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« Un orgasme par les mots » les premières lectures critiques de Dany Laferrière de la poésie de Christophe Philippe Charles



Les Editions Choucounes publient en juin 2019 un florilège de 78 pages « Un orgasme par les mots » qui contient des lectures critiques de Dany Laferrière en rapport avec l’œuvre du jeune poète Christophe Philippe Charles. Dans ce livre, Laferrière, devenu aujourd’hui membre de l’Académie française avait permis aux lecteurs de ressentir les tourments qui tracassaient l’âme de Christophe Philippe Charles.


Avec une introduction de Christophe Philippe Charles lui-même, « Un orgasme par les mots » permet aux lecteurs d’aujourd’hui de (re) parcourir les premières recensions critiques du jeune journaliste Dany Laferrière qui collaborait au Petit samedi soir, un journal hebdomadaire dirigé par Dieudonné Fardin. Et parfois et souvent au quotidien Le Nouvelliste, « Un orgasme par les mots » contient en effet des lectures critiques sur « Le cycle de la Parole » (1973), sur «Hurler » (1974), « Sur dix nouveaux poètes et écrivains haïtiens » (1974), sur « Rêves d’or », et sur une « Anthologie de la Revue des Écoliers » (1975). Et ce n’est pas tout, il flotte en même temps dans ce livre une odeur enivrante de familiarité. Il ne faut pas oublier que le poète Christophe Philippe Charles a épousé la sœur de l’académicien Dany Laferrière. Des extraits de « Tout bouge autour de moi » (2011) , un merveilleux récit sur le séisme meurtrier du mardi 12 janvier 2010 et « L’Art presque perdu de ne rien faire » (2011) sont d’ailleurs très significatifs.

Dans les textes commentés et présentés par Laferrière, l’amour, sur fond d’érotisme, occupe une place de choix. Il s’ouvre sur le double horizon de la fatalité et de l’espérance (P38) [« Hurler». Christophe Charles devrait savoir qu’on n’entend presque plus la radio au volume maximum et que hurler (sic) hurlés les mots deviennent des pierres qui ricochent au mur des visages sans les fissurer. C’est vrai que nos jeunes poètes écrivent comme si l’apocalypse était à leurs trousses. La fin, Charles l’imagine en pornographie et en violence. En l’an mille, elle devrait venir de Dieu, mais aujourd’hui nous savons qu’elle viendra des hommes. Alors nous ne serons peut-être qu’un énorme phallus. « Sang et sperme sur le ciel, Un éclat vertigineux, Nous sommes sans tête ni bras »]

Cependant, à travers certains extraits, on sent que Christophe Philippe Charles a voulu, dans le temps, surmonter les ivresses de l’amour et du rêve. Les vers souvent bien travaillés obéissent aux règles classiques et dédiés à l’être aimé et charrient tous les frémissements de son âme de poète sans oublier le bonheur auquel il aspire. (P31) « Mais on découvrira que la clef de cette fête de la chair est la souffrance, que le souvenir du plaisir connu, alliant cette fois l’esprit et le désir, monte d’un étage plus haut que le plaisir lui-même. Ou que le plaisir, frère jumeau de la douleur, n’est que tromperie, laissant à la bouche ce [fin de ] goût amer des pilules illusoires parce que c’était soi-même qu’on avait retrouvé. Il faut faire vite, car la véritable souffrance, c’est de sentir que la vie n’est qu’une fuite en avant dans les bras de la mort. De cette souffrance intolérable naissent des hurlements qui ne sont pas toujours tolérables. »

La lecture de « Un orgasme par les mots » permet aux lecteurs d’aujourd’hui de redécouvrir les choix esthétiques du poète Christophe Philippe Charles à travers les commentaires sans parti pris de Dany Laferrière. Rien que ça ! Sans oublier l’encre de Dany Laferrière qui, toujours, enchante. Mais les lecteurs attendent mieux, savoir une anthologie complète- je ne sais pas si cela existe déjà avec des critiques annotées réunissant toutes les œuvres de Christophe Philippe Charles depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui.

Schultz Laurent Junior




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