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Fixer les responsabilités

Fixer les responsabilités



La débâcle de Village de Dieu, en plus d'être une gifle infligée à la Police nationale d'Haïti, est aussi un constat d'échec. L'échec de l'État et des élites haïtiennes, à un certain niveau celui de la communauté internationale qui manœuvre, à visière à peine levée, la politique haïtienne depuis bien des lustres. Ce qui se passe à Village de Dieu est donc un construit qui ne peut être résolu un bon matin à coups de fusil.

C'est bien le résultat de la performance sociale des différentes administrations, à courtes visions, qui se sont succédé au cours des 20 dernières années. C'est le résultat d'une élite économique rapace qui, refusant de faire le jeu de la concurrence loyale, s'adonne à des pratiques malsaines en armant souvent des déshérités des quartiers populeux pour entreprendre de sales besognes, comme éliminer de potentiels concurrents. C'est également, le résultat des politiciens véreux qui, en période électorale, se sont livrés à ce jeu malsain pour contrôler des territoires et éliminer des adversaires politiques.

L'État, pour n'avoir pas mis en place de politiques sociales adaptées aux besoins de l'heure, a rendu les populations des quartiers délaissés plus vulnérables et irrésistibles aux offres indécentes. Les jeunes de ces zones sont donc plus exposés aux activités criminelles. En ce sens, nous sommes en train de payer les conséquences des inconséquences des élites à un moment où l'État semble être réduit à sa simple expression. Car, à aucun moment de l'histoire du pays, les groupes armés ne se sentaient aussi à l'aise autant qu'ils le sont aujourd'hui.

Dépassé par les événements, le pouvoir en place est en train de chercher des supports au niveau de l'International. Jovenel Moise a déjà sollicité les supports techniques et logistiques de l'Organisation des États américains ainsi que des Nations unies en vue de combattre le banditisme dans le pays. Ces instances internationales ont déjà montré ce dont elles sont capables en Haïti. La majorité des gangs ont pris naissance au moment où l'ONU était très présente en Haïti à travers ses différentes missions depuis la chute du président Jean Bertrand Aristide en 2004. La MINUSTAH, la MINUJUSTH et le BINUH sont témoins privilégiés de la débâcle en Haïti durant ces deux dernières décennies.

De nos jours, la stabilité de l'État est en péril. Aucune institution n'est à même de la protéger. C'est la déchéance à tous les niveaux. Le Parlement, co-dépositaire de la souveraineté nationale, est dysfonctionnel. Le pouvoir judiciaire en lambeaux. Et les amis de l'international n'administrent que la pilule des élections comme palliatif.

Le drame de Village de Dieu, aussi révoltant soit-il, a le mérite de nous mettre à nu et ouvre la voie à un changement réel si l'État et les élites le souhaitent. C'est bien le moment de fixer les responsabilités dans cette saga et prendre le taureau par les cornes. Qui alimente les bandits en armes et munitions? À quelles fins? En Haïti, malheureusement, nous cultivons cette mauvaise manie de nous déresponsabiliser et de rejeter nos errements, nos fautes sur les autres. On cherche toujours des boucs émissaires pour se dédouaner. Il est temps de se défaire de cette manière pour sanctionner quand il le faut.

Le problème du banditisme tel qu'enraciné dans le pays doit être posé en dehors de toute euphorie. On pourrait enrayer Village de Dieu, Grand-Ravine et d'autres zones réputées rouges de la carte sans pouvoir résoudre le problème de l'insécurité et du grand banditisme en Haïti. Car, il faut l'admettre, l'État a perdu le contrôle du territoire. Les ports et les points frontaliers ne sont pas contrôlés. À cette phase, il faut rétablir l'autorité de l'État et s'assurer que ceux-là qui seront appelés au timon des affaires ne se feront pas complices des actions des malfrats.

Noclès Débréus




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