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Débat électoral américain, un duel entre Ogou et Bawon !

Débat électoral américain, un duel entre Ogou et Bawon !



Dans la première journée qui suivra la traditionnelle fête des morts et des Gede en Haïti (1eret 2 novembre), le peuple américain va renouveler le mandat de l'actuel chef d'État en poste, Donald Trump (républicain), ou élire Joe Biden (démocrate) comme le nouveau président des États-Unis.

Dans cette perspective, s'est tenue le 29 septembre 2020, qui marque les 29 ans du plus sanglant coup d'État réalisé en Haïti le 29 septembre 1991, le premier débat présidentiel, mettant dans un face à face, sans masque, ces deux candidats qui vont faire campagne.

Duel politique très incisif dans le pays le plus touché par la pandémie du coronavirus, avec plus de 205.000 morts, entre le candidat républicain portant la cravate avec des rayures de couleur rouge (Ogou) et celui du parti démocrate avec sa cravate imprimée des rayures de couleur noire (Bawon).

Désastre pour certains observateurs qui s’attendaient à un débat de qualité, de haut niveau, quand on constate que le menu était beaucoup plus composé d’insultes, pour Joe Biden : « Le fait est que tout ce qu’il dit est juste un mensonge. Je ne suis pas ici pour critiquer ses mensonges. Tout le monde sait que c’est un menteur ».

Donald Trump répliquera en ces termes : « Vous étiez le dernier ou presque le dernier de votre classe à l’université. N'employez pas le mot « intelligent » avec moi…N’employez jamais ce mot. Il n’y a rien d'intelligent chez vous Joe ». « Laissez-moi juste vous dire, Joe….J’ai fait plus en 47 mois. J’ai fait davantage que vous en 47 ans ».

Dans le dictionnaire des rêves en Haïti, communément appelé « Tchala », on retient que ce fameux nombre « 47 », pris en compte par l’actuel président américain, correspond aux rêves et faits suivants : injures, lougarou, orages, voleur, entre autres. Un nombre qui sert bien de revers « 74 », dans l’interprétation des morts.

De ces deux vieux hommes politiques, lequel pourra apporter du sang neuf qui manque dans la gouvernance américaine et le leadership géopolitique mondial ? Entre Trump et Biden, lequel pourra véritablement réparer la mémoire de ces 205.000 morts victimes de Covid-19.

Déjà quatre mois et quatre jours après la mort de Georges Flyod, qui a été suivie de nombreuses manifestations et des émeutes dans plusieurs villes aux États-Unis et dans d’autres pays, comment les résultats de ces prochaines élections pourraient apaiser certaines tensions sociales et discriminations raciales, dans ce pays de plus en plus démasqué à la face monde ?
Démocrates et républicains vont continuer de s’affronter dans ces débats électoraux tendus, jusqu'à la journée du vote prévue le 3 novembre. Culturellement, on imaginerait très mal la fermeture d’une campagne électorale en Haïti un 1er ou un 2 novembre. Sauf si c’était une compétition électorale organisée dans un cimetière, mettant en face des candidats comme Gede, Grann Brigit et Bawon.

Donald Trump, dont son dernier garçon porte le prénom de « Barron », vient de porter son costume d’Ogou dans ce premier débat, pour faire triompher son verbe et sa vision personnelle de la politique américaine. Joe Biden, qui a perdu son fils ainé Beau Biden, en 2015, des suites d’un cancer du cerveau, voudrait par tous les moyens rattraper le rêve de Barack Obama, en s’appuyant sur la carte symbolique de Kamala Harris. .

Devant ce triste et sombre tableau que vient nous laisser ce premier débat des Présidentielles américaines, alimenté beaucoup plus par des insultes en lieu et place des propositions et des plans de redressement, c’est une triste voie qui vient d’être tracée pour les autres démocraties de la région, et pourquoi pas aux prochains candidats aux élections en Haïti, qui vont se croire tout permis.

Derrière ce débat présidentiel du 29 septembre 2020, en dehors du symbolisme des cravates, on retiendra des mots comme : le silence des morts de la Covid-19, la souffrance des familles des migrants, l'arrogance, l'ignorance, et surtout la déchéance de l’intelligence politique et l'élégance qui faisaient le charme de ces débats jadis.

Dominique Domercant




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