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Du sort des enfants des rues dépendra le bien-être collectif !

Du sort des enfants des rues dépendra le bien-être collectif !



Dans le cadre de la célébration du vingtième anniversaire de la signature de la Convention relative aux droits des enfants, en 1989, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a jugé utile et nécessaire de tourner les projecteurs sur le sort de dizaines, de centaines, de milliers et même de millions d’enfants qui vivent et grandissent dans les rues, en organisant en 2009, la Journée des enfants des rues le 26 novembre.

Depuis lors, et particulièrement durant la journée du 26 novembre 2020, de nombreux États dans le monde, tous membres de l’UNESCO et signataires également de cette convention, à travers des initiatives venant tant des acteurs publics que privés, tentent de tirer la sonnette d’alarme sur le sort des enfants des rues.

Dans le cas d’Haïti, on a pratiquement du mal à apprécier les efforts des institutions publiques haïtiennes concernées pour appliquer les politiques publiques visant à appliquer l’ensemble des recommandations et des engagements pris par Haïti, en matière des droits humains, des droits des enfants et les services sociaux destinés aux familles.

Delmas, Port-au-Prince, Pétion-Ville, Tabarre, Gonaïves et d’autres grandes villes du pays font face en permanence à des enfants des rues, qui vivent et grandissent sans aucune assistance de l’État. Ces enfants sont livrés à leur sort et n’espèrent pas grand-chose de la part des institutions comme le ministère des Affaires sociales et du Travail, les centres d’accueil et les mairies, qui ne disposent pas toujours de moyens pour les aider à réintégrer la société.

Par la démission des parents, l’irresponsabilité des élites et des mairies, ces enfants des rues font souvent les frais de toutes les crises socioéconomiques et sécuritaires qui affectent la société haïtienne depuis plusieurs années. Quel régime politique va investir dans l’accueil, l’éducation et l’encadrement des enfants des rues ? Comment éduquer, responsabiliser et assister les parents qui alimentent régulièrement les rues de la capitale avec des enfants qu’on appelle « Kokorat », « Grapyay », « Chimè », entre autres ?

Du sort des enfants des rues en Haïti dépendant le bien-être collectif, sachant que les enfants des rues qui grandissent sans rêves et sans un toit adéquat et une famille d’accueil, sans amour ni affection, sans accès à l’éducation, aux loisirs et à une véritable inclusion sociale valorisante en grandissant ne pourront jamais donner ce qu’ils n’ont pas reçu dans leur enfance, leur adolescence et leur jeunesse.

Dans cinq ans, dans dix ans, dans vingt ans et plus, ces enfants des rues, parmi les survivants qui grandissent sans une préparation citoyenne basique et sans une humanité dans leur personnalité, vont ainsi grandir dans la jungle des rues, avec le sentiment de voir autour d’eux que des adversaires, des ennemis et des bourreaux à abattre au moment opportun.

Dans leur viseur, ils ne trouveront certainement pas les assassins de leurs rêves, mais de préférence les héritiers de ces derniers, ou encore d’autres innocents et inconscients, des filles et des garçons de leur génération, qui n’ont pas su comprendre que le sort ou le bien-être collectif des uns dépendait de la situation des autres. Et c’est ce qu’on appelle système, ou l’art des relations d’interdépendance entre les éléments qui composent un ensemble ouvert ou fermé.

Dans l’obligation d’ouvrir les portes des centres d’éducation préscolaire, des écoles maternelles, fondamentales, secondaires et professionnelles, les élites de nos villes et les administrations communales devraient commencer par ouvrir des centres d’accueil et des écoles spécialisées dans chaque ville touchée, y compris dans les locaux des lycées dans des horaires particuliers, pour éviter à l’avenir aux paisibles familles et à leurs enfants, en particulier, de ne pas à payer le prix de cette injustice sociale dégradante et renouvelée, dont les enfants des rues en Haïti continuent de payer cher.

Dualité sociale et générationnelle, la Journée mondiale des enfants des rues peut offrir une fenêtre ouverte sur le sombre avenir qui perdure dans l’Haïti d’aujourd’hui, si les dirigeants, les élites économiques et la société en général n’investissent pas dans l’accueil, l’éducation et l’accompagnement des enfants des rues, qui de façon légitime, ne demandent pas mieux qu’un mieux-être et une place plus valorisante dans la société.

Le sort des enfants des rues en Haïti dépend obligatoirement du bien-être des familles et de la paix dans les collectivités. Une responsabilité partagée. À quand un pacte entre les partis politiques en Haïti, pour un engagement en faveur des enfants ? Ces enfants des rues qui ont autant le droit de rêver d’un meilleur environnement, d’espérer une vie émotionnelle et économique meilleure, d’intégrer la vie politique avec plus d’honneur et de pouvoir voter à l’avenir !

Dominique Domerçant




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