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Haïti, terre d’épines !

Haïti, terre d’épines !



Derrière cette citation française « Il n’y a pas de rose sans épines », toute une sagesse invite plus d’un à se démarquer des illusions qui font croire ou font voir la vie en rose.

Dans la situation d’Haïti, particulièrement en ce début du mois de février 2021, la population, dans sa grande majorité, devra certainement se préparer à s’accrocher beaucoup plus à des épines qu’à des roses, face aux vents de violence, d’intolérance et d’intransigeance qui s’annoncent de toute part, et qui peuvent emporter presque tous les pétales de notre jeune démocratie !

Depuis plus d’un an, avec la caducité du Parlement, c’est une autre forme de pause démocratique qui s’est invitée à la table. Pour l’Exécutif, c’est le temps de plancher sur une nouvelle constitution, à l’eau de rose pour la diaspora entre autres, tandis que pour l’opposition, c’est la fin du mandat constitutionnel qui s’impose. Et s’ouvre le temps des décomptes comme les traditions populaires haïtiennes enseignent : « Nan degrenen mayi na konte bougon » !

Durant les deux premières journées du mois, la grève généralisée hypothèque déjà les rêves d’une année scolaire stable et sans perte de journées de classe. Pour des causes plus que légitimes, tels la sécurité publique et le bien-être collectif, il fallait payer ce prix pour pouvoir alerter les autorités et les responsables du pays, sur les épines de la peur générée par l’enlèvement de nos proches dans les rues de nos villes.

Dans la situation sociopolitique de notre chère République d’Haïti, qui nous préoccupe le plus, ce ne sont certainement pas les épines qui nous manquent depuis 1986, et encore pire, dix ans après le séisme et les instabilités politiques qui ont suivi.

Des fleurs de cette démocratie tant souhaitée, après le départ des Duvalier, on retient que les longues épines. Dire que dans trente-trois ans, Haïti devrait célébrer ses deux cent cinquante ans d’Indépendance ! Pratiquement, il ne nous restera que des épines pour accrocher ce qui restera de notre drapeau, quand il n’y aura plus de roses pour déposer sur les tombes des prochains martyrs, de trop, qui partiront au pays sans chapeau !

Des épines de trop, et quasiment plus de roses à offrir aux femmes pour la Saint-Valentin, pour leur anniversaire et la fête des Mères. La population haïtienne a grandement besoin de nouvelles fleurs pour se réinventer en dehors des roses. Il est venu le temps de mieux choisir nos fleuristes, ceux et celles qui soient capables d’offrir des fleurs qui symbolisent la promesse !

Des épines de la rose, Haïti semble en avoir gardé tellement de traces sur les doigts, des mois après les votes, le sang continue de couler jusqu'à se coaguler dans les rues de nos villes fantômes ! C’est le moment où jamais pour le pouvoir et l’opposition d’offrir à la population des fleurs du pardon, avant que s’éclaircisse l’horizon avec la nouvelle rosée !

Dominique Domerçant




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