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Élections en Haïti : Les États-Unis insistent

Élections en Haïti : Les États-Unis insistent



Pour une énième fois, les États-Unis d’Amérique appellent le gouvernement haïtien à l’organisation des élections dans le pays. Le pays représenté par Michèle Sison en Haïti menace ceux qui se dressent contre la tenue de ces joutes électorales sur le territoire national.


Cette fois-ci, le Gouvernement américain est allé plus loin dans ses appels à l’organisation des élections en Haïti. Le pays présidé par Donald Trump cherche non seulement à mettre la pression sur le Gouvernement haïtien, mais aussi sur tous ceux qui s’érigent en obstacle contre la tenue de ces joutes dans le pays. Ce message du département d’État américain aux acteurs politiques et de la société civile haïtiens est dévoilé moins de 24 heures après les déclarations du Premier ministre Joseph Jouthe affirmant que les noms des représentants des secteurs sollicités pour la formation du conseil électoral provisoire (CEP) seront publiés incessamment.

« Le président Moise a la capacité de nommer un nouveau Conseil électoral provisoire. Il y a une disposition à cet effet dans la Constitution. Il est censé recevoir des recommandations des différents groupes de la société civile. Et franchement, je dois dire que je suis un peu fatigué que chaque groupe et chaque parti d'opposition en Haïti disent : « Eh bien, je ne nommerai pas ma personne » ou « Nous n'aurons pas d'élections » ou « Nous ne participerons pas à cela tant que vous n'aurez pas répondu à toutes mes demandes politiques », a déclaré un porte-parole du département d’État américain le 16 septembre. Il estime que ce n’est pas de la démocratie.

« Une démocratie qui fonctionne bien exige que toutes les branches du pouvoir, y compris le Parlement, jouent leurs rôles. Nous encourageons les parties prenantes d’Haïti à accomplir leur travail et à former un CEP comme prévu dans sa Constitution. Haïti doit faire son travail et former un nouveau CEP avec des membres ayant une réputation d’intégrité, d’honnêteté et de compétence pour organiser un processus électoral libre et juste. Il y a des conséquences pour ceux qui y font obstacle », indique ce message de l’Ambassade des USA à Port-au-Prince sur son compte Tweeter le 16 septembre.

Selon le porte-parole-parole du département d’État, la Constitution haïtienne précise à quoi devrait ressembler un conseil électoral provisoire. « Haïti a vraiment besoin de se mettre à la hauteur et nous attendons avec impatience qu'ils le fassent », a-t-il indiqué.

La classe politique et une partie de la société civile s’en prennent aux USA

Réagissant à ce message du département d’État américain, le secteur démocratique et populaire de l’opposition estime que c’est une gifle pour la souveraineté nationale. Cette branche extrême de l’opposition croit que ce message est une sorte d’ingérence des USA dans les affaires d’Haïti. « Face aux menaces américaines, le secteur démocratique et populaire ne va pas se laisser faire », signifient les porte-paroles dudit secteur. Le secteur dit comprendre le choix des États-Unis de supporter des trafiquants de drogue, des assassins, au détriment de ceux qui luttent pour l’établissement d’un véritable état de droit.

Toutefois, le secteur démocratique qui n’entend pas participer dans des élections avec Jovenel Moise à la tête du pays explique que les conditions ne sont pas réunies pour la tenue des élections sur le territoire national. Il a fait savoir que la situation d’insécurité, alimentée par les groupes armés, dont le G-9 et alliés, qui sévit le pays, la dilapidation du fonds du programme Petrocaribe sont entre autres des facteurs qui compromettent la tenue des élections démocratiques dans le pays.

Le coordonnateur général de l’Organisation du peuple en lutte (OPL), Edgard Leblanc Fils, croit que les élections sont techniquement impossibles dans le pays. Il a qualifié de bluff la démarche de l’Exécutif de mettre sur pied un CEP. L’ancien sénateur opte pour la réforme constitutionnelle avant la tenue des prochaines joutes électorales dans le pays. Cette réforme ne peut pas se réaliser sans un accord politique, selon lui.

De leur côté, les organisations des droits humains dans le pays n’arrivent pas à s’entendre sur leur choix pour leur représentant au CEP. Si pour des organisations regroupées autour de la plateforme des organisations haïtiennes de droits humains (POHDH) il n’est plus question d’envoyer un représentant au CEP de l’administration Moise/Jouthe, le regroupement des organisations nationales des droits humains (RONADH) se montre intéressé pourtant. Ainsi, le RONADH entame des pourparlers pour la désignation d’un membre au CEP.

Toujours est-il, la Conférence épiscopale d’Haïti et la Fédération des protestants dans le pays n’entendent pas embarquer dans la formation de ce nouveau CEP en question pour la tenue des élections. Ces deux secteurs ne voient pas la réalisation des élections dans le pays dans le climat actuel.

Des paramètres techniques inquiétants

Alors que l’international et le Gouvernement veulent mettre le cap sur l’organisation des élections dans le pays, l’incertitude plane sur la question d’identité. La Carte d’identification nationale unique (CINU) est en cours de fabrication. L’Office national d’identification (ONI) n’a pas encore réalisé les 3 millions de cartes sur la demande qui peuvent s’articuler autour de 6 millions selon les données disponibles depuis des années.

Par ailleurs, les sorties fracassantes des policiers à plusieurs reprises au cours de cette semaine ont affecté le fonctionnement des bureaux de l’ONI à Delmas et Port-au-Prince. À Delmas 31, le bureau de l’ONI a été incendié et vandalisé. Sur la route de Bourdon (Port-au-Prince), le bureau central a été incendié à deux reprises.

L’organisation des élections dans le pays est compromettante. Les secteurs représentatifs de la classe politique et de la société civile sont catégoriquement opposés. Les incertitudes techniques sont nombreuses. Le climat d’insécurité et l’implosion de la Police nationale sont autant de facteurs qui mettent également en doute la tenue des élections dans le pays. Toutefois, la communauté internationale et le Gouvernement veulent accélérer.

Woovins St Phard




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