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« Le risque sismique en Haïti : avancées et manquements », une conférence édifiante de l’ingénieur et géologue Claude Prépetit

« Le risque sismique en Haïti : avancées et manquements », une conférence édifiante de l’ingénieur et géologue Claude Prépetit



Dans le but de se souvenir du séismemeurtrier du mardi 12 janvier 2010 qui a laissé des blessures béantes dans l’âme du peuple haïtien et dans le but aussi de mieux connaitre les aléas et les risques sismiques en Haïti, C3 Editions a organisé à la salle Michel Soukar à Delmas 31 le dimanche 10 janvier 2021 une causerie fort enrichissante. La maison d’édition a invité unspécialiste en la matière, l’ingénieur et géologueClaudePrépetit. Ce qui a permis au public et aux internautes de déterminer le niveau du risque sismique en Haïti. Il s’est agi aussi d’expliquer les avancées et les manquements enregistrés en Haïti après les événements douloureux du 12 janvier 2010.


Plus d’unedécennie plus tard, les survivants haïtiens du tremblement de terre du 12 janvier 2010 font encore le deuil deleurs proches disparus lors de ce séisme. Ils portent encore dans leurs vies les séquellesd’une capitale effondrée. Réveillantles souvenirs douloureux et tristes de cette tragédie, le conférencier est retourné sur les rives du passé pour rappeler au début de sa conférence ce qui s’est passé le mardi 12 janvier 2010 à 16 heures 53. Un séismede magnitude 7.3sur l’échellede Richter avec un épicentre localisé à dix kilomètres au sud-ouest de Léogâne a frappésévèrement la capitale haïtienne, la ville de Léogâne et de Jacmel, en particulier. Outre d’avoir enregistré plus de deux cent cinquante mille morts, des milliers de bâtimentsprivés et édifices publics effondrés ou endommagés. En effet des infrastructures importantes comme le Palais national, le Palaislégislatif. Claude Prépetit a expliqué que le séisme du 12 janvier 2010 était venu rappeler aux Haïtiens, de façondramatique et brutale, la menace trop longtemps sous estimée de la forte exposition du territoire d’Haïti au risque sismique. Les gens se demandaient, a poursuivi le géologue,pourquoi y a-t-il autant de dégâts ?Il a soulignéqu’il y a cinq raisons qui expliquent cela. La première est liée àl’aléasismique totalement méconnu en Haïti. Il y a aussi le mode de construction et d’aménagement urbain, l’ignorance de la population du risque sismique en Haïti. Il y a aussi la banalisation tant au niveau national qu’au niveau international du risque sismique en hait sans oublier la culture religieuse de bon nombre d’Haïtiens qui croient au bon Dieu bon ou qui misent leur confiance sur les dieux tutélaires de la nation.

M Prépetit a aussi mis l’emphase sur les avancées enregistrées en matière de prévention du risque sismique en Haïti. Il y a entre autres la cartographie d’aléa sismique local de Port- au –Prince ( Texas FRH PNUD,2010) , aléa sismique régional d’Haïti ( USGS, 2010) … le micro zonage sismique de la ville des (Cayes Haïti B. Jeudyuniversité de Sherbrooke Canada INBTB,2014). Ce n’est pas tout, il y a des films documentaires,de messages publicitaires et des affiches pour la sensibilisation dans les écoles et pour la population en général. Il y a des cartes communales d’évacuation en cas de tsunami. Des conférencesréalisées de 2010 à20 129 dans beaucoup d’établissementsscolaires et universitaires en Haïti sur les risques sismiques et les comportements à adopter. Par exemple la création à SEMANAH du centre d’observation sur les données maritimes (CODOMAR) chargéde gérer le centre d’alerte national aux tsunamis, l’impression et la diffusion d’un guide de bonnes pratiques pour la construction de petits bâtiments en maçonneriechainée en Haïti et le Guide pratique de réparation de petits bâtiments en Haïti, etc.

En ce quiconcerne les principales faiblesses des avancéesnotées aprèsle 12 janvier 2010, le conférencier a montré que la plupart des études techniques menées ne sont pas connues et vulgarisées, les recommandations ne sont pas appliquées. Les études très techniques par ailleurs sont incompréhensibles pour les décideurs locaux et ne font pas l’objet d’une traduction opérationnelle. L’Étathaïtien, a t- il affirmé, consent trop peu de moyens financiers dans son budget àla réduction du risque sismique. Il existe des faiblesses dans les comités départementaux communaux et locaux de gestions des risques et désastres.
Sommes-nous prêts à faire face au prochain grandséisme en Haïti ?

M. Prépetit a déclaré que les progrèsréalisés en matière de connaissance du risque sismique en Haïti sont àconsidérerpositivement,car ils constituent des pré-requis indispensables à la réduction de la vulnérabilité des enjeux. Cependant, ils ne sont pas suffisants pour réduire les conséquences économiques sociales et environnementales du développement imprudent de la sociétéhaïtienne. Sans une vision à long terme, un suivi continu et une réelle appropriation de toutes les avancées déjà obtenues et de celles à venir par la population et les décideursnationaux et locaux, il sera impossible d’atteindre les objectifs de la prévention qui inscrivent dans la logique du développement durable contrairement aux mesures de réparation post-crise.

Schultz Laurent Junior




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