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Des vœux pieux ?

Des vœux pieux ?



L’année 2020 nous quitte avec, au coin des lèvres, une terrible amertume. La pandémie qui est en train de faire des ravages dans le monde nous a permis de mesurer toute la fragilité de notre humaine condition. L’économie mondiale fait du surplace et les voyages d’un pays à l’autre sont devenus de plus en plus restreints. La grande machine de la production mondiale connaît un arrêt forcé, et l’humanité vit dans la peur comme à l’époque où la science bégayait devant la catastrophe sanitaire de la Grippe espagnole. Aujourd’hui, de puissantes technologies sont mises à profit pour traquer ce mal qui répand la terreur. Les vaccins à base d’ARN sont les dernières trouvailles des laboratoires pharmaceutiques pour répondre efficacement aux défis d’un virus attrapant et mutant.

Une chose est certaine, si nous sommes en droit de nourrir quelques espoirs, nous ne sommes pas tout à fait sortis de l’auberge…espagnole.

Sur le plan politique, 2020 ne nous a nullement épargné des tableaux les plus sombres. Une élection américaine atypique a plongé le modèle américain dans les abysses d’une crise aux multiples facettes qui risque de transformer les fondamentaux d’une globalisation arrogante et outrancière.

L’Amérique, comme nous l’écrivions la semaine dernière, s’est tirée une balle dans le pied avec des élections aussi vigoureusement contestées et un président qui se prépare à entrer dans l’histoire par une fenêtre dérobée. Il ne sera pas seul malheureusement, il risque d’entraîner avec lui toute une majorité d’Américains tournant le dos à leurs propres institutions. Toute chose qui peut lourdement handicaper la gouvernance d’un pays dont le leadership mondial est aujourd’hui fortement disputé.

En Haïti, nous avons depuis trop longtemps perdu le chemin du progrès et de l’entente cordiale. Le pays tout en étant épargné, jusqu'ici, de la violence létale du virus, n’a pas su encore entrer dans l’ère d’une transformation sociale moderne, humaine et efficiente. Nous n’avons pas encore trouvé les leviers pour faire bouger les lignes et sortir des politiques ombreuses et néfastes.

S’il est vrai que le dernier Parlement a tout fait pour s’automutiler à travers des séances futiles et impopulaires, la machine à fabriquer les décrets d’un exécutif puissant et solitaire inquiète ici et ailleurs. Notre féconde capacité à générer des crises n’a pris aucune ride, au contraire, la sensation de puissance et la tentation totalitaire allant de pair, on ne sait plus ce que l’avenir nous réserve.

De nouvelles batailles s’annoncent pour la prochaine année au nom de la sauvegarde des droits citoyens et de la nécessité de mettre le pays sur d’autres rails que ceux qui nous conduisent dans le désert des chimères. Toutefois, et le gouvernement et l’opposition ont la ferme obligation de trouver des voies intelligentes de dialogue, pour éviter la logique du pire qui est, malheureusement, la chose du monde la mieux partagée chez nous !

On annonce ici et là, des initiatives citoyennes et patriotiques pour enfin faire pression sur l’ensemble des leaders toutes tendances confondues, afin de changer le logiciel politique traditionnel. Nous devrions cependant tirer les leçons des échecs passés et assumer que ce pays doit changer par-delà les intérêts de clan, de groupes hégémoniques qui ont transformé l’espace haïtien en zone de non-droit.

C’est ce combat légitime pour une autre Haïti, que nous comptons continuer à mener au sein de notre journal, aux côtés de millions de nos compatriotes qui aspirent à un meilleur destin.

Que la prochaine année soit moins cruelle et plus productive et, surtout, nous rende plus sensibles aux intérêts supérieurs de notre nation.

Roody Edmé




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