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Fort-Jacques et Alexandre, un site, une tradition



Les activités touristiques en Haïti évoluent avec l'expérientiel qui promeut les sites ou les destinations touristiques tout en valorisant la place qu'ils occupent dans le coeur des habitants de la localité où ils se trouvent. Certains sites sont pris en contexte durant les périodes précédentes les dates qui ont marqué l'histoire et d'autres tout au long de l'année. Ils sont sujets à des débats patriotiques qui suscitent la curiosité de ceux qui ne les connaissent pas encore, mais qui prévoient de les explorer tôt ou tard.


Les forts Jacques et Alexandre ont toujours pincé la curiosité de leurs admirateurs et sont classés comme les forts les plus visités du pays selon le bulletin de l'ISPAN (2009). Construite au lendemain de l'Indépendance par le général Pétion sous ordre du commandant Dessalines, cette fortification jouit de l'appréciation des habitants de deux communes avoisinantes qui se battent pour sa notoriété, Kenscoff et Pétion-Ville. N'ayant jamais été utilisé dans le cadre d’affrontements militaires, il n’est cependant pas possible d’évaluer la véritable efficacité de ce système de défense imaginé par les Haïtiens de l'époque, anciens esclaves nouvellement libres. Toutefois, ces forts ont suscité la méfiance chez les colonisateurs qui n'avaient pas essayé d'autres tentatives pour assiéger la presqu'île. Ce fut alors le premier acte concret de prise de contrôle et d’organisation du territoire du nouvel État.

Pour fortifier les contreforts de la Selle, Pétion choisit un emplacement situé sur les hauteurs du quartier de Belle-Vue en arrière du plateau de la Coupe-Barbonnière qui sera nommée plus tard Pétion-Ville, afin de mieux contrôler la route qui passait non loin du site pour traverser le morne des Commissaires, dans le massif de la Selle, et mener à la côte sud du pays aux environs de Jacmel. Il commença la construction du fort Jacques dès la publication de l’ordonnance de mars 1804. Les travaux durent deux ans pour le fort Jacques tandis que fort Alexandre reste inachevé, suite aux négociations qu'entreprit Pétion avec la Métropole française après la mort de l'empereur Jacques 1er. Cette fortification fut, à maintes reprises, frappée par des séismes dévastateurs notamment celui de 2010. En 1995, l’ISPAN a obtenu du Gouvernement de la République le classement des forts Jacques et Alexandre au titre de Patrimoine national. Ce classement fût sanctionné par l’arrêté présidentiel du 23 août 1995.(ISPAN, 2009)

Avant sa classification comme patrimoine national, cette fortification bénéficiait de la reconnaissance des habitants qui transmettaient les glorieux événements historiques autour d'elle à leurs descendants. Une pratique qui a perpétué dans le temps jusqu'à ce que les forts se forgent une place parmi les sites les plus fréquentés durant l'année entière. Cependant, elle est plus fréquentée à l'approche des dates historiques tels que les 18 mai, 17 octobre et 18 novembre. Les excursionnistes vantent l'atmosphère paisible et pure qui y règne à cause des centaines de pins qui s'y trouvent malgré la coupe exagérée qui les diminue depuis un certain temps ainsi que la vue dominant la baie de Port-au-Prince et l'horizon maritime. D'autres y vont pour se procurer des produits issus de la culture maraîchère ou de la gastronomie de cette localité réputée pour les griots de porc ou de boeuf.

Après le passage du séisme de 2010, la fréquentation n'avait pas diminué malgré la perte d'une énorme partie du flanc droit du fort Jacques, Alexandre est en ruine depuis au XIVe siècle. Une forte densité de jeunes s'y trouve habituellement à chaque date historique et même après pour se divertir et respirer l'air non pollué de la localité qu'ils laissent impraticable après leur passage. Ils ne se ménagent pas pour laisser des lots de déchets et en écrivant leurs noms sur les murs du site pour marquer leur passage, ce qui contribue à la détérioration du site. En 2013, des travaux avaient débuté pour la restauration du fort Jacques, ce qui avait diminué le nombre de visites. Les travaux se sont arrêtés depuis un certain temps alors qu'il ne reste que peu d'espaces à terminer, ce qui n'a pas empêché aux visites de continuer d'augmenter, surtout avec la migration de la population vers les espaces en hauteur et le peu d'attraction qui existe dans les deux communes les plus proches. Rappelons qu’en 2004, le fort Jacques a été choisi pour illustrer le revers du billet de 500 Gourdes, émis par la BRH à l’occasion du Bicentenaire de l’Indépendance d’Haïti et portant en avers l’effigie d’Alexandre Pétion.

Genevieve Fleury
Memorand en patrimoine et tourisme


Bibliographie
Bulletin de l'ISPAN no. 7, 2009




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