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Début de tension à l’approche du 7 février

Début de tension à l’approche du 7 février



Début de tension dans les manifestations qui visent à obtenir le départ de Jovenel Moïse du Palais national. Ce mercredi, la capitale était en ébullition. Les forces de l’ordre ont empêché les manifestants d’atteindre les parages de l’Ambassade américaine.


Ce mercredi 20 janvier marque le début officiel du mandat de Joe Biden, 46e président des États-Unis. En cette occasion, l’opposition voulait envoyer un message au président fraîchement élu, afin d’attirer son attention sur la fin prochaine du mandat présidentiel en Haïti. Une manifestation à plusieurs branches était notamment prévue dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. L’une au Champ-de-Mars, Centre-ville de la capitale, et plusieurs autres à Delmas (Carrefour de l’aéroport), Cité Soleil, Tabarre, etc. ces différentes branches de la manifestation ont donné lieu à quelques heurts entre la police et manifestants.

Débutée peu après 10 heures, la branche du Champ-de-Mars qui devait rejoindre celle du Carrefour de l’aéroport a été rapidement dispersée. Les manifestants n’ont même pas été autorisés à franchir l’entrée de l’avenue Martin Luther King pour se rendre au Carrefour de l’aéroport, rebaptisé Kafou Rezistans par les militants de l’opposition. Sous l’effet de gaz lacrymogène, certains ont rebroussé chemin, d’autres ont contourné les forces de l’ordre qui avaient établi leur quartier général sur l’avenue Martin Luther King, près du collège Catts Pressoir. En passant par Christ-Roi, Delmas 32, ils ont pu rejoindre le groupe de Carrefour de l’aéroport.

Du Viaduc de Delmas au niveau de Carrefour de l’aéroport à l’entrée du village W. Lamothe, Delmas 17, la branche du Carrefour de l’aéroport n’a parcouru que quelques mètres. Comme celle du Champ-de-Mars, les manifestants ont été également dispersés à coup de gaz lacrymogène. Mais à ce moment, la frustration a été plus grande. Les manifestants ont lancé des pierres à l’endroit des forces de l’ordre qui ont aussi fait l’usage des canons à eau qui contiennent des additifs nocifs pour la peau des individus. Plusieurs victimes ont été enregistrées.

Pendant plusieurs heures, la tension a régné au niveau du Carrefour de l’aéroport. Mais en trop petit nombre, les manifestants ne pouvaient faire le poids en dépit des frustrations. Sur la Route de l’aéroport, où des manifestations sont interdites par la Police nationale d’Haïti (PNH), un important dispositif policier était déployé pour procéder à des contrôles d'identité et des fouilles de sacs sur l'avenue et dans plusieurs rues adjacentes. De nombreux centres commerciaux sur la Route de l’aéroport, notamment les banques et maisons de voitures ont également barricadé leurs vitrines. Mais aucun rassemblement de manifestants n'a pu franchir le dispositif policier placé sur cette avenue.

Optimistes et déterminés à rejoindre l’Ambassade américaine en Haïti, les manifestants au carrefour de l’aéroport ont laissé tomber le parcours initialement prévu. En plusieurs petits groupes, ils ont pu rejoindre la branche de Maïs-Gâté, en passant notamment par Delmas 17, 19, et 33. À ce niveau, la foule était un plus ou moins dense. Au rythme de la musique de tendance racine, ils ont fait le parcours jusqu’aux parages de l’Ambassade américaine. Pancartes et imprimés de la Constitution en main, les manifestants demandent à l’ambassadeur Michel Jeanne Sison de cesser de cautionner les gabegies de l’administration de Jovenel Moïse dans le pays.

Sur la route menant aux locaux de l’Ambassade, le dispositif policier était de taille. Ce qui a encore occasionné des épisodes d’affrontements entre manifestants et force de l’ordre. La circulation était inexistante au niveau de cette avenue qui a été transformée en véritable champ de bataille. Cette journée de tension a occasionné une fin prématurée des cours dans plusieurs écoles de la zone métropolitaine. Tout le long du parcours, on pouvait remarquer des parents qui s'empressaient d’aller récupérer de l’école leurs petits enfants. Cette manifestation a accusé la présence de plusieurs leaders de l’opposition, dont André Michel, Nenel Cassy, Youry Latortue qui se sont présentés devant l’Ambassade américaine pour un message officiel.

Dans leur message adressé à Joe Biden au nom du comité de mobilisation citoyenne pour le respect de la Constitution, ces leaders de l’opposition demandent au nouveau président américain de prendre acte de la fin du mandat de Jovenel Moïse, et de cesser de le supporter dans ses exactions, comme l’a fait Donald Trump tout au long de son mandat. « On refuse de laisser Jovenel Moïse et son équipe ternir encore plus l’image du pays », déclarent-ils, tout en renouvelant leur engagement d’accompagner la population jusqu’à la bataille finale. Par ailleurs, ils ont critiqué le comportement des agents de la PNH qui, selon eux, déclarent la guerre à la population.

La manifestation la plus importante s’est déroulée à Port-au-Prince, mais plusieurs autres manifestations ont eu lieu dans des villes de province, dont Gonaïves et Mirebalais, dans les mêmes objectifs. Mais les forces de l’ordre commencent à faire peur aux manifestants qui établissent déjà leur calendrier de mobilisation jusqu’au 7 février 2021. Si dans les villes de province, les manifestations se sont déroulées dans une ambiance plus ou moins calme, à Port-au-Prince, cette manifestation, notifiée par les initiateurs, a été perturbée du début à la fin.

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