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Un grand zèle moral

Un grand zèle moral



En soubassement du débat, combien utile et légitime, autour du nouveau Code pénal, les voix qui tiennent à revendiquer l’héritage chrétien de la très « morale » nation haïtienne sont de plus en plus fortes et tenaces ! Les réseaux sociaux, miroir fidèle du grand déballage social, sont chauffés à blanc et portent l’évangélisation sur tous les écrans. À chacun sa pétition, ses insultes, son raisonnement et ses prières. On aura compris que le christianisme s’est diffusé et répandu en Haïti, à force de conversion massive. Il s’est installé, en effet, comme un élément fondamental des us et des coutumes indéboulonnables dans le pays.

Si le christianisme a exercé une séduction sur la population grâce au talent et à la conviction de certains prédicateurs, il faut tout aussi admettre qu’il a été aidé, armes à la main, par la colonisation, l’occupation américaine, la campagne rejeté et les vices d’une élite spécialiste de tous les reniements possibles. Et autant l’écrire tout de suite : la morale chrétienne ne se soucie guère de la cohésion sociale, encore moins de la justice sociale, mais impose et défend la volonté de Dieu. La loi dictée par Dieu et éternellement en vigueur.

Nous ne pouvons pas croire que cet assaut soudain de la communauté chrétienne puisse forcément être pris pour parole d’Évangile. Les groupes organisés de chrétiens à force de fuir et de mépriser le « monde » (comprenez les autres) ne se sont pas toujours montrés très au fait des grandes échéances politiques et des importants enjeux sociaux dans le pays. Comme s’ils ne s’étaient jamais sentis menacés par l’irrespect des lois de la République, la captation des ressources du pays par un petit groupe au détriment de tous, l’effondrement de l’économie et la mise à mort des Haïtiens par l’insécurité permanente et généralisée.

Il est indéniable que nos échecs ont enrichi notre connaissance de nous-mêmes. Pendant longtemps, nous avons oublié de tenir compte des motifs pour lesquels le peuple haïtien a toujours été maintenu la tête sous l’eau. Le silence des structures chrétiennes, qui revendiquent le monopole de la moralité et la majorité écrasante de la population haïtienne, ne permet toujours pas de comprendre la question coloniale et le dépérissement d’un pays gangréné par les actes délictueux de groupes économiques et politiques.

Si la communauté chrétienne refuse de faire un examen de l’usage qu’il a fait de la foi des Haïtiens, on continuera de nourrir la suspicion sur ses convictions démocratiques.

Nombreux sont ceux qui croient, et qui le font savoir, qu’il est impératif d’aménager un Code pénal capable de protéger la société tout en défendant les valeurs, l’histoire et l’identité qui sont siennes. C’est une chimère de vouloir comprendre que les fondements haïtiens sont chrétiens.

Le pays a besoin de la solidarité constante agissante de ses enfants pour construire l’égalité sociale avec des lois justes et applicables à tous.

Faisant peu cas de la pandémie, des leaders chrétiens ont mis les gros moyens, y compris chars musicaux et foule immense dans les rues du Cap-Haitien, pour dénoncer le Code pénal. Ça craint !

Certains combats sont comme de leurres qui dissimulent les sept péchés capitaux.

Jean-Euphèle Milcé




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