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Quand l’historien Michel Soukar évoque «La vie tragique d’Henry Christophe»



Dans le cadre de la remémoration du bicentenaire de la mort d’Henry Christophe. La salle Michel Soukar, sur une initiative de C3 Éditions, a accueilli le 24 novembre 2020 une conférence autour de la vie tragique d’Henry Christophe.Présentée par l’historien Michel Soukar et déroulée notamment en présence de l’ancien Premier ministre haïtien Evans Paul, du sociologue Daniel Supplice et des élèves du nouveau secondaire IV de l’Institution chrétienne mixte Les Gédéons (ICMG), cette rencontre intellectuelle a permis au conférencier de présenter le livre « La vie tragique d’Henry Christophe » de Louis ÉmileÉlie(1886-1959) paru cette année dans la collection Textes retrouvés chez C3 éditions. Durant sa causerie, Soukar a dressé la stature de Henry Christophe premier monarque couronné du NouveauMonde, forgeur de progrès qui a laissé la Citadelle Laferrière comme un motif de fierté pour tousles Caribéens.


L’immense culture de l’historien Michel Soukar lui a permis d’embrasser toute la dimension du sujet dans les domaines aussi variés que la biographie, l’anthropologie, la psychologie et l’histoire. Au lieu de s’attarder sur la fin tragique du roi Henry 1er qui s’est suicidé d’une balle à la tête, Michel Soukar a mis en avant les qualités de l’homme, les faits saillants qui ont marqué sa vie en privilégiant cependant ceux qui sont relatifs à la politique, à son statut d’esclave à talent, à son ascensionà la magistrature suprême de l’État, à sa lutte pour la liberté et à la fondation de l’État nation en janvier 1804, à ses réalisationset à son itinéraireinentamé.

Après avoir lu une notice biographique de Louis Émile Élie, Michel Soukar est rentré dans le vif du sujet. Pour Soukar, « Élie, dans son livre, retrace son itinéraire de l’esclavage à l’initiation aux métiers des armes, son ascension militaire et politique à l’ombre de Toussaint Louverture, sa participation à la Guerre de l’Indépendance, le pinacle de son règne. De l’état d’esclave, il accède à un rang illustre, prouve son héroïsme, son idéal de grandeur pour son peuple, malgré ce peuple, envers et contre tout. Son parcours et sa quêtedemeurent un fait vécu, malgré leur caractère exceptionnel. Son indéniable réalité historique l’impose comme une représentation de la vie. Une mimesis. La lutte contre le destin d’humiliation de l’homme noir, contre ce qu’il considère comme insouciance ou inconscience de son peuple de son rôle historique fondateur, le pousse à exprimer, jusqu’à l’explosion de cruauté,sa passion d’édifier le premier État nègre fier et prospère du continent. À la face des puissances blanches, racistes, esclavagistes, colonialistes. Doit-il sacrifier repos et vies humaines. Sa citadelle, vigile de notre indépendancedévore des vies, elle demeure la première grande œuvre de mains noires dans la Caraïbe. »

Plus loin, Michel Soukar a conseillé à son auditoire de ne pas regarder Henry Christophe avec les yeux d’un Haïtien de 2020, il faut le placer dans son temps, parce que Christophe est une personne hors du commun, il est le co-fondateur de la nation haïtienne, Christophe est le produit de son temps. Il avait fait, selon l’historien, des choix dans sa vie à partir de ce qu’il a vu, entendu et vécu.« Il était cet homme qui connait le prix de certains rêves. Surtout, leur issue. Il s’est battu contre les penchants de son peuple, contre le temps, car au fond de lui-même, il savait que l’ensemble de ses réalisations dépendait de sa poigne de fer. Il est le fils d’une révolution qui a mené les droits de l’homme au sommet. Il est en même temps le produit d’une contradiction. Christophe c’est l’efficacité, la prospérité, mais à quel prix », s’est interrogé Michel Soukar.« Et on comprend pourquoi Henry Christophe,ce personnage extraordinaire, a inspiré le romancier cubain Alejo Carpentier qui en fit le principal protagoniste de la troisième partie de son roman « Le Royaume de ce monde » en 1949. Derek Walcott, poète et dramaturge de Sainte-Lucie, prix Nobel de littérature en 1992, publia en 1949 une pièce de théâtre : « Henri Christophe, une chronique en sept scènes ». Un roman raconte sa vie : « Black Majesty » par John Vandercook en 1928. Bien avant Aimé Césaire qui, en 1963, fait de lui le héros de sa pièce : « La Tragédie du roi Christophe », Élie qualifie la vie, le destin de cet homme de tragique.

Cette conférence autour de la vie tragique du roi Henry est d’une importance capitale dans l’Haïti d’aujourd’huiselon le politique et l’ancien Premier ministre haïtien Evans Paul. C’est un prétexte de proposer des personnalités inspirantes aux jeunes. Des personnalités qui sont, à plusieurs égards,des exemples à suivre et des modèles à méditer. Un élève, Wilgasly Saint Germain du nouveau secondaire IV de l’ICMG a fait preuve d’une grande maitrise du sujet développé par Michel Soukar sur Christophe. Ila questionné l’héritage du roi bâtisseur deux cents ans après sa mort. Soukar dans sa démarche historiographique a su trouver un lien dynamique entre le passé et le présent pour nous aider à nous approprier des valeurs et des vertus christophiennes et rêver, comme disait Luc Grimard, dans un poèmeépiquefiguré dans le livre de ce roi qui a bâti des Citadelles dans les nues.

Schultz Laurent Junior




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