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Fête nationale ce 1er août 2020: regard d’Haïti sur les musées du Bénin



Du royaume du Dahomey au Bénin, le 1er août 2020 ramène déjà le soixantième anniversaire de la Fête nationale du Bénin. Haïti, cette terre qui a accueilli des milliers d’esclaves qui sont passés par la « Porte du non retour », n’est certainement pas insensible à la terre de ses ancêtres.


Du 1er août, marquant la Fête nationale du Bénin, au 14 août rappelant la cérémonie du Bois-Caïman qui a servi de premier congrès international tenu en Haïti pour harmoniser les cultures venues d’Afrique et concilier les jeux d'intérêts autour du sort et de la survie des esclaves à partir de la révolution, n’est-ce pas un bon prétexte pour poursuivre la vision africanisme qui a servi à créer de l’Institut d’études et de recherches africaines (IERAH/ISERSS). Avec la création de ce musée haïtien sur l’histoire de l’Afrique, d’un musée haïtien du Bénin, d’un centre de documentation et de coopération entre Haïti et l’Afrique, il sera possible de permettre à cette civilisation qui continue de résister tant bien que mal à l’épidémie de coronavirus de trouver les voies et moyens pour sortir du sous-développement institutionnalisé.

Dommage que les relations diplomatiques entre la République d’Haïti et la République du Bénin, la plus proche terre des ancêtres qui ont franchi la porte du « Non retour », ne sont pas réciproques encore moins dynamiques au cours des dernières années. Cela n’empêche pas pour autant que de nombreux intellectuels et professionnels, des passionnés de l’Afrique continentale et des artisans de la coopération culturelle s’investissent dans des voyages entre Haïti et le Bénin. Qui sont-ils ces Haïtiens qui ont visité le Bénin au cours des dernières années ? Combien sont-ils ces visiteurs ou résidents haïtiens qui séjournent sur la terre de leurs ancêtres particulièrement avant ou après le 1er août 1960, marquant la Fête nationale du Bénin ? Quelle place occupe la République dans l’histoire du Bénin et dans l’imaginaire collectif de tous les Béninois en général ? Comment la culture haïtienne est représentée à travers les collections des musées du Bénin ?

Des musées au Bénin pour quoi faire ? Pour certainement célébrer la culture béninoise dans toute sa diversité et son authenticité. Dans le dernier la dernière version à date du répertoire des musées au Bénin, on retient que le pays de Patrice Talon, président de la République du Bénin, dispose environ vingt-neuf (29) musées répartis entre les douze départements géographiques, pratiquement le triple des musées d’Haïti.

Du Musée historique d’Abomey (Abomey), le Musée de la musique de Parakou, le Musée Banque culturelle Taneka de Copargo, le Musée du Soleil de Ouidah, le Musée de la chasse de Savalou, le Musée Egbakokou de Dassa-Zoumé en passant par les musées de la région de Porto-Novo tels : le Musée ethnographique Alexandre Sénou Adane, le Musée Honmé « Palais royal », le Musée da Silva, le Jardin des plantes et de la nature, le Musée de la Feuille, et le Musée d’Adjarra, ce sont de différents équipements culturels qui participent à la promotion des villes et à la culture du pays.

D’autres villes complètent la liste des musées du Bénin. On peut citer : le Musée d'histoire de Ouidah, le Musée régional de Natitingou, le Musée Gnonas Pédro, le Musée de plein air de Parakou, le Musée Akaba Idena, le Musée Danri de Nijji, la Maison Brésil/Ouidah, la Maison de la Mémoire de Ouidah, le Musée de Takon, le Musée Villa Caro, Nature tropicale, le Musée Adjarra, le Musée de Hêvié, le Musée du Berceau de Guèlèdè de la localité de Kétou, Nature tropicale de Cotonou, le Musée international Avimad Jessi, le Musée de la Fondation Zinzou parmi de nombreux endroits à visiter au Bénin.

Durant mon dernier séjour au Bénin, il y a moins de cinq ans, j’avais eu la chance de visiter plus d’une dizaine de ces musées dans les cadres de la mission de l’association FEDAM (Femme Éducation Développement artistique et médiation), initiative portée par l’écrivain et artiste Agnes Pizzichetti. Du masque de Guèlèdè et de la pièce « Tam-Tam » issus de la collection du Musée ethnographique de Porto-Novo, en passant par le bas –relief représentant Daguéssou, le dieu de la guerre du Royaume d’Abomey, la visite des salles du Musée de l’histoire d’Abomey, les éléments qui composent le monument de la « Porte du non retour », sans oublier les fragments qui permettent de revivre l’histoire du roi Béhanzin, l’histoire de Toussaint Louverture, les origines de l’esprit Ogou, et des « Amazones », se sont autant vestiges qui servent encore de passerelles entre l’histoire du Bénin et les origines en partie du peuple d’Haïti.

De nombreux efforts sont en cours en ce moment dans le secteur muséal au Bénin actuellement, dans le but de renforcer ces équipements culturels, en matière de recherche, de coopération, de formation et des investissements en ce sens, selon l’avis de certains spécialistes de ce secteur au Bénin, dans le cadre d’un forum virtuel réalisé dans le cadre de la Journée mondiale des musées.

Durant l’année 2016, une délégation haïtienne avait été conduite au Bénin, dans le cadre de la fête du Vodou au Bénin, dans le cadre des échanges initiés par Silvana Virchaux, présidente de laboratoire d’arts contemporains, avec la collaboration du hougan Erol Josué, directeur général du Bureau national d’ethnologie (BNE). Cette délégation haïtienne était composée de tambourineurs, d’anthropologues, danseurs, et des ethnologues.

D’une coopération entre le Cercle intelligence diplomatique (CID) et le comité haïtien pour la célébration de la Journée mondiale de l’Afrique, avec la participation des quelques membres de la communauté béninoise en Haïti, au cours de la même 2016, particulièrement pour la fête nationale du Bénin célébrée le 1 août, plusieurs manifestations culturelles, dont des expositions et des conférences avaient été organisées en Haïti, pour marquer les liens entre ces deux pays frères de sang.

De cette première édition réussie, on retient pratiquement l’engagement de la plus jeune béninoise à date à séjourner en Haïti dans le cadre de la francophonie, Lurhielle Dossou-Yovo, qui a été le fer de lance de cette initiative, par la mobilisation des quelques membres de la mission des Nations unies en Haïti, à l’époque, qui ont contribué au rayonnement de cette fête nationale organisée dans les locaux du restaurant Café des copains.

Difficile de parler du Bénin en Haïti, sans citer les noms des personnalités haïtiennes telles que : l’ambassadeur Jean Espéca, l’ancienne ministre de la Culture Marie Laurence Jocelyn Lassègue, la chanteuse et manbo Carole Demesmin, le diplomate et initié Jacques Nicolas, et plusieurs autres artistes, chercheurs, entrepreneurs culturels, des responsables de fondations, des professeurs d’université, et des initiés dans les milieux Vodou.

Derrière les actions officielles et diplomatiques qui doivent rapprocher les deux pays, de nombreuses initiatives continuent d’alimenter et de renforcer timidement les relations entre les deux peuples. Des Haïtiens visitent et vivent au Bénin comme des Béninois continuent de séjourner en Haïti. Pourquoi créer un musée de l’Afrique en Haïti ? Comment les liens entre Haïti et le Bénin pourraient renforcer un tel projet ? Quels sont les objets d’art sacrés, les pièces décoratives et d’autres documents venant de l’Afrique ou du Bénin en particulier, qui pourraient constituer ou actualiser la première ou la plus grande collection sur l’Afrique en Haïti ?

Dominique Domerçant




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