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En grève, les parquetiers demandent d’être traités comme les magistrats assis

En grève, les parquetiers demandent d’être traités comme les magistrats assis



Une fois de plus, le système judiciaire haïtien se retrouve à genoux. Cette fois-ci, ce sont les magistrats debout qui sont entrés en grève jusqu’au vendredi 27 novembre 2020 pour obtenir de meilleures conditions de travail. Au parquet de Port-au-Prince, ce mardi 24 novembre, tout était au ralenti. Cette situation, dont les principales victimes sont les prisonniers, n’a pas laissé indifférent l’Office de la protection du citoyen (OPC) qui demande au ministère de la Justice et de la Sécurité publique ainsi qu’aux magistrats de trouver un terrain d’entente.


Sur le plan judiciaire, la fin d’année 2020 continue encore à être mouvementée. Après que l’Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH) ait observé une trêve dans son mouvement de grève qui a duré plus de deux mois, c’est au tour du Collectif des magistrats debout d’Haïti (COMADH) de prendre la relève.

En effet, à travers une note de presse portant la signature de son président Fatilnor Patrick Douyon, le collectif avait prévenu « qu’un arrêt de travail sera observé par tous les parquetiers durant la période allant du lundi 23 novembre 2020 au vendredi 27 novembre 2020, dans l’unique but d’exiger l’application de la loi du 27 novembre 2007 dans sa forme et teneur, et le respect des engagements pris en date du 15 juillet 2020, et réitérés le 26 août 2020, par le Gouvernement, représenté par son ministre de la Justice, envers les parquetiers, pour leur procurer de meilleures conditions de travail ».

Au palais de justice de Port-au-Prince ce mardi 24 novembre, les activités n’ont pas été comme à l’accoutumée. Si certains magistrats ont dû se rendre sur le lieu de leur travail sans trop rester, certains évitent de se prononcer sur le mot d’ordre de grève à travers les 18 juridictions du pays.

Toutefois, pour le substitut du commissaire du gouvernement au parquet de Port-au-Prince, Me Yvenne Tibeau, également membre du COMADH, ce n’était pas le cas. Au micro de la Radio Télévision Pacific et du journal le National, le magistrat a fait savoir qu’il y a une discrimination criante dans le traitement accordé aux parquetiers comparativement à celui concédé aux magistrats assis. À en croire le substitut, c’est la même loi qui a créé les magistrats debout et assis. En ce sens, il demande pourquoi cette discrimination dans les avantages accordés aux parquetiers.

D’un autre côté, Me Tibeau demande aux responsables au plus haut niveau étatique de prendre leur responsabilité vis-à-vis des magistrats debout en leur accordant satisfaction, à savoir : « un traitement égalitaire ». En outre, le magistrat a profité pour dénoncer le fait que l’État réagit aux revendications des citoyens bien souvent sous l’effet de la violence. À en croire le substitut, cette semaine de débrayage marque bien le début d’une bataille pouvant aboutir à d’autres si possible.

Par ailleurs, cet arrêt de travail n’a pas laissé insensible l’Office de la protection du citoyen (OPC). Ce 24 novembre 2020, l’OPC a laissé croire que ce mouvement revendicatif a des conséquences néfastes « sur la vie des personnes qui croupissent dans les prisons et en attente d’une décision de justice ». Tout en invitant les protagonistes (ministère de la Justice et de la Sécurité publique et le COMADH) à engager des discussions franches dans l’intérêt des détenus, l’instance nationale des droits humains, appelle les « autorités à prendre toutes les mesures nécessaires afin d’adresser cette épineuse question de disparités de traitement et d’arriérés de salaires dus aux parquetiers ».

Faut-il rappeler que le système judiciaire a été en proie à des mouvements de grève tout au cours de l’année, la cour d’appel de Port-au-Prince, de son côté, est depuis plus d’un an dysfonctionnel selon ce qu’a signalé l’OPC ajoutant qu’elle aggrave de plus en plus la détention préventive prolongée.

Wisly Bernard Jean-Baptiste




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