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La velléité autocratique

La velléité autocratique



Depuis le 13 janvier 2020, Haïti s'est écartée de la voie démocratique lors que le président de la République a dit constater la caducité du Parlement sans avoir organisé des élections pour pourvoir au renouvellement du personnel de cette institution vitale dans toute société dite démocratique. Lorsque les pouvoirs de l'État ne sont pas équilibrés et qu'un seul homme détient le maillet, la démocratie en pâtit immédiatement. Les dernières déclarations du président de la République faisant croire que personne ne disputer le pouvoir au parti PHTK renforcent les propos de son ex-PM, Jacques Guy Lafontant, annonçant une mainmise de son parti sur le pouvoir pour au moins cinquante ans.

Le président de la République vient-il de dévoiler son vrai visage ? La non-tenue des élections pour le renouvellement du Parlement ainsi que les municipalités semble avoir participé du plan du président de la République d'être le seul maitre à bord de la barque nationale. D'ailleurs, il l'a affirmé haut et fort qu'après Dieu, il est le seul détenteur de tous les pouvoirs en Haïti. Ces déclarations, loin d'être dignes d'un chef d'État dans un pays dit démocratique, doivent faire penser aux anciennes pratiques autocratiques des chefs d'État qui, jadis, se croyaient tout permis.

Avec ces prises de paroles intempestives, le président de la République ne s'est pas montré à la hauteur de sa tâche ainsi que les défis de l'heure. Le moment n'est plus à provocation, mais à la sérénité et au consensus. À chaque décret, à chaque prise de parole, le chef de l'État n'a fait pourtant que raviver la braise en surchauffe depuis tantôt deux ans avec les multiples épisodes du pays lock.

Cette posture autocratique adoptée par le chef de l'État devrait interpeller même ses amis de la communauté internationale qui se font souvent passer pour des champions de la démocratie. Pourquoi la séparation/l'équilibre des pouvoirs, l'un des principes cardinaux de la démocratie, n'intéresse pas la communauté internationale en acceptant de supporter un président qui dirige à coup de décrets au grand dam des prescrits constitutionnels?

Aujourd'hui, le pays mérite mieux que ces déclarations à l'emporte-pièce et la volonté d'un homme de s'éterniser au pouvoir. Avec une inflation autour de 24 %, l'insécurité grandissante, le chômage et la faim, le peuple en a assez.

Tout ce qu'il demande, c'est le mieux-être et non les promesses farfelues qui se multiplient depuis environ quatre ans. S'inscrivant dans le sillage de Michel Martelly, Jovenel Moise avait promis de continuer, de corriger, en innovant, les actions de son prédécesseur. Quatre ans, après son élection, les promesses peinent à se concrétiser. La Caravane du changement est passée à côté de la plaque et la population s'enfonce dans une misère abjecte. Zéro emploi créé, environnement délabré, économie anémiée, éducation au rabais et le pays est transformé en un véritable État de non-droit avec la prolifération des gangs armés partout dans le pays. Pourquoi donc vouloir se garder le pouvoir pour les prochaines années à venir sans être en mesure de répondre au plus basique des besoins du peuple ?

Noclès Débréus




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