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Une hirondelle ne fait pas le printemps

Une hirondelle ne fait pas le printemps



Le week-end dernier, la capture de quelques présumés kidnappeurs a tourné en boucle sur les réseaux sociaux. Un signe patent du désir de justice d’une population à bout de souffle, lasse des graves problèmes de société qui mettent la vie en veilleuse.

En installant récemment un nouveau directeur général au sommet de la Police nationale, le Premier ministre Jouthe a exprimé son désir de faire sans crainte la fête. Bien que les lieux de détente privilégiés (Ti sourit) et le choix des rassemblements évoqués aient de quoi surprendre de la part d’un homme aussi haut placé et doué d’une certaine culture ; on aura compris que le populisme est la maladie infantile de la plupart de nos hommes politiques.

Toujours est-il que la question sécuritaire apparaît au cœur des préoccupations gouvernementales avec ces changements au sommet de la PNH.

Cependant, des confrères se sont largement interrogés sur l’efficacité réelle de ces révocations et mutations sur la situation actuelle d’insécurité qui étend son voile noir sur l’ensemble du territoire. Une forme inédite de kidnapping consiste à voir le débarquement d’hommes portant l’uniforme et arborant les insignes de la PNH, se saisir d’une ou de plusieurs personnes pour les conduire dans d’obscurs lieux de détention.

Une situation qui provoque des tensions et des « mâchoires bloquées » par la peur, à chaque contrôle de routine de la police. Lorsque l'on tombe sur une patrouille, on se demande si elle est légale ou s’il s’agit de la contrefaçon redoutée.

Une personne récemment kidnappée a confié au National avoir été interpellée pour un contrôle de son permis de port d’armes. Bien qu’elle ait produit une autorisation valide, les policiers de circonstance vêtus d’uniformes d’unités spécialisées de la force de police ont procédé à son arrestation-enlèvement.

Une situation qui s’est répétée moult fois dans nos rues. Des fois, c’est un ronronnant ballet de motards qui tissent autour d’un véhicule en plein blocus une véritable toile d’araignée. Ils accompagnent la victime au volant de sa voiture jusqu’au lieu de séquestration, comme dans un cortège officiel.

Face à une situation qui échappe à tout contrôle, les mesures annoncées auront-elles les mêmes effets que cautère sur jambe de bois ou induiront-elles un changement du paradigme sécuritaire ? Toujours est-il qu’un nouveau leadership, s’il peut entraîner une nouvelle dynamique ne peut en rien agir, sur d’autres paramètres comme la situation économique et sociale qui relève plutôt de politiques publiques rationnelles et bienfaisantes.

Dans un communiqué, l’ex-militaire et diplomate, Léon Charles, félicitait la PNH pour son encadrement rigoureux et… modéré des manifestations du 18 novembre. Un optimisme que ne partagent pas les organisations de droits humains. Le nouveau chef de la sécurité essaie d’exprimer une certaine empathie pour ses troupes et raviver par ainsi, l’esprit de corps. Vingt-quatre- heures plus tard, des policiers encagoulés de l’organisation redoutée « Fantom 509 » allaient donner au nouveau commandement ses premiers frissons.

Une situation qui prouve que rien ne va encore pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il faudrait être candide jusqu’à la naïveté pour penser éteindre un volcan avec des seaux d’eau. Une hirondelle ne fait pas le printemps. Malheureusement.

Roody Edmé




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