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Une grève totale et sans casse

Une grève totale et sans casse



Le mot d'ordre de grève lancé par des syndicalistes regroupés au sein du Collectif des syndicats haïtiens pour le respect de la Constitution de 1987 (COSHARCO-1987 a été suivi à la lettre les 1er et 2 février 2021. Il faut remonter loin dans l'histoire récente du pays pour trouver l’équivalentd’un appel à la grève aussi suivi. Sans casse. Sans forcer. Tous les secteurs de la vie nationale ont observé le mot d'ordre. Les écoles, le commerce, le transport en commun, les banques et même l'administration publique, dans une certaine mesure, ont adhéré à cette grève tenue en vue de dénoncer le kidnapping et du même coup exiger le respect de la Constitution.

Cette observation totale de la grève est symptomatique de l'état de l'esprit des uns et des autres sur l'insécurité grandissante dans le pays, notamment le kidnapping qui devient, depuis bien des jours, le plus grand mal qui ronge la nation haïtienne. C'est également un signal envoyé aux autorités que la situation est pourrie au point de devenir intenable. En observant cette grève, tous les secteurs de la vie nationale semblent avoir trouvé un canal pour exprimer leur désaccord par rapport à la gouvernance du pays.

Et le pouvoir en place y trouve un bon thermomètre susceptible de l'aider à contrôler la vraie température du malade. Car, le mot d'ordre de grève, selon les initiateurs, poursuivait un double objectif. Dénoncer le kidnapping d'une part et exiger le respect de la Constitution par le chef de l'État à propos de son mandat qui devrait arriver à terme le 7 février 2021. À cette phase, comme ce fut le cas en 2019, les secteurs organisés et représentatifs de la société ont appelé au respect de la charte fondamentale, quasiment mise en veilleuse par le régime en place.

Après le Secteur protestant et la Fédération des barreaux, la Conférence épiscopale d'Haïti a aussi fixé sur sa position sur la fin du mandat du chef de l'État. Les évêques croient que ce dossier ne devait même pas donner lieu à des débats, se basant sur le principe disant que « la loi est une pour tous ». « Le président de la République a appliqué la Loi électorale et la Constitution pour les députés, les sénateurs et les maires au cours des années précédentes. Il a ainsi affirmé l’unité de la loi pour tous les élus, y compris pour lui-même, proclamant ainsi que la loi est une pour tous. Il nous semble que tout le monde soit d’accord sur le principe que personne n’est au-dessus de la loi et de la Constitution dans le pays », a écrit la CEH dans un communiqué paraphé par tous les évêques.

Finie la grève, la balle est renvoyée dans le camp du pouvoir. Le président de la République dans une « causerie avec la population » le lundi 1er février a réitéré sa volonté de rester au pouvoir jusqu'en 2022 au grand dam des dispositions constitutionnelles évoquées par l'opposition politique, les secteurs vitaux de la société ainsi que d'autres esprits avisés du pays. Ces positions antagoniques mettent la nation entière sur le qui-vive à l'approche du 7 février. S'il est vrai que l'opposition s'est mise d'accord sur la façon de conduire une éventuelle transition, elle ne sait pas encore comment récupérer les clés du Palais national des mains du président de la République. Sombres perspectives. L'absence de consensus entre les acteurs en présence laisse place aux rapports de force qui pourraient malheureusement se révéler néfastes pour le pays.

Noclès Débréus




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