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Erdogan: le nouveau sultan

Erdogan: le nouveau sultan



Tous les observateurs ont les yeux fixés sur le conflit de basse intensité opposant la Turquie et la Grèce. Depuis tantôt un mois, à la lisière des frontières maritimes entre les deux pays se succèdent manœuvres militaires et provocations. Le président turc, Recep Tayib Erdogan, a décidé que le pétrole enfoui dans la Mer Noire et la Méditerranée orientale relevait du patrimoine maritime de la grande Turquie.

Le président Erdogan qui, ces dernières années, a renforcé durablement le potentiel militaire de son pays veut que la Turquie soit une puissance régionale incontournable dans une zone géographique connue pour ses richesses gazières. La Turquie a grand besoin de ressources pétrolières d’autant qu’elle en importe 92 % pour ses besoins domestiques.

De plus, le pays en a un urgent besoin pour soutenir ses navires de guerre qui vont très loin patrouiller dans la Mer Noire. Pour soutenir ses rêves de puissance et projeter très loin ses forces, Ankara veut se doter d’une forte logistique. Les importations de plusieurs milliards de dollars pour ses besoins énergétiques plombent une économie menacée de sanctions par le récent sommet des pays de l’Europe du Sud inquiets de la nouvelle hégémonie turque.

Après avoir fait le « ménage » dans son pays en se débarrassant des poids lourds de son opposition et de ce qui restait du parti des Kurdes (PKK), le chef de l’État turc le plus puissant depuis Mustapha Kémal est en quelque sorte le contre-exemple de l’illustre fondateur de la Turquie moderne.

Erdogan a rompu avec le modèle d’une Turquie laïque et occidentalisée pour engager son pays résolument dans un islamisme officiel. La transformation de l’ancienne cathédrale Sainte Sophie en une mosquée est un choix symbolique fort qui marque un tournant dans l’édification d’une Turquie impériale, nationaliste et islamique.

Ce qui place son pays comme un des leaders régionaux de l’Islam politique et religieux aux côtés de ses lointains voisins de l’Arabie saoudite et de l’Iran. Il existe déjà une sorte de rivalité sourde avec Riyad. Le président Erdogan n’a pas toléré que des barbouzes saoudiens viennent exécuter un opposant sur son territoire à l’intérieur du Consulat saoudien. Les services secrets turcs ont tout fait pour engager la responsabilité des dirigeants de Riyad dans ce meurtre crapuleux. Ils ont, par la même occasion, démontré les moyens dont ils disposent en diffusant l’interrogatoire subi par Jamal Khashogi, journaliste saoudien, collaborant avec le Washington Post et très critique envers le régime saoudien.

Dans ses rêves de puissance, le nouveau « sultan » menace sa « meilleure ennemie » la Grèce, qui est bien décidée à défendre son influence historique dans la Méditerranée. D’autant que les 323 milliards de mètres cubes de pétrole prétendument découverts par les bateaux d’exploration turcs se trouveraient selon Athènes, dans sa zone d’exclusion maritime.

Le président turc n’est pas prêt pour le moment à faire marche arrière. Son attitude offensive a pour but de renforcer ses bases nationalistes à l’intérieur de son propre pays. Sa présence militaire en Syrie et surtout en Lybie, prouve qu’il veut jouer désormais dans la cour des grands.

Et qui sait renouer avec l’époque fastueuse du grand Empire ottoman.

Roody Edmé




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