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Les mauvais précédents

Les mauvais précédents



Depuis bien des temps, les affaires de la République sont à la traine et se discutent sur la place publique. Les médias traditionnels et les réseaux se transforment de nos jours en de véritables tribunaux. Fini le temps deretenues. Plus de secrets d'État. Les hommes et femmes placés au timon des affaires ont malheureusement prêté le flanc à ce jeu dangereux pour le pays.

Et il est malheureux de constater aujourd'hui encore que le pays s'enlise,de plus en plus,sous le regard complice de nos élites. Le pouvoir établi depuis le 7 février 2017, loin de se montrer à la hauteur des responsabilités qui sont siennes, continue de multiplier les bourdes dont les unes plus grossières que les autres. Cohérents dans la bêtise, les gouvernements successifs se sont arrangés pour commettre pratiquement les mêmes erreurs. De Jack Guy Lafontant à Joseph Jouthe en passant par Jean Henry Céant et Jean Michel Lapin, les demi-mesures, les décisions irréfléchies et les approximations constituent leur toile de fond.

Le gouvernement conduit par Joseph Jouthe, depuis son installation, s'est montré très fébrile dans la façon d'adresser certains dossiers. Sa première gaffe se rapporte à la gestion du mouvement des policiers pour la mise en place d'un syndicat au sein de la PNH. Le chef du CSPN, qui s'était montré intransigeant sur certains principes, allait céder sous la pression des policiers qui avaient gagné les rues et causé des dégâts dans certains bureaux de l'administration publique.

Cette façon des autorités d'agir sous pression a créé un mauvais précédent dans la conduite des affaires de l'État. S'il n'était pas illégal à ce que les policiers s’organisent en syndicat, pourquoi attendait-on les représailles pour accepter une telle demande? Cet agissement maladroit a plongé la Police nationale au bord de l'implosion où la hiérarchie a été même par moment remise en question.

De nos jours encore, les agissements des autorités dans le cadre du dossier relatif à l'assassinat du bâtonnier de l'Ordre des avocats de Port-au-Prince, ont étalé un peu la maladresse de ces responsables dans le traitement des dossiers sensibles. Les prises de position du ministre de la Justice et de celui des Affaires étrangères essayant d'attribuer la mort du bâtonnier à certains secteurs constituaient déjà une entrave à toute enquête sérieuse. Malheureusement, le gouvernement continue de multiplier des erreurs évitables, créant ainsi de mauvais précédents.

La libération forcée des cinq policiers qui étaient chargés de sécuriser la scène de crime est une autre gaffe qui constitue encore un mauvais précédent. Ceci à plus d'un titre. Sous la pression des policiers de l'UDMO qui mettaient la ville à feu et à flammes, le Premier ministre, en personne, avaitdemandé, sur les ondes d'une station de radio, la mise en liberté de ces agents qui peuvent ne pas avoir rien à se reprocher dans la profanation de la scène du crime.Des deux côtés, le mal semble infini. Si la libération est juste, l'arrestation a été injuste. L'autorité doit agir avec justesse dans le cadre de la loi.

Avec ces décisions à l'emporte-pièce, le Gouvernement a, peut-être malgré lui, remobilisé les policiers du groupe « Fantôme 509 » qui ont exigé, le 14 septembre,la libération de l'un de leurs frères d'armes incarcéré au Pénitencier national. Le bilan des dégâtsest assez lourd. Des véhicules et bureaux de l'État sont incendiés gratuitement.Le Gouvernement, par sa maladresse, doit être tenu comme principal responsable.

Ce pouvoir prend ainsi le malin plaisird'agir sous la contrainte de la violence. Après les événements des 6,7 et 8 juillet 2018, le président de la République avait entendu la voix du peuple seulement après les escalades de violences qui ont failli même l'emporter du pouvoir.

Noclès Débréus




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