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De quelle maladie souffrent les Haïtiens ?

De quelle maladie souffrent les Haïtiens ?



De la maladie du pouvoir, répondraient des mauvaises langues bien intentionnées.

D’autres esprits plus objectifs et plus avisés, sans être médecins comme moi, profiteraient de cette question combien pertinente, pour alerter nos dirigeants (actuels et futurs) et l’ensemble de la population sur l’ensemble des maladies qui pourraient se développer à cause de la situation sociopolitique et sécuritaire très chaotique que connaît Haïti depuis plus d’une décennie, imposant jour et nuit la peur et le stress dans les familles haïtiennes.

Des spécialistes et quelques sites internet dédiés à la santé, vont rappeler que nous ne réagissons pas tous de la même façon face au stress causé par la peur, l’angoisse, le deuil, et d’autres souffrances physiques, mentales ou morales, tout en rappelant sept des principales pathologies liées au stress comme : i) les maladies digestives ; ii) les troubles cardiovasculaires ; iii) l’hyperthyroïdie ; iv) les infections virales ; v) les infections cutanées ; et vi) les troubles gynécologiques et du tonus musculaires.

Dans chaque famille, il existe souvent et toujours un ou plusieurs membres ou des proches qui tombent parfois malades en même temps. D’autres qui souffrent d’une de nos plus vieilles pathologies héréditaires, ou l’une des plus récentes maladies, quand ils ne sont pas victimes d’un accident. Comment manifestons-nous notre marque d’attention et de solidarité à nos proches malades dans la famille, dans notre environnement de travail, à l’école ou dans le voisinage ?

Dans les rues, dans les transports en commun, dans les longues files d’attente ou dans les marchés, dans les centres de santé, les cliniques et les hôpitaux, quel est l’état des lieux des services et des soins accordés aux personnes malades en Haïti ? Combien de malades meurent chaque année en Haïti à cause de l’absence des services de base, des manques d’assurance maladie, de l’incapacité des familles pour financer les dépenses, de la méchanceté de certains acteurs du système sanitaire, de la négligence ou de l’ignorance des parents et parfois des malades pour attribuer des causes mystiques ou superstitieuses aux malaises ?

De quelle maladie souffrent la majorité des Haïtiens (enfants, jeunes, adultes, hommes et femmes) suivant les statistiques récentes ? Quel est l’état des lieux du système sanitaire haïtien en 2021 en dehors de la pandémie de Coronavirus ? Quelles sont les politiques publiques mises en place pour répondre aux besoins de la population au cours des dernières années? Quelles sont les provisions budgétaires et les rares lois votées au Parlement haïtien pour améliorer les conditions sanitaires de la population au cours des dix dernières années ?

Dégradation ou altération de la santé, des fonctions des êtres vivants (animaux et végétaux), en particulier quand la cause est connue (par opposition au syndrome), telle est l’une des définitions que l’on associe à la maladie. Or, dans un pays comme Haïti, on ne peut compter le nombre de maladies connues et inconnues, réelles ou superficielles, naturelles ou mystiques, génétiques ou héréditaires qui se développent, se renouvellent et se transmettent en permanence chez les individus et au sein de nos communautés évoluant dans un environnement pas toujours sain.

Dans la Classification internationale des maladies (CIM), extrait du bulletin épidémiologique de l’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS), le 23 décembre 2002, on retient la liste OPS 6/67 (une liste comportant six grands groupes de causes divisés en 67 groupes détaillés dans un tableau) pour la mise en tableaux des données de mortalité (CIM-10), qui nous proposent avec un ensemble de codifications les catégories de maladies suivantes : symptômes, signes et conditions mal définies; les maladies transmissibles ; les tumeurs malignes ; les maladies de l’appareil circulatoire; certaines affections dont l’origine se situe dans la période périnatale; les causes externes ; et toute autre maladie.

Des informations très pointues et techniques destinées certainement aux professionnels de la santé. Mais, il nous faut toutefois développer autant dans les familles, que dans le système éducatif haïtien, dans ce contexte de crise mondiale sanitaire, de nouveaux réflexes et une meilleure culture sanitaire (des informations utiles et pratiques) autour de notre corps, notre plus grand bien, tout en nous informant sur les différents types de maladies qui touchent le plus grand nombre de la population, afin d’éviter certaines erreurs irrémédiables.

En cette Journée internationale des malades, créée par le pape Jean Paul II en 1992, bientôt trois décennies, nous sommes tous invités à développer une culture de tolérance, d’humanisme et de patience, tout en évitant toutes les formes de discrimination, d’ingratitude, de stigmatisation et de déshumanisation des malades, qu’ils soient des proches ou des étrangers à notre famille. La Journée internationale des malades, célébrée le 11 février, nous invite à plus de respect, de responsabilité et de reconnaissance envers ces personnes vulnérables, même quand leur situation serait irréparable. Un geste, un sourire, une attention peuvent les aider à jouir d’un minimum de bien-être.

Dominique Domerçant




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