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Les remords seront éternels

Les remords seront éternels



Chaque jour, barricadés dans nos peurs, nous cherchons à identifier l’ennemi qui menace nos vies et notre bien-être. La dernière pandémie, avec sa capacité annoncée de toucher de centaines de milliers d’Haïtiens, a mobilisé, pour pas grand-chose, l’attention et les moyens d’une société indigente vivant de sa dèche et de ses soupirs. Le désastre était annoncé et, dans leur barbe, certains s’en réjouissaient. Au moins, nous avons le mérite de savoir jouer avec la mort et le malheur de nos compatriotes. Les « clusters » pour abattre le travail d’évaluation du sinistre, les « task forces » pour embobiner les plus vulnérables, les « PowerPoint » pour mieux tendre l’écuelle et les « project papers » pour faire plus technocrates sont des outils et un jargon que le pays maitrise à merveille.

La catastrophe concomitante à la pandémie était le moyen de rameuter des bailleurs, d’attirer les touristes de l’humanitaire avec leurs dollars forts et leurs perversions. Qu’importe. Les situations d’urgence ont aussi le pouvoir de calmer le jeu et de rendre les Haïtiens meilleurs en les rassemblant. Immense paradoxe pour une vérité incontestable ! Ainsi, tous ceux qui ont pris le coronavirus pour l’ennemi se sont trompés dans de grandes largeurs. Bien au contraire.

Aujourd’hui, quitte à se répéter continuellement, la grande urgence à traiter en Haïti est cette violence qui assomme et risque d’effacer la société. Il est difficile d’expliquer cette volonté sinistre d’assassiner, de kidnapper, de violer, de brûler tous les jours de manière délibérée et en toute impunité.

Depuis quelques jours, le pays entend battre la grosse caisse pour annoncer la reprise de la mobilisation fondée sur le départ, avant le terme de son mandat, du président de la République. Bien entendu, le dirigisme des acteurs a toujours été sans nuance. C’est dommage que même au sein d’un groupe « poursuivant » des objectifs similaires, chaque leader, chaque caporal n’agisse que pour dégommer le camarade. Comme si l’effacement de l’autre est obligatoire à chaque moment perçu comme fatidique pour le mouvement. Et, ce ne sont pas les certitudes qui manquent. En démocratie à construire, il paraît que la stratégie voire les lieux de rassemblements ne se discutent pas. Ce, le peuple a toujours vécu avec, quitte à en rire de dépit et de frustration.

Pas que cette querelle entre camarades, l’acteur important, d’un autre genre, Barbecue, du haut de ses responsabilités de seigneur régnant sur son territoire a interdit toute manifestation dans son secteur. Or, le Pont-Rouge et le Carrefour de l’aéroport sont sous le contrôle de G9 an fanmi e alye. La prise de parole de Barbecue n’est pas simplement destinée à faire le buzz sur internet. C’est un engagement pris pour protéger ses intérêts et sa famille.

Et, pour compléter la scène d’horreur, Fantôme 509, le groupe énigmatique de policiers révoltés, pousse les militants qui vont manifester à le faire en toute tranquillité sous sa protection. Or, G9 et 509 ne sortent jamais sans leur arsenal. Ils ont leurs armes et leurs raisons pas toujours évidentes.

Hier, des mineurs s’encanaillaient au Champ-de-Mars à la sortie des salles d’examen. Demain, que des Haïtiens s’entretuent est une menace sérieuse. Ainsi, va la vie!

Personne ne se porte bien en Haïti. Les tueurs, malgré leur trop-plein de testostérone, sont aussi victimes de leurs propres agissements.

Jean-Euphèle Milcé




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