux prochaines générations, il y a urgence pour que les acteurs du système éducatif haïtien se penchent sur les impacts de cet ordre chaotique qui s'installe dans nos villes et dans nos vies, par ce vide de leadership.

Plus de six ans après la soutenance de ce travail académique le 2 décembre 2014, on retiendra les nombreuses démarches intellectuelles et théoriques, en dehors des méthodologies proposées par ce chercheur accompli, pour pouvoir explorer et présenter les multiples dimensions de la violence dans les écoles en Haïti.

De l’analyse des phénomènes de violence, en passant par les violences et les contextes sociétaux, s’ajoutent également d’autres thèmes comme les stratégies de prévention de la violence scolaire et la politique publique en matière d’éducation en Haïti. Ce sont de multiples pistes d’interventions encore d’actualité, qui sont proposées par l’auteur comme : le respect de l’autre ; l’éducation à la citoyenneté ; la responsabilisation et la subsidiarité ; le choix d’un certain humanisme, entre autres.

« De la violence importée », qui se décline entre la violence-copie et la violence stockée, abordée dans le chapitre VII, à la page 88, du document composé de plus de 250 pages, aucun dirigeant politique ou éducateur en Haïti, ne devrait rester insensible par rapport aux impacts insoupçonnés des violences qui alimentent le chaos actuel dans le pays, ainsi que leurs impacts sur le bien-être des familles haïtiennes, les comportements des jeunes dans le système éducatif, et les nouvelles formes de relations qui découlent lors des crises ou des conflits entre les acteurs du système éducatif.

De nombreux jeunes en Haïti, qui, au départ, souhaitaient vivement renforcer les rangs de la Police nationale d’Haïti (PNH), (par admiration pour l’institution policière ou sur la base des contraintes socioéconomiques), vont certainement changer d’avis, en se basant sur les tristes événements irréparables survenus le vendredi 12 mars 2021.

À cause des humiliations imposées aux policiers, les motivations des jeunes pour intégrer ce corps républicain se réduisent à peau de chagrin.

Drame policier. C’est la chute renouvelée, renforcée ou en cascade des agents, formés et équipés pour protéger et servir la population, qui tombent régulièrement sous les balles assassines des bandits. Un affaiblissement à la fois qualitatif et quantitatif de l’institution policière, mais surtout un deuil fatal dans les familles de ces agents emportés par la violence des armes.

De façon symbolique, c’est l’État haïtien qui est piteusement tombé de son piédestal en voulant rétablir l’ordre. C’est l’intelligence collective qui est mise à genoux. C’est la violence légitime qui a fait les frais des forces disproportionnées imposées par les bandits lourdement armés qui encerclent le sud de la capitale haïtienne. Quels sont les impacts de ce drame sur le système éducatif haïtien, en particulier sur les jeunes et les moins jeunes ? Comment ces images traumatisantes vont-elles affecter le bien-être de ces familles, encourager les violences à l’école, dans les rues et dans les familles et réduire à néant l’image de la PNH et le prestige des institutions publiques, régaliennes et coercitives haïtiennes ?

De nombreux hommes et femmes, des enfants et leurs parents ont souvent été victimes de violences infligées par des agents de l'ordre public, comme des agents de la fonction publique. Des affronts restés sans réparation qui s'ajoutent à cette longue liste des violences sociales, symboliques, politiques, institutionnelles, démocratiques ou chimériques. Même pour des causes les plus nobles et légitimes, comme les droits fondamentaux du citoyen, de nombreux professeurs, étudiants, médecins, avocats, entre autres sont victimes d’actes de violence!

Devant l’effondrement en cascade des institutions haïtiennes, parmi les plus prestigieuses, avec ce chaos social et ces cycles de violence démesurée qui deviennent les normes, les familles, en particulier les parents devront redoubler d’effort pour tenter d’éviter que les enfants tombent entre ces engrenages de la violence institutionnalisée, symbolique et suicidaire.

Plus que jamais, l'école demeure le dernier rempart contre le chaos social.L’école a la responsabilité de nous conduire vers le renouveau tant souhaité par plus d’un. Avec la paix publique comme notre plus grand bien !

Dominique Domerçant




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