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Les waistbeads: renouer avec moi-même pour me ressourcer...



Beads ou perles de taille est un nouvel ornement que portent les femmes à leurs tailles, parfois au dessus de leurs vêtements. Une ou plusieurs rangées de bijoux colorés qui accentuent la silhouette féminine. Mais qu’est-ce qui se cache derrière le port des beads ? Les détails de cette nouvelle mode fournis par Dorah Lamarre, une créatrice talentueuse et propriétaire de Awabeads. Découvrez cette compagnie et cet art qui se propage de plus en plus dans la gent féminine.


Le National : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Dorah Lamarre : Mon nom est Dorah Lamarre et je suis la fondatrice de AWABEADS, une ligne de bijoux intentionnels communément appelés « waistbeads » ou perles de taille.

L. N. : Depuis quand avez-vous lancé Awabeads ? Qu'est-ce qui vous a poussé vers la confection de bijoux ?

D. L. : J’ai lancé Awabeads en aout 2015, de façon spontanée avec l’aide d’une femme artisane que j’avais rencontrée à la foire traditionnelle de la Fête du Travail au Champ-de-Mars. Je considère Awabeads comme un cheminement personnel avant tout puisque je les ai longtemps portés personnellement avant de me rendre compte que le sentiment de bien-être et de pouvoir par la réappropriation de mon corps que mes perles me procuraient, était quelque chose que je voulais partager avec d’autres femmes. Je pense tout simplement que j’étais arrivée à un point dans ma vie où il me fallait renouer avec moi-même pour me ressourcer et la découverte des « waistbeads » est tombée a point. C’était ce dont j’avais besoin.

Plus qu’une ligne de bijoux, la vision derrière Awabeads est de créer une plateforme pour pousser les femmes à s’accepter et se valoriser aussi bien mentalement que physiquement. Parce que je crois que le bien-être peut passer par l’appréciation de sa forme physique pour améliorer son état mental. Se sentir bien dans sa peau, s’accepter et trouver le courage de faire intuitivement les choix qui nous seront les plus bénéfiques est finalement la vraie mission d’AWABEADS.

À quoi servent les beads ? En plus de la dimension esthétique, que traduit le port des beads ? Est-ce une tendance populaire en Haïti ?

D. L. : Depuis 2015, la pratique du port de perles de taille a considérablement gagné en popularité. De nos jours, de plus en plus de jeunes filles en portent et en confectionnent. Lorsque j’ai lancé AWABEADS il y a 5 ans, personne ne semblait être au courant de leur existence et j’ai donc toujours mis un point d’honneur à partager mes connaissances sur leur origine et leur utilisation traditionnelle. Je me réjouis donc de savoir que j’ai pu contribuer à la popularisation d’une pratique bénéfique pour nos femmes, si bien expliquée et comprise.

L. N. : Comment cette tendance s’intègre-t-elle dans la culture haïtienne ?

D. L. : Le port de « waistbeads » n’est pas une tradition ancrée dans la culture haïtienne. Avec la vulgarisation des réseaux sociaux, il est facile de remarquer que les waistbeads sont autant appréciés que décriés. Le côté sensuel et aguichant qu’ils projettent ne cadre pas avec notre société ou les sujets perçus comme tels sont encore tabous. Il revient de la responsabilité de chacun, ceux qui les portent autant que ceux qui les confectionnent de s’éduquer et d’éduquer les autres afin d’éviter les stéréotypes négatifs.

L. N. : Voyez-vous Awabeads comme partie intégrante du monde de l’artisanat en Haïti ? Si oui, comment comptez-vous contribuer à l’avancement de ce secteur ?

D. L. : AWABEADS est définitivement le travail d’artisans d’Haïti ou d’ailleurs. Toutefois, il faut faire la différence entre les perles de tailles traditionnelles et ceux que l’on confectionne avec des fermetures tels que les vis. Elle réside dans le fait que les waistbeads traditionnels sont permanents, une fois attachés, la seule façon de les retirer est de couper le fil. En ce sens, les porter représente un mode de vie, un engagement et une promesse faite à soi même de s’aimer en tout temps, à chaque étape de sa vie.

À côté de cette mission, j’ai pendant longtemps travaillé avec des artisans en Haïti afin de mettre sur pied un atelier de confection. C’est un projet ambitieux et de longue haleine que je continue à façonner.

Comment arrivez-vous à promouvoir vos produits en Haïti et ailleurs ? Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face comme petite entreprise ?

D. L. : Les réseaux sociaux ont été notre plus sûr allié en termes de promotion. Nos clientes également, car l’expérience du port des « waistbeads » une fois bien encadrée résulte automatiquement du partage avec d’autres femmes.

Nous sommes visibles sur toutes les plateformes sociales numériques ainsi qu’à notre adresse physique sise au 25 de la rue Chavannes à Pétion-Ville.

Le National : Comment voyez-vous l’avenir d’Awabeads. Quels sont vos plans futurs ?

Dorah Lamarre : Ces 5 dernières années ont été extrêmement enrichissantes, des histoires vécues, des témoignages profonds, des liens tissés, tout un ensemble d’éléments qui ont fait d’AWABEADS, une véritable chaîne et un « safe space » permettant à toutes les femmes de se mettre à nue, se réinventer sans craindre jugements et critiques.

Propos recueillis par :
Soraya Louis




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