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Le président Moïse a pris 41 décrets et 120 arrêtés pour l’année 2020, d’après le CARDH

Le président Moïse a pris 41 décrets et 120 arrêtés pour l’année 2020, d’après le CARDH



Dans son dernier rapport sur l’état des droits humains en Haïti pour l’année 2020 rendu public ce 19 janvier 2021, le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) a mis, entre autres, en exergue la hausse de la criminalité dans le pays, les constantes violations des droits humains, le démantèlement des institutions publiques par le président Jovenel Moïse qui a pris 41 décrets et 120 arrêtés pour l’année marquée par l’État d’urgence sanitaire en raison du coronavirus.


Une journée après que l’Organisation des Nations unies ait rendu public son rapport sur les violations et abus des droits de l’homme perpétrés dans le cadre des manifestations déroulées entre le 6 juillet 2018 et le 10 décembre 2019, le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) a emboité le pas ce 19 janvier 2021 en publiant son rapport de 53 pages sur l’état des droits humains en Haïti pour l’année 2020. Pour le CARDH, les droits humains sont toujours foulés au pied. En guise d’exemple, le centre a mis en lumière la montée des cas de criminalité dans le pays, les constantes violations de droits humains à l’instar des brutalités policières lors des manifestations, la vassalisation des institutions publiques (Cour des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA), etc.

« Aujourd’hui, a indiqué le rapport, le président s’approprie tous les pouvoirs de l’État. Il s’érige en Exécutif législateur, une violation du droit de vote des citoyens et des principes démocratiques, notamment la séparation et l’indépendance des pouvoirs de l’État. Il a pris 41 décrets et 120 arrêtés pour l’année 2020, dont trois portant sur : un nouveau Code pénal (décret du 24 juin 2020) ; un Conseil électoral provisoire avec pour mission d’organiser un referendum pour amender la Constitution (arrêtés du 5 janvier 2021) ; un service d’intelligence (ANI) (décret du 26 novembre 2020) ».

Pour ce qui est des brutalités policières, l’instance de droits humains dit recenser plusieurs cas. « Certains résultent du comportement des agents de la PNH dans les manifestations, d’autres résultent des revendications des policiers amenant à la création du syndicat SPNH et du groupe anonyme « Fantòm 509 ». En ce sens, l’organisation a pris en exemple le sit-in du groupe petrochallengers «Nou p ap dòmi» devant les locaux du ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) dispersé à coup de gaz lacrymogène. Le CARDH a mis aussi en relief la mort par balle de l’étudiant finissant de l’École normale Gregory Saint-Hilaire où des agents de l’USGPN ont été indexés.

En ce qui a trait au droit à la vie, pour l’année 2020, le CARDH a indiqué que « le nombre de meurtres s’élève à au moins 297, dont 256 par balle, une augmentation de plus de 100 %. Certains affrontements, entre gangs qui s’entretuent pour asseoir leur hégémonie territoriale et économique, n’impliquent directement pas des autorités ». D’un autre côté, l’instance a fait savoir que 26 policiers ont été tués pour l’année 2020.

En termes de personnes kidnappées pour l’année 2020, le CARDH dit recenser « au moins 796 kidnappings : 51 pour le premier trimestre (janvier à mars), avec en moyenne cinq kidnappings par semaine ; 37 pour le second trimestre (avril-juin), avec en moyenne trois kidnappings par semaine ; 120 pour le troisième trimestre (juillet- septembre), avec deux kidnappings par jour ; 565 pour le quatrième trimestre (octobre à décembre) avec en moyenne sept kidnappings par jour ».

D’après le rapport élaboré sous la direction de Me Gedeon Jean, la criminalité dans le pays a pris une extension avec la création de G9. « Le G9 est officiellement formé de neuf groupes armés basés dans la zone métropolitaine, mais cette organisation criminelle, dirigée par l’ancien policier Jimmy Chérisier alias Barbecue, s’étend dans presque toutes les villes de province et dispose d’armes de guerre. Notons que dans chaque gang, il y a un ou plusieurs policiers en service », a précisé le document expliquant plus loin leur mode de financement, dont le gang de Village de Dieu.

D’après l’organisation de droits humains, les gangs se financent de diverses manières : directement du pouvoir en place, par des entreprises du secteur privé, des exécutions politiques et autres, indirectement de certaines ONG par la réalisation de projets, du kidnapping ; des taxes (électricité, eau, stations d’autobus), financements indirects à partir des nominations imposées dans l’administration publique, frais journaliers et hebdomadaires imposés aux petits et moyens commerçants.

Wisly Bernard Jean-Baptiste




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