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De la responsabilité culturelle des mairies en Haïti

De la responsabilité culturelle des mairies en Haïti



Depuis toujours la nature a horreur du vide. Et ce n'est pas la République d’Haïti qui deviendra l’exception à la règle, à défaut de suivre le modèle d’exception culturelle de la France. En ces périodes de confinement autour de l’épidémie de Coronavirus, en pleine période estivale, les jeunes du pays, sans trop grandes offres culturelles publiques de qualité, n'ont pratiquement pas trop le choix entre les fêtes patronales, la plage, les compétitions sportives, les réseaux sociaux, les activités de « Ti Sourit », et la dernière animation en date dénommée « Car Wash ».

Des critiques légitimes ou fondées de part et d’autre, jusqu'aux réactions et des sanctions des autorités, du pouvoir central et des forces publiques, autour de cette nouvelle forme de manifestations culturelles publiques en pleine extension ou expansion dans le pays, c’est le moment ou jamais de penser l’un des grands maux de notre pays, qui consiste par l'absence de propositions intelligentes et de programmations culturelles réfléchies spécifiques à la typologie de chaque commune du pays, en termes de loisirs sains et accessibles au plus grand nombre.

Dommage que les plus hautes autorités de nos communes, responsables des collectivités territoriales, pour ne pas citer les maires du pays, bon nombre de ces derniers, tardent à reconnaitre leur véritable rôle majeur dans l’organisation de la politique culturelle de proximité de la commune, qui implique une planification stratégique des offres culturelles de qualité, en termes de loisirs, destinées à toutes les couches de la population dans sa diversité et les spécificités de ses besoins.

Dans quelle ville en Haïti planifie-t-on l'agenda culturel sur une période déterminée en temps normal comme en temps de crise ? Dans quelle administration communale en Haïti, bien avant les changements en cours, on pourrait trouver la base de données actualisée sur l’ensemble des créateurs et les artistes (dans chaque catégorie), ainsi que tous les opérateurs et organisations qui participent au développement et à la dynamisation des différents services et produits culturels de la ville ? Quelles sont les réflexions, les propositions et les programmations autour du renforcement des activités de loisirs sains, créatifs, individuels, collectifs autour du patrimoine spécifique de chaque commune en Haïti ?

Dans chaque mairie du pays, il manque terriblement la présence effective ou efficace d'un service ou d’une direction des affaires culturelles, pour organiser et gérer des politiques publiques en matière de politiques culturelles pour la ville, avec des offres de services publics et de produits culturels répondant aux besoins des familles évoluant dans la commune, ainsi que des touristes locaux et des étrangers de passage sur les sites culturels les plus diversifiés. Combien de villes en Haïti disposent d'une carte culturelle actualisée ?

De la nécessité de réglementer la vie culturelle dans chacune des villes du pays, qui passent par l'inventaire des biens, des produits, des services, des créateurs, des opérateurs et des institutions partenaires dans l’organisation des événements culturels qui tournent autour de la ville dans l'espace-temps physique et virtuel.

Dans l’impossibilité d’offrir mieux, ou même le minimum comme alternatives aux jeunes du pays, des débauches ou dérives comme le « Car Wash», se confirment parmi les meilleures manifestations de défoulement, même dégradantes, après des journées, des semaines, des mois, et des années de dégradation des conditions de vie et de bien-être familial, social et global dans l’espace haïtien.

Des moyens qui manquent pour faire le minimum pour la ville ou pour les jeunes, voilà l’excuse qui arrive souvent dans les réactions de certains de nos élus. Et pourtant, on se demande combien coûteraient à la Mairie, pour créer un outil d'enregistrement de tous les acteurs et opérateurs culturels évoluant dans la ville ? Combien coûterait réellement l’organisation d’une réunion d'évaluation des activités culturelles dans la ville, pour l'harmonisation et l’officialisation de l'agenda culturel de la ville une fois pour toutes ? Qu’est-ce qui empêche aux maires en collaboration avec les notables de la commune et les représentants des médias, des écoles et des entreprises qui évoluent dans la ville, de définir une charte sur les critères éthiques et moraux pour déterminer les activités artistiques et culturelles à valoriser dans la ville ?

Dans tous les pays du monde et dans toutes les institutions sociales, l’exemple doit toujours venir d'en haut. Et personne ne peut donner ce qu’il n’a pas. À nos élites et nos familles, aux éducateurs et médias, aux institutions et aux entreprises dans la ville, aux mécènes et aux sponsors d’élever culturellement la barre plus haut, si nous souhaitons véritablement sauver la barque. Sans quoi la marche se poursuivra de « Ti Sourit » à « Car Wash » !

De la responsabilité culturelle de la Mairie pour définir avec les opérateurs, l'agenda culturel de la commune, tout en valorisant les loisirs culturels qui peuvent contribuer au développement économique et social de la ville, dans le respect des valeurs traditionnelles et identitaires.

Dominique Domerçant




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