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Des leçons de Mandela aux Haïtiens

Des leçons de Mandela aux Haïtiens



Du haut de ses cent deux ans d’existence, car étant né le 18 juillet 1918, et même après sa mort le 5 décembre 2013, Nelson Mandela, encore très vivant dans l’histoire universelle et les enseignements de la sagesse politique, nous a laissé un ensemble de messages et des leçons encore d’actualité.

Dans cette bataille que les Haïtiens livrent pratiquement chaque jour sur tous les fronts, Mandela nous dit que : « la plus grande victoire de l’existence ne consiste pas à ne jamais tomber, mais à se révéler après chaque chute ». Tels sont les leçons enseignées par ce frère africain et ancien combattant pour la dignité, qui nous suit de loin et continue de nous rappeler que : « le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de vaincre ce qui fait peur. »

Dans l’impossibilité pour Haïti de rattraper ce modèle de citoyen visionnaire, l’héritage de ce type de leadership imprimé par le personnage charismatique de Nelson Mandela, nous ne pouvons que nous contenter de rappeler quelques unes des citations de ce dernier, à ceux et celles qui se disent ou se reconnaissent dans les rangs des leaders et la peau des dirigeants haïtiens actuels et futurs.

D’entrée de jeu, il faudrait rappeler à qui veut l’entendre, que Nelson Mandela n’a jamais été un saint. Cela dit, ses 27 années et plus, passées en prison, faisaient partie des revers politiques temporels de son engagement social et politique sur tous les fronts, en utilisant à la fois la force dialectique des discours politiques, la mobilisation des manifestations pacifiques et parallèlement des luttes armées, pour renverser l’ordre dictatorial et raciste imposé par le régime de l’apartheid en Afrique du Sud contre les Noirs.

Dans la situation actuelle d’Haïti, qui vient de commémorer le deuxième anniversaire du temps de « pays-lock », le 7 juillet 2020, il semblerait que certains des groupes influents ou très intelligents en Haïti, se sont déjà inspirés de certaines sagesses qui portent le souffle de Madiba, pour devenir plus forts, pour se formaliser ou pour prendre la forme du vase !

Disait Nelson Mandela : « pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé ». N’est-ce pas une belle leçon pas toujours apprise par les partis de l’opposition politique ? Un enseignement traduisant dans un autre sens la logique de « l’union fait la force », écrite plus de deux siècles plus tôt par les Pères fondateurs de la Patrie, pour gagner les dernières batailles ayant conduit à la victoire finale le 18 novembre 1803, pour la libération des anciens esclaves, l’indépendance du territoire des puissances coloniales et la création du nouvel État, Haïti.

Dans son plaidoyer pour la dignité humaine, Mandela nous a également rappelé que : « toute personne, partout dans le monde, a le droit de vivre dans la dignité, libre de toute crainte et de toute oppression, libérée de la faim et de la soif…». Or, la réalité haïtienne nous prouve souvent bien le contraire en ces temps de peur contagieuse et de pertes des repères pour pouvoir jouir de certains droits parmi les plus élémentaires.

Dans quelle langue les familles haïtiennes évoluant dans les quartiers les plus vulnérables, comme celles ne disposant pas d’armes et de voitures blindées pour se protéger, doivent-elles communiquer, crier, hurler ou supplier les anciens et nouveaux bourreaux, pour les inviter à comprendre que : « si vous parlez à un homme dans une langue qu’il ne comprend pas, vous parlez à sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue, vous parlez à son cœur ».

Dans l’impossibilité de continuer à faire croire aux familles haïtiennes les plus démunies que demain sera meilleur, on ne peut qu’emprunter deux des sagesses utilisées par Mandela dans la vie réelle, selon laquelle : « l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ». Et, « Un gagnant est un rêveur qui n’abandonne jamais », pour tenter de faire comprendre aux jeunes de nos jours l’importance d’une bonne gestion stratégique du temps, investi entre les connaissances et la résistance pour surmonter les défis du moment et changer le monde de demain.

De l’éducation à la culture pour changer l’ordre des choses, c’est « En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d’en faire autant », pour reprendre les propos de cet ancien prisonnier politique très cultivé et initié dans les savoirs, les sagesses et les secrets, avant de devenir homme d’État et leader planétaire.

Dominique Domerçant




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